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Actualités, analyses, réflexions, commentaires

Dernier ajout – vendredi 5 septembre 2014.
actualités, débats, commentaires, prises de position

Dans cette rubrique, on traite, si possible de façon prospective, des problèmes que pose l’actualité politique, culturelle et sociale.

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  • Chez le perroquet kéa, le rire est contagieux

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — zoologie, comportement des oiseaux, Nestor notabilis, Kéa, cri des oiseaux, nestor kéa, comportement des perroquets
    Chez les kéas, des perroquets de Nouvelle-Zélande, on sait jouer, ce qui n'est pas habituel pour des oiseaux. Mieux, des chercheurs viennent de montrer que cette humeur est communicative, par la seule diffusion d'un certain cri. Un comportement inhabituel et plutôt (...)
  • 5 nouvelles particules découvertes au LHC

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — physique, cern, lhc, lhcb, baryon, quark, Xib, gluon, QCD, chromodynamique quantique, force nucléaire forte, physique des particules, modéle électrofaible, quark b, quark s, modele standard, baryon oméga, gell-mann, ne'eman, Feynman
    L'expérience LHCb utilise l'un des quatre détecteurs géants dédiés à l'étude des collisions de protons au LHC. Les physiciens qui y travaillent viennent à nouveau d'annoncer la découverte de nouvelles particules : cinq baryons oméga du modèle (...)
  • Journées mondiales des forêts, de l’eau et de la météo : les regards des satellites européens sur notre planète

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — Terre, globe terrestre, satellite, satellite altimétrique, satellite radar, satellites Sentinel, CNES, Observation de la Terre, Sentinel 2, Biomass, Sentinel 1, radar, Sentinel 1A, Satellite d'observation de la Terre, surveillance de la Terre, observatoire terrestre, surveillance de l'environnement
    Chaque année, les 21, 22 et 23 mars se tiennent les journées mondiales des forêts, de l'eau et de la météo. Comme le rappelle le Centre national d'études spatiales, des satellites, leurs yeux rivés sur notre planète, servent à établir des diagnostics et des suivis. Découvrez-les dans cette (...)
  • Le venin d’araignée pourrait protéger votre cerveau après un AVC

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — médecine, AVC, araignée, toile-entonnoir, venin, AVC ischémique, neurone, ASIC1a, araignée des Darling Downs, Hi1a, À la Une
    Un composé présent dans le venin d'une araignée mortelle empêcherait la destruction de cellules du cerveau après un accident vasculaire cérébral (AVC). La molécule s'est révélée efficace chez des rats, et cela même plusieurs heures après (...)
  • Une batterie liquide qui pourrait refroidir votre processeur tout en l'alimentant

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — informatique, batterie à flux redox, électrolyte liquide, batterie à flux, IBM Research, ETH Zurich, École polytechnique fédérale de Zürich, impression 3D, refroidissement processeur
    Une équipe de chercheurs d'IBM Research et de l'École polytechnique fédérale de Zurich a mis au point une batterie à flux redox miniaturisée qui a le double avantage de pouvoir alimenter un processeur tout en le refroidissant. Une avancée qui pourrait ouvrir la voie à des puces (...)
  • Ariane 6 lancera-t-elle la mini-navette Dream Chaser ?

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — Dream Chaser, accès à l'espace, Station saptiale internationale, esa, Ariane 6, utilisation de l'orbite basse
    Ariane 6 a été conçue pour des missions en orbite de transfert géostationnaire. Pourtant, elle pourrait également être utilisée pour lancer des véhicules en orbite basse. Ainsi, Arianespace étudie la possibilité de lancer la mini-navette Dream Chaser, de Sierra Nevada, à l'aide d'Ariane (...)
  • Préhistoire : découverte des plus anciennes pierres gravées de Bretagne

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — préhistoire, Art, art rupestre, Bretagne, pierre gravée, culture magdalénienne, Azilien, culture azilienne, auroch, gravure d'auroch
    Au pied du rocher de l'Impératrice, à Plougastel-Daoulas, des archéologues ont exhumé plusieurs tablettes de schiste gravées. Ce sont les œuvres d'art les plus anciennes découvertes en Bretagne. Un véritable trésor, daté de 14.000 ans, qui compte parmi ses plus belles pièces une (...)
  • Nous mangerons bientôt de la viande issue de cellules cultivées

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — développement durable, cellule cultivée, élevage d’animaux, AAAS, impact environnemental de l'élevage, Mark Post, cellule souche, steack artificiel, viande artificielle, alimentation végétarienne, ingénierie tissulaire, gaz à effet de serre, Memphis Meat, viande de poulet artifcielle, viande de canard artificielle, bioréacteur
    Depuis quelques mois, les images d'actes de cruauté commis dans les abattoirs se multiplient sur nos écrans. Quelque 10 % des Français envisageraient désormais de devenir végétariens, selon une étude Opinion Way menée en 2016. Sans oublier les dégâts écologiques qu'impliquent (...)
  • Les galaxies contenaient moins de matière noire il y a des milliards d'années

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    22 mars, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — Astronomie, matière noire, matière noire dans les jeunes galaxies, matière noire chaude, matière noire froide, amas de galaxies, théorie Mond
    De nouvelles observations obtenues au VLT de l'ESO, au Chili, suggèrent une étrange curiosité de la matière noire froide : dans les galaxies, elle aurait été en quantité nettement plus faible il y a 10 milliards d'années.
  • Présidentielle 2017 : Des journalistes sportifs au bord du ring de TF1

    22 mars, par Henri Maler — Présidentielle 2017, , ,

    Après avoir contribué à évacuer les débats pendant près de deux mois, en prétendant que ces débats étaient évacués par les candidats eux-mêmes [1], les journalistes politiques allaient-ils renoncer à mettre en scène exclusivement (ou presque) les « affaires » et les péripéties tactiques pour enfin mettre en lumière les projets en présence ? Le débat organisé par TF1 pouvait en fournir l'occasion. L'occasion fut manquée.

    La cause est entendue : une élection est une compétition, une « compétition électorale », précisément. Et un débat qui met aux prises les candidats, est, selon le mot cent fois entendu, un « match ». Et la tradition sportive veut qu'un tel « match » mobilise son lot de commentaires… et de commentateurs. Sur les chaînes en continu – ici BFM-TV et LCI – ce fut un festival !

    On prépare le match

    Toute la journée, sur LCI, la succursale de TF1 qui organisait la compétition, rien ne nous fut épargné : ni la visite du plateau, ni celle des loges, ni les passages par les QG. Les préparatifs des compétiteurs furent longuement décrits. On spécula sur leur style et leurs atouts rhétoriques. Et comme il fallut bien commenter les « enjeux », les bavards du jour donnèrent de ces enjeux l'interprétation que l'on attend des spécialistes du journalisme sportif. Non pas les enjeux de la confrontation des projets et donc la délimitation de leurs contenus, mais les chances respectives des candidats de défendre ou d'améliorer leurs scores sondagiers, les cibles que chacun d'eux devait viser pour parvenir à ses fins, la posture qui lui était conseillée, la stature qu'il devait proposer. Bref, la communication que l'on pouvait, que l'on devait attendre des compétiteurs.

    Avec cet insoutenable suspense : comment allait bien pouvoir se dérouler la compétition ? Quels pronostics pouvait-on avancer sur le déroulement du débat et sur son issue ? Emmanuel Macron n'allait-il pas être la cible de tous les autres ? Allait-il donner les preuves de sa stature présidentielle ? Ce qui en langue savante se dit « présidentiabilité ». Et encore : Marine Le Pen serait-elle égale à elle-même ? François Fillon pourra-t-il faire valoir son expérience ? Qui, d'Hamon ou de Mélenchon, allait remporter le match dans le match ? Journalisme de pronostics, journalisme sportif.

    BFM-TV, privée de la visite du studio et des loges des candidats, compensa, dès le matin et surtout l'après-midi durant, par une tournée des QG et les interviews des porte-paroles au sujet des préparatifs. « L'heure est à la concentration et à la préparation », apprit-on de source autorisée. Une tournée décorée par des commentaires avisés dont les titres résument la « substance »… substantielle : « Débat : l'épreuve de feu pour Macron » ; « Hamon : surfer sur le meeting de Bercy » ; « Mélenchon : marquer sa différence » ou, variante : « Mélenchon : s'imposer à gauche » ; « Marine Le Pen : travailler sa stature » ; « Fillon : faire oublier les affaires ». Des commentaires prospectifs d'une haute tenue, assortis de conseils prescriptifs sur ce que chacun doit faire. On eut même droit aux commentaires aisés de « Patricia Chapelotte, présidente d'Abbera Conseil » qui, préventive, susurra : « Il faut faire Président » et, en même temps « pouvoir être concret ». Rien que ça…

    Aveuglés par tant d'éclairages, il nous fallut, aux alentours de 18h, faire un nouveau détour par LCI. Nouvelle tournée des QG de campagne, assurance assurée de la part de l'entourage : les candidats sont studieux et révisent leurs « fiches ». Des informations-clés assorties de commentaires et bandeaux de toute sorte, prétendant cibler les « enjeux » au gré de titres une nouvelle fois éclairants : « Débat : Macron prépare sa partition » ; « Débat : une première pour Marine Le Pen » ; « Débat : Hamon en duel avec Mélenchon ? » ; « Débat : Mélenchon espère convaincre les indécis ».

    Essoufflés par ce jogging, nous avons alors bénéficié d'une pause récréative avec l'émission « 24 heures en questions », animée par Yves Calvi. Ce rendez-vous quotidien, qui réunit autour d'une table les chefs étoilés de la grande cuisine politicienne, avait pris pour titre cet alléchant programme : « Avant le 1er round : la pesée ». Ce soir-là, les chefs étoilés étaient conviés à troquer leurs toques contre des casquettes de commentateurs de boxe. Ce que firent sans hésiter Françoise Fressoz du Monde, Carl Meeus du Figaro Magazine, Philippe Dessertine de l'Institut de la haute finance et Jérôme Sainte Marie, de l'institut de sondages Pollingvox. Éblouissant pluralisme des experts qui, sans préciser lesquels, font parler les Français qui « pensent que… », évoquent les programmes sans vraiment les connaître, et s'interrogent gravement, à grand renfort de métaphores sportives, sur ce qui va se passer. Un seul exemple : « Faut-il évoquer les affaires ? Vont-ils évoquer les affaires ? », demande gravement Yves Calvi. L'auteur de ces lignes a tenu 40 minutes et a renoncé.

    On vit l'avant-match

    Insatiables, nous retournons finalement du côté de BFM-TV. L'heure du match approche : il est 19h30. Alors que des journalistes font le pied de grue devant les QG de campagne, les informations tournent en rond : Marine Le Pen est sortie des bureaux, Benoît Hamon, au « mental d'acier » est sans doute resté à son domicile puisqu'il n'a pas été vu à son QG, Jean-Luc Mélenchon est arrivé le premier, François Fillon avec dix minutes de retard « aux alentours de 20h06 », les soutiens des uns et des autres s'installent dans le public et, comble de suspense, on aurait même aperçu Pénélope Fillon !

    Autant de reportages de terrain qui ponctuent, une heure et demi durant, les séquences analytiques animées en plateau par Ruth Elkrief. Fidèles aux préparations d' « avant-match », les journalistes interpellent d'abord des « supporters » politiques des candidats. Puis vient le temps des « experts ». Une première table ronde– ô combien pluraliste ! – réunit Anne Rosencher, directrice déléguée de la rédaction de L'Express et Jean-Sébastien Ferjou, directeur de la publication d'Atlantico. Pendant près d'un quart d'heure, après avoir glosé autour de la « déprime », « l'inquiétude », « l'anxiété », le « désarroi » et le « déboussolement » des Français, après avoir parié sur la cible privilégiée des uns et des autres, après avoir passé en revue les sondages faits maison, nos experts concluent leur (longue) méditation à micros ouverts en nous révélant l'enjeu du débat de TF1 : « que l'un ou plusieurs de ces candidats arrivent à générer une adhésion véritable ». Fichtre !

    Mais ce n'est pas fini, et la seconde table ronde n'a rien à envier à la première : il est 20h quand Ruth Elkrief, sans doute dépaysée, « rejoint » le plateau fait maison d'Alain Marschall, qui réunit d'autres experts du cru : Thierry Arnaud, chef du service politique de BFMTV et Laurent Neumann, flanqués d'Anna Cabana de Marianne, pour commenter d'avance – c'est le titre – « Un premier débat inédit ». C'est sans doute Anna Cabana, à la faveur d'un aveu émouvant, qui résume le mieux la teneur de ce petit papotage entre amis : « C'est ça qui est passionnant : on ne sait pas ce qui va se passer ».

    Dès lors, et pendant près de quarante minutes de plateau, nos journalistes se disputeront le pronostic le plus haletant. « C'est la campagne qui commence », « le débat va probablement bouleverser la campagne », se risquent les journalistes avant de déterminer – ou de prescrire –le « rôle » qu'interprétera ou devra interpréter chaque candidat : Macron président ? : « il faut qu'il le prouve » ; Fillon président ? « il devra dépasser et faire oublier les affaires ». Des commentaires sont sollicités pour « comprendre les enjeux », comme l'annonçait le présentateur. Ce qui nous valut, par exemple celui-ci de Laurent Neumann : « Il y a deux enjeux : il y a un risque clair pour les deux favoris, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, d'être attaqués et donc de dévisser à un moment ou à un autre pour une raison qu'on ignore avant que le débat ait commencé. Puis il y a un deuxième enjeu pour tous les autres qui aujourd'hui ne sont pas donnés qualifiés pour le deuxième tour, c'est de faire leur retard, c'est un enjeu absolu. »

    Il ne restait plus qu'à s'interroger sur l'impact possible du physique des candidats. La palme de la réflexion la plus acérée revient sans nul doute à Thierry Arnaud : « Si vous me permettez de dire les choses brutalement, faut pas qu'il apparaisse comme un gamin ce soir Emmanuel Macron. Il y a ce côté juvénile dans son apparence et peut-être que ça jouera en sa faveur, mais on ne peut pas exclure totalement le risque que ça joue aussi en sa défaveur ce soir. »

    Enfin, dans leur course aux commentaires, les chaînes d'info (mais aussi la presse écrite) ont rivalisé d'ingéniosité pour l'emporter dans cette autre compétition : le grand prix de la meilleure métaphore sportive, voire guerrière. Sur BFM-TV rien ne nous aura été épargné : des « fleurets mouchetés » aux candidats qui « cognent », en passant par « l'épreuve du feu », le « sourire bouclier », les « passes d'armes » le « peloton », le « coude à coude » et, enfin, l'inévitable « franchissement du Rubicon » !

    Changement de chaîne. À partir de 20 heures, LCI nous offrit de pénétrer – c'est le titre – « Dans les coulisses du débat ». « Où vont-aller les électeurs ? », se demandèrent les experts conviés à confronter leurs horoscopes : Arlette Chabot (de LCI), Matthieu Croissandeau (de L'Obs), Soazic Quéméner (de Marianne), et, de nouveau, Jean-Sébastien Ferjou d'Atlantico. En direct de la rue, on eut droit à l'arrivée des candidats interrogés sur leur état d'esprit. Et en direct du plateau de l'émission, un journaliste de terrain nous offrit ses commentaires sur les images des préparatifs et de l'entrée des candidats interrogés, une fois de plus, sur… leur état d'esprit.

    Puis vint le match qui, pendant plus de trois heures, réduisit au silence les journalistes sportifs. Et que fait-on après le match ? « On refait le match » [2].

    « On refait le match »

    Et pour refaire le match, sur LCI, on reprend les commentateurs d'avant match qui, sans dire un mot sur les positions des candidats sur les 15 thèmes mis en débat, s'employèrent à évaluer et à comparer les performances des compétiteurs. Qui s'est imposé et face à qui ? Quand ? Au début ou à la fin ? Qui a remporté les duels ? « Le Pen-Macron : le duel ? », s'interroge un titre à l'écran. Et les commentateurs de répondre à cette question : « Était-ce le duel essentiel ? ». Qu'a-t-on retenu sur LCI ? Non les propositions des candidats, mais les affrontements les plus saillants.

    Avouons-le : nous n'avons pas eu le courage d'écouter davantage.

    Mais qu'a-t-on retenu sur BFM-TV ? Les « échanges les plus musclés », seuls extraits rediffusés. Tard, très tard, lors d'un journal de la nuit, on entendit de la bouche de la présentatrice ce résumé : « Que retenir de ce débat ? Qu'il fut long : près de trois heures et demi. Plusieurs passes d'armes. C'est allé crescendo ».

    Entre-temps, BFM-TV nous avait offert l'inévitable sondage de l'institut Elabe, avec les réponses à cette principale question : « Qui a été le plus convaincant ? ». Un sondage qui ne nous a pas… convaincus : c'est le moins qu'on puisse dire [3]

    Aucun cas de dopage ne nous ayant été signalé dans le petit peloton des candidats et dans le grand peloton des accompagnateurs, nous en resterons là pour cette fois, non sans rêvasser : que, dans la suite de la campagne, les journalistes sportifs des chaînes en continu, déguisés en journalistes politiques, abandonnent le journalisme sportif pour s'informer et informer sur les positions en présence, et les présenter avec le plus de précision possible, en toute rigueur.

    Mais ce n'est sans doute qu'un rêve.

    Henri Maler (avec Pauline Perrenot et Elsa Tremel)

    ***


    Annexe : Quelques exemples de titres sportifs dans la presse écrite

    "-" Libération 20 mars 2017

    ""

    "-" Les Inrocks, 21 mars 2017

    ""

    "-" Le Parisien, 21 mars 2017

    ""
    ""


    [2] Pour reprendre, dans un contexte qui lui convient, le titre de l'émission de commentaires sportifs animé par Pascal Praud sur RTL.

  • « Grand débat » : un sondage pour BFM-TV qui ne convainc pas

    21 mars, par Frédéric Lemaire — Sondologie et sondomanie : Sondages en tous genres, ,

    Il est près d'une heure ce matin, le débat qui rassemblait cinq candidats à l'élection présidentielle sur TF1 et LCI vient de s'achever. Sur BFM-TV, Ruth Elkrief annonce les résultats d'un sondage Elabe commandée par la chaîne : Emmanuel Macron est donné « plus convaincant ». Qu'en est-il vraiment ?

    "" Verdict apparemment sans appel, le résultat du sondage Elabe/BFM TV n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes ont avancé d'autres « sondages » (en vérité de simples questionnaires en ligne) aux résultats contradictoires, donnant Jean-Luc Mélenchon grand gagnant du débat.

    Par exemple, sur LCI :
    ""Sur Europe 1 :
    ""Sur RTL :
    ""Ou encore sur France 24 :
    ""Ces questionnaires en ligne, comme le précise celui de RTL, sont à « valeur non scientifique », dans la mesure où l'échantillon n'est pas représentatif : il s'agit d'une simple consultation, et il est possible d'y voter à plusieurs reprises facilement. Ce qui ne veut pas dire que les résultats n'ont aucun sens : en l'occurrence ici, dans la mesure où il y a un enjeu symbolique fort à déterminer le « gagnant » au débat, on peut supposer que ces résultats témoignent au moins en partie de la capacité de mobilisation en ligne des soutiens des différents candidats.

    Et le sondage Elabe pour BFM-TV, qu'en est-il ? Est-il « plus scientifique » ? C'est loin d'être évident. Pour en juger, il faut mettre la main sur la méthodologie employée par l'institut, qui n'est pas disponible sur le site de BFM-TV. On la retrouve en bas d'un graphique publié par l'institut sur son compte twitter. La voici :

    ""Si l'on comprend bien cette notule méthodologique, pour obtenir son résultat à peine 30 minutes après la fin du débat, Elabe a d'abord constitué un premier échantillon représentatif de 4011 personnes. Puis les personnes interrogées ont été invitées à regarder le débat et à donner leur avis. 1157 avis de volontaires – encore en état de le donner – ont donc été récoltés à la fin du débat.

    Cette méthodologie pose d'emblée un gros problème : ce n'est pas parce que l'échantillon des 4011 personnes sollicitées initialement est représentatif, selon la méthode des quotas, de la population française, que le sous-échantillon des 1157 volontaires est, lui aussi, représentatif. On peut même être à peu près sûr du contraire, puisque cette sélection par le volontariat (et la résistance physique, avec un débat de plus de trois heures) ajoute un nouveau et sérieux biais à ceux, déjà connus, des sondages en ligne, et dont Alain Garrigou a fait la critique dans cet article.

    La même méthode avait été employée par Elabe au soir du premier débat de la primaire du Parti socialiste (voir cet article). Résultat : Arnaud Montebourg avait été donné « le plus convaincant ». Encore une fois, les sondeurs avaient visé dans le mille...

    Une méthodologie bancale, donc – pour ne rien dire du principe même de ce genre de sondages, visant à élire le « gagnant » d'un débat, comme dans une course de chevaux. En privilégiant le jeu personnel plutôt que les enjeux collectifs, en se focalisant sur « le plus convaincant » (voire « le plus séduisant » pour RTL) plutôt que sur les questions de fond, les instituts de sondage et leurs relais dans les médias ajoutent dépolitisation et confusion aux débats.

    Les répondants doivent-ils juger de celui qui est le plus à l'aise dans le débat, ou de celui qui a les idées les plus pertinentes ? À quel titre ? Et sur quel sujet, en particulier ? Il suffit de commencer à poser ce genre de question pour se rendre compte de la vacuité du réflexe sondagier. Doit-on rappeler que Hillary Clinton était systématiquement donnée « gagnante » lors de ses duels télévisés avec Donald Trump ?

    Une chose est sûre : les « grandes voix » médiatiques et autres experts convoqués pour « débriefer » le débat trouveront du grain à moudre dans ces pseudo-sondages, merveilleusement ajustés à leurs commentaires.
    Frédéric Lemaire

  • Présidentielle 2017 : Misère du journalisme de compétition en précampagne

    21 mars, par Henri Maler — Présidentielle 2017

    Le moment des « grands » débats entre les candidats homologués est arrivé. Le premier s'est tenu, réservé à cinq d'entre eux, le 20 mars 2017 sur TF1. Pour savoir ce que d'immenses journalistes en ont retenu et avant d'y revenir, un détour par les semaines qui l'ont précédé n'est pas inutile [1]...

    La presse imprimée est-elle responsable de la déforestation de l'Amazonie ? On peut en douter. Les médias audiovisuels sont-ils coupables des abus de consommation d'électricité ? Ce n'est pas avéré. Mais ce qui est certain en revanche, c'est que des tonnes de papier et des centaines d'heures d'émissions audiovisuelles ont été (et sont encore) consommées pour évoquer les turpitudes et les misères de François Fillon, les « affaires » qui gangrènent les autres candidatures, les mésaventures et les divisions de la « droite et du centre », mais aussi des « socialistes », des « progressistes » et des « patriotes » (du FN) comme on nomme les uns et les autres.

    Chacune de ces « affaires » et de ces mésaventures offre tous les ingrédients d'un feuilleton, avec ses héros et ses traîtres, ses rebondissements et son intrigue à tiroirs. De quoi nourrir abondamment les discussions de bistrots (il faudrait vérifier…) et les papotages dans les studios des chaînes en continu (vérification faite).

    Informer et enquêter sur tout cela ? Évidemment ! Mais gloser sans cesse et à tout propos sur les positionnements et les entrechats tactiques, ausculter les entrailles de l'opinion publique à grand renfort de sondages et de micros-trottoirs, abandonner le journalisme de diagnostics pour un journalisme de pronostics ?

    Tous les médias ne sont pas logés à la même enseigne. Mais un peu partout les éditocrates en tout genre et les journalistes politiques de toutes catégories, les sondologues, « synergologues » et autres communicants, les permanents interchangeables des micros et des chroniques sont massivement mobilisés pour commenter en flux tendu et à en perdre haleine, pour éditorialiser et spéculer sur claviers, pour anticiper sur le jour ou l'heure d'après. Manquent à l'appel les cartomanciennes et les rédacteurs d'horoscopes, mais leur tour viendra peut-être.

    « C'est normal », dira-t-on : « l'actualité dicte sa loi ». Ou, comme le déclarait doctement Jean-Michel Aphatie dans un entretien avec Sonia Devillers, diffusé le 1er septembre 2016 sur France Inter,

    « les journalistes ne choisissent pas l'actualité, les journalistes font avec l'actualité. Parfois l'actualité est intelligente, parfois elle est dramatique et parfois elle est bête. Et on fait avec ».

    Mais l'actualité n'existe pas indépendamment de ceux qui la construisent. Le comble est donc atteint quand, au nom de cette actualité telle qu'ils la façonnent eux-mêmes, nos « grands » journalistes couinent sur l'effacement, plus ou moins prononcé selon les médias, du débat public sur les projets des candidats en campagne : un débat qui, pour une large part, dépend d'eux, même s'il existe en dehors d'eux.

    Aveugles aux résultats de leur propre activité, ils se contemplent, mais ne parviennent pas à se reconnaître. Quand le doigt montre la lune, d'immenses journalistes regardent le doigt !

    * * *

    Le pire n'étant pas certain, on pouvait se demander si la campagne officielle et les grandes messes télévisuelles qui la ponctuent allaient mettre un terme aux politicailleries des commentateurs professionnels et laisser totalement la place aux débats de fond. Le 20 mars 2017, à l'occasion du débat sur TF1 du moins sur les chaînes d'information en continu, il n'en fut rien [2].


    [1] Comme on pourra le lire dans le n°23 (à paraître prochainement) de Médiacritque(s), notre magazine imprimé, intitulé précisément « Misère de journalisme politique », misère à laquelle un dossier est consacré.

    [2] Comme on essaiera de le montrer dans un prochain article.

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