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Actualités, analyses, réflexions, commentaires

Dernier ajout – vendredi 5 septembre 2014.
actualités, débats, commentaires, prises de position

Dans cette rubrique, on traite, si possible de façon prospective, des problèmes que pose l’actualité politique, culturelle et sociale.

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  • Vénus pourrait abriter la vie

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/2/3/a/23a9b2b315_122751_nuages-venus-akatsuki-composite.jpg
    5 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — Système solaire, Univers, étude de Vénus, atmosphère vénusienne, Akatsuki, sonde japonaise Akatsuki, recherche de vie extraterrestre, exobiologie, bactéries, À la Une
    Vénus, planète jumelle de la Terre à la beauté éclatante, pourrait accueillir de la vie dans son atmosphère, selon une nouvelle étude. Elle est peut-être sous nos yeux depuis depuis des décennies.
  • Méthane et effet de serre : les premières preuves directes

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/7/9/3/793591a7f5_122683_methane-effet-serre-vache.jpg
    5 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — gaz à effet de serre, méthane, méthane atmosphérique, Lawrence Berkeley National Laboratory, Réchauffement climatique, mesures, preuves directes, concentration atmosphérique, longueur d'onde, vapeur d'eau
    On entend souvent dire que le méthane est un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2. Pourtant, aucune mesure directe du phénomène n'avait encore pu être réalisée. Aujourd'hui, grâce à des chercheurs américains, c'est enfin chose (...)
  • Le Monde en extase devant les milliards de profits du CAC40

    5 avril, par Guy Bernard — Construction médiatique de l'opinion économique, , , ,

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    Le 9 mars 2018, un tonitruant « 93 400 000 000 € de profits pour le CAC40 » barre la Une du Monde. Une titraille tapageuse qui n'annonce pourtant aucun dossier mettant ce chiffre faramineux en perspective, aucun débat de fond entre économistes ou responsables politiques, ni même la moindre tentative d'analyse. Au contraire, les deux articles auxquels cet appel de Une renvoie, sont le signe d'un journalisme économique en apesanteur, qui aligne les chiffres sans chercher à leur donner la moindre signification et qui accompagne dans l'allégresse la marche en avant d'un capitalisme mondialisé et triomphant.

    Page 6 du cahier « Éco & Entreprise » de cette édition du 9 mars, un premier article aligne les superlatifs pour présenter le palmarès des sociétés les plus profitables, s'esbaudir de la hausse de 24 % du bénéfice net de l'ensemble des groupes du CAC40 par rapport à 2016 et mettre en avant une conjoncture et une croissance mondiales « exceptionnelles ». Le tout agrémenté des commentaires, toujours incontournables dans Le Monde [1], de deux économistes de banques, Eric Labbé gérant chez CPR Asset Management et Isabelle Mateos y Lago économiste chez Black Rock, « le plus puissant gestionnaire d'actifs au monde » – laquelle nous rassure en certifiant que même si la conjoncture se fait moins favorable, « les entreprises devraient pouvoir relever leurs prix et préserver leurs marges. » Ouf !

    En page 2 du même cahier « Éco & Entreprise », le second article annoncé en Une, propose un titre qui semble, au premier abord, nettement plus pertinent : « Salaires en zone euro : à quand le dégel ? » En effet, l'une des méthodes pour maximiser les profits, ne consiste-t-elle pas, justement, à maintenir les salaires au plus bas ? Une question qui ne sera pourtant même pas évoquée, l'article préférant s'attarder sur la perplexité de la Banque centrale européenne et des « experts » devant la stagnation des salaires alors que le chômage baisse, ou encore sur la flexibilité et l'automatisation comme causes possibles du phénomène.

    Dans l'éther des débats économiques orthodoxes

    Ces deux articles qui entendent traiter des niveaux de profits et de salaires comme de deux variables totalement distinctes et indépendantes, ont en commun de traiter l'économie comme une réalité autonome, et la science économique comme une discipline purement technique, coupée de toute réalité sociale et échappant à tout débat politique.

    Dans cette perspective, mettre en relation les dizaines de milliards de profits du CAC40 et la stagnation des salaires en Europe, d'une part, avec, d'autre part, les pratiques d'optimisation/évasion fiscale des multinationales ou les politiques de l'offre, austéritaires, portées par les gouvernements européens, et singulièrement par celui d‘Emmanuel Macron, n'aurait aucun sens… Dans un tel cadre, les économistes hétérodoxes et les syndicalistes, les dirigeants politiques et les journalistes rétifs aux logiques néolibérales ne sont évidemment pas conviés à s'exprimer.

    Pourtant, s'ils avaient souhaité mettre en perspective, et pas seulement célébrer, les profits mirifiques des grandes entreprises, les responsables de la rubrique économie du Monde auraient pu trouver matière à réflexion dans leurs propres colonnes en s'appuyant, par exemple, sur ces deux articles parus au cours des six derniers mois : « La paupérisation des classes moyennes gonfle la dette des ménages » ; « Les inégalités explosent dans le monde, l'instabilité politique menace ». Mais pour ce faire, il aurait fallu que Le Monde ait une ligne éditoriale autre que celle de complaire aux marchés…

    Guy Bernard


  • Lexique pour temps de grèves et de manifestations

    4 avril, par Henri Maler, Yves Rebours — Questions de mots

    Nous republions notre lexique pour temps de grèves et de manifestations, daté de 2003, et réactualisé en 2010. Un document (hélas) toujours d'actualité en cette nouvelle période de mobilisations sociales... comme chacun pourra le constater !

    I. Consensus sous surveillance

    "-" « Réforme » : Quand une réforme proposée est imposée, cela s'appelle « LA réforme ». Et s'opposer à cette réforme devient : le « refus de la réforme ». Ne plus dire : « les travailleurs combattent les politiques libérales qui favorisent chaque jour davantage les revenus du capital et dissolvent l'Etat social ». Ecrire : « Une autre chose dont on peut être sûr - et qui nourrit l'antienne d'un pays impossible à réformer -, c'est la nature difficile des rapports sociaux en France. La conflictualité l'emporte sur le consensus. Vieil héritage de la culture ouvrière revendicative du XIXe siècle du côté des organisations syndicales, crispées sur la défense des droits acquis [...]. » (Le Monde Economie, mardi 7 juin 2005, page I). Le terme peut désigner spécialement les attaques successives du système des retraites par répartition. En 2003, « Sur France 2, Arlette Chabot réforme la France » : une émission "Mots croisés" benoîtement intitulée : « Pourquoi est-il impossible de réformer la France ? ». En 2007, au sujet des régimes spéciaux, grand « retour des gardiens du consensus » et de LA réforme.

    "-" « Réformistes » : Désigne ou qualifie les personnes ou les syndicats qui soutiennent ouvertement les réformes gouvernementales ou se bornent à proposer de les aménager. Les partisans d'autres réformes constituent un « front du refus ».

    "-" « Modernisation » : Synonyme de « réforme » ou de l'effet attendu de « LA réforme ». « LA modernisation » est, par principe, aussi excellente que « LA réforme »... puisque, comme l'avait fort bien compris, M. de La Palisse, fondateur du journalisme moderne, la modernisation permet d'être moderne. Et pour être moderne, il suffit de moderniser. Le modernisme s'oppose à l'archaïsme. Seuls des esprits archaïques peuvent s'opposer à la modernisation. Et seuls des esprits tout à la fois archaïques, réactionnaires et séditieux peuvent avoir l'audace et le mauvais goût de proposer de subordonner "LA modernisation" au progrès social. D'ailleurs, « LA modernisation » est indifférente à la justice sociale, que la modernité a remplacée par l'« équité ». Voir ce mot.

    "-" « Ouverture » : Se dit des opérations de communication du gouvernement. L' « ouverture » se traduit par des « signes ». Les « signes d'ouverture » traduisent une « volonté d'apaisement ». Ne pas confondre avec cette autre ouverture : « l'ouverture de négociations », qui pourrait manifester un dommageable « recul ».

    "-" « Apaisement » : Se dit de la volonté que l'on prête au gouvernement. Par opposition au « durcissement » de la mobilisation. Voir « ouverture ».

    "-" « Concertation » : Se dit des réunions convoquées par un ministre pour exposer aux organisations syndicales ce qu'il va faire et pour écouter leurs doléances, de préférence sans en tenir aucun compte. Selon les besoins, la « concertation » sera présentée comme un équivalent de la « négociation » ou comme son substitut. Le gouvernement est toujours « ouvert » à la « concertation ». Voir « ouverture ».

    "-" « Négociation » : Selon les besoins, tantôt synonyme, tantôt antonyme de « concertation ». On est prié de ne pas indiquer que, à la différence de la « concertation », la « négociation » est généralement terminée avant d'avoir commencé. Inutile aussi de souligner ce miracle : au printemps 2003, dix heures de « négociation » ont suffi au gouvernement pour ne céder que sur les quelques points qu'il avait déjà prévu de concéder.

    "-" « Dialogue social » : Se dit des rencontres où un ministre parle aux syndicats, par opposition au « conflit social », comme si le « dialogue » n'était pas généralement de pure forme : destiné à dissimuler ou à désamorcer le « conflit ».

    "-" « Pédagogie » : Devoir qui, pour les journalistes communicants, s'impose au gouvernement (plus encore qu'aux enseignants...). Ainsi, le gouvernement fait preuve (ou doit faire preuve...) de « pédagogie ». Tant il est vrai qu'il s'adresse, comme nos grands éditorialistes, à un peuple d'enfants qu'il faut instruire patiemment. Et si « la réforme » passe, c'est que la pédagogie (et non la force) a triomphé, comme s'en félicitait par avance Challenges (13 septembre 2007) à propos de la « réforme des régimes spéciaux » : « Si (…) cette réforme passait sans coup férir, ce serait le signal que la pédagogie finit toujours par triompher ».

    II. Déraison des foules

    "-" « Crispation » : Un mot parmi d'autres pour désigner l'attitude des salariés qui se battent contre les délocalisations, le chômage, le dumping social, la destruction du droit de travail, du système de santé et des retraites par répartition. La France « crispée » est rigide et s'oppose à la France moderne et flexible. Un exemple ici.

    "-" « Égoïsme » : Frappe les chômeurs, les travailleurs précaires, les classes populaires en général. Exemple : le refus du dumping social est un symptôme évident d'égoïsme. Vice dont sont dépourvus les bénéficiaires de stock-options.

    "-" « Individualisme » : Peut être vice ou vertu. Vice quand il entame la solidarité des dominés avec les dominants, vertu quand il détruit les défenses immunitaires des mouvements sociaux. En parler beaucoup, pour ne rien dire des conditions collectives de l'émancipation des individus.

    "-" « Corporatisme » : Mal qui menace n'importe quelle catégorie de salariés qui défend ses droits, à l'exclusion des tenanciers des médias. Dans ce dernier cas, s'exclamer, comme Jean-Michel Aphatie : « Trouvez un argument de meilleure qualité que le corporatisme, s'il vous plaît, s'il vous plaît ! ». L'accusation de « corporatisme » est en effet un argument de bonne qualité, sauf quand elle vise des éditorialistes de qualité supérieure. (Voir ici pour un exemple récent de non-corporatisme)

    "-" « Malaise » : Se dit du « trouble », plus ou moins profond, qui peut aller jusqu'au « mal-être », vécu ou ressenti par une profession. Depuis le printemps 2003, le « malaise » affecte particulièrement les enseignants. Le « malaise » peut se traduire par des « revendications » qui ne sont alors que des « symptômes ». Le « malaise » et ses « symptômes », diagnostiqués par les éditorialistes et les experts, réclament un « traitement » approprié.

    "-" « Grogne » : Un des symptômes les plus graves du « malaise », un signe de l'animalité privée de mots des « grognons ». Voir ce mot, son analyse et un exemple récent opposant les « grognons » universitaires aux « diplomates » gouvernementaux.

    III. Paroles, paroles

    "-" « Grognements » : Ne se dit pas mais tient lieu de parole des « grognons ».

    "-" « Témoins » : Exemplaires de la foule des grévistes et manifestants, interrogés en quelques secondes à la télé ou en quelques lignes dans les journaux. Le « témoin » témoigne de ses affects, jamais de ses motifs ou du sens de son action. Seuls les gouvernants, les « experts » et l'élite du journalisme argumentent, connaissent les motifs, et maîtrisent le sens. L'élite pense, le témoin « grogne ». Voir ce mot.

    "-" « Expert » : Invité par les médias pour expliquer aux grévistes et manifestants que le gouvernement a pris les seules mesures possibles, dans l'intérêt général. Déplore que les « grognements » des « jusqu'auboutistes » et des « ultras » (voir ce mot), ces privilégiés égoïstes et irresponsables (voir « corporatisme »), empêchent d'entendre le « discours de raison » des artisans du « dialogue social ». Un exemple de service public, daté de 2005.

    "-" « Éditorialiste » : Journaliste en charge des éditoriaux. Pour ne pas se laisser enfermer dans cette lapalissade sortie du dictionnaire, l'éditorialiste est condamné à changer de titre pour se répandre simultanément dans plusieurs médias. Dans certains d'entre eux, il devient « chroniqueur ». Dans d'autres, il est « interviewer ». Dans tous, il est « invité ». Exemple : Alain Duhamel. Exemple de « chroniqueur » : Pierre-Luc Séguillon, particulièrement performant, en 2003.

    "-" « Interviewer » : Journaliste en charge des entretiens. Les meilleurs d'entre eux sont des éditorialistes modestes puisqu'ils ne livrent leurs précieuses opinions que dans la formulation des questions qu'ils posent. L'interviewer est un éditorialiste condamné aux points d'interrogation. Ou presque : Christine Ockrent est une intervieweuse, Jean-Pierre Elkabbach aussi. Aphatie l'est indiscutablement, comme on peut le vérifier ici même, face à un représentant de Sud-Rail.

    "-" « Débat » : Se dit notamment des sessions de papotage qui réunissent autour d'une table l'élite pensante des « experts » et « éditorialistes ». Certains d'entre eux peuvent même « refaire le monde », comme on a pu le constater en 2005.

    "-" « Tribunes libres » : Souvent invoquées pour répondre à ceux qui s'inquiètent de l'état du pluralisme dans les médias. Ces espaces réservés à l'expression des « experts » dominants, peuvent être occasionnellement décorés par la présence de contestataires, pour peu qu'ils se rendent respectables en s'abstenant de toute critique des médias.

    "-" « Courrier des lecteurs » : Dans la presse écrite, se dit de la sous-rubrique où sont relégués les propos, soigneusement triés, des non-experts.

    "-" « Micro-trottoir » : Equivalent audiovisuel du courrier des lecteurs, cette forme avancée de la démocratie directe, concurrencée par les SMS, permet de connaître et de faire connaître l'opinion des « gens ». Technique recommandée pour faire dire en quinze secondes à chaque exemplaire d'un échantillon soigneusement sélectionné ce que l'on attend qu'il dise. Ne pas confondre avec « entretien » : trop long. Quelques cas d'école, ici, , ou .

    "-" « Opinion publique » : S'exprime dans les sondages et/ou par l'intermédiaire des « grands journalistes » qui lui donnent la parole en parlant à sa place. Quelques exemplaires de l'opinion publique sont appelés à « témoigner » dans les journaux télévisés. Les grévistes et les manifestants ne font pas partie de « l'opinion publique », qui risque de (ou devrait...) se retourner contre eux.

    "-" « Contribuables » : Nom que porte l'opinion publique quand elle paie des impôts qui servent au service public. Quand l'argent public est dépensé pour consentir des avantages fiscaux aux entreprises, cet argent n'a plus d'origine identifiée. On dira : « les régimes de retraites du secteur public sont payées par les contribuables ». On ne dira pas : « les exonérations de charges consenties aux entreprises sont payées par les contribuables ».

    IV. Mouvements de troupes

    "-" « Troupes » : Mode d'existence collective des grévistes et des manifestants, quand ils répondent (ou se dérobent) aux appels et aux consignes des syndicats. Parler de « troupes de manifestants », de « troupes syndicales », de syndicats qui « mobilisent » ou « ne contrôlent pas » leurs « troupes ». (Re)voir Pierre-Luc Séguillon en 2003.

    "-" « Troubles sociaux » : Se dit des effets de la mobilisation des « troupes ». Un journaliste rigoureux se garde généralement de les désigner comme des « soubresauts » (ainsi que le fit au cours du journal télévisé de 20 h sur TF1 le mercredi 28 mai 2003, le bon M. Raffarin).

    "-" « Concernés » : Se dit des secteurs ou des personnes qui sont immédiatement visés par « LA réforme ». Sinon, dire : « les cheminots ne sont pas concernés par la réforme des retraites » ou « les enseignants ne sont pas concernés par la décentralisation ». Vous pouvez pousser le souci de la rigueur jusqu'à affirmer que « les cheminots ne sont pas directement concernés ». Dans les deux cas, vous pouvez même ajouter qu'ils « se sentent menacés ». D'où l'on peut déduire ceci : se sentir menacé, ce n'est pas être menacé, et en tout cas être ou se sentir menacé, ce n'est pas être concerné. (« La CGT de la SNCF qui n'est pourtant pas du tout concernée par le CPE a déposé un préavis de grève nationale pour le mardi 28 », décrète Jean-Pierre Pernaut, qui déplore ainsi, le 21 mars 2006, que les cheminots ne soient pas assez corporatistes.)

    "-" « Usagers » : Se dit de l'adversaire potentiel des grévistes. Peut également se nommer « élèves qui préparent le bac » et « parents d'élèves inquiets ». « La grève […] s'annonce massive et dure. Dure surtout pour les usagers », précise David Pujadas, compatissant et soucieux de l'avenir des cheminots le 13 novembre 2007.

    "-" « Otages » : Synonyme d'« usagers ». Terme particulièrement approprié pour attribuer les désagréments qu'ils subissent non à l'intransigeance du gouvernement, mais à l'obstination des grévistes. « Victimes » des grèves, les « otages » sont d'excellents « clients » pour les micros-trottoirs : tout reportage se doit de les présenter comme excédés ou résignés et, occasionnellement, solidaires. Parmi les « otages », certains méritent une compassion particulière. Nous vous laissons découvrir deux d'entre eux : un premier et un second.

    "-" « Pagaille » : Se dit des encombrements un jour de grève des transports. Par opposition, sans doute, à l'harmonie qui règne en l'absence de grèves.

    "-" « Galère » : Se disait (et peut se dire encore...) des conditions d'existence des salariés privés d'emploi et des jeunes privés d'avenir, vivotant avec des revenus misérables, de boulots précaires en stages de réinsertion, assignés à résidence dans des quartiers désertés par les services publics, sans loisirs, et subissant des temps de transports en commun démesurés. Phénomène presque invisible à la télévision, ses responsables ne sont pas identifiables. « Galère » se dit désormais des difficultés de transports les jours de grève : on peut aisément les mettre en images et les imputer à un coupable désigné, le gréviste. Un seul exemple (en fin d'article) : quelques titres de la PQR en 2007.

    "-" « Noir » : Qualifie un jour de grève. En 2005, c'était un mardi. En 2009, un jeudi – un « jeudi noir » finalement « plutôt gris clair », d'ailleurs, selon le contemplatif Jean Pierre Pernaut [1]. Peut également se dire des autres jours de la semaine. « Rouge » ou « orange » sont des couleurs intermédiaires réservées aux embouteillages des week-ends, des départs ou des retours de vacances. Le jour de grève, lui, est toujours « noir », couleur du « chaos » (toujours en 2009).

    "-" « Chaos » : Se dit sobrement des conséquences des journées « noires ». Pour désigner les conséquences d'un tsunami ou d'un tremblement de terre… chercher un autre mot ?

    "-" « Surenchère » : Se dit, particulièrement au Figaro, de tout refus des mesures imposées par le gouvernement, dont l'attitude au contraire se caractérise par la « fermeté ».

    "-" « Durcissement » : Se dit de la résistance des grévistes et des manifestants quand elle répond à la « fermeté » du gouvernement, une « fermeté » qui n'est pas exempte, parfois d' « ouverture ». Voir ce mot.

    "-" « Essoufflement » : Se dit de la mobilisation quand on souhaite qu'elle ressemble à ce que l'on en dit.

    "-" « Ultras » : Désigne, notamment au Figaro, les grévistes et les manifestants qui ne se conforment pas au diagnostic d'« essoufflement ». Vaguement synonyme d' « extrême gauche », lui-même synonyme de... au choix ! Autre synonyme : Jusqu'auboutistes.

    "-" « Violence » : Impropre à qualifier l'exploitation quotidienne, les techniques modernes de « management » ou les licenciements, le terme s'applique plus volontiers aux gens qui les dénoncent, et aux mots qu'ils emploient pour le faire. Par exemple quand les patrons de Caterpillar sont qualifiés de « chiens ». A condition de respecter cette règle d'usage, la « violence » est presque toujours « condamnable ». Et condamnée.


    Henri Maler et Yves Rebours


    [1] Comme on peut le lire dans l'« Annexe » de cet article.

  • Lire : 100 ans de journalisme. Une histoire du Syndicat national des journalistes (1918-2018), de Christian Delporte

    4 avril, par Jean Pérès, Maxime Friot — Des livres : présentations et extraits,

    À l'occasion du centenaire de la création du SNJ, qui est célébré cette année par diverses manifestations, l'historien des médias Christian Delporte [1] publie 100 ans de journalisme. Une histoire du Syndicat national des journalistes (1918-2018) aux éditions du Nouveau Monde. Réalisé en partenariat avec le SNJ, l'ouvrage a fait l'objet d'une fort belle édition en papier glacé [2], abondamment illustrée de photos d'archives et dessins humoristiques. Christian Delporte entremêle l'histoire du Syndicat national des journalistes (Syndicat des journalistes jusqu'en 1928) avec celle du journalisme, et retrace les combats menés par le syndicat : celui pour faire reconnaître le journalisme comme profession (statut, carte professionnelle), et celui, inlassable, pour l'amélioration des conditions de travail.

    L'ouvrage est organisé par sujets associés à la chronologie, ce qui permet une lecture facile et instructive. Loin d'en résumer la richesse, les aperçus qui suivent se contentent d'en souligner quelques aspects.

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    « Un journaliste digne de ce nom »

    Créé le 10 mars 1918, le SNJ fut un des premiers syndicats issus de la loi de 1884 sur les syndicats professionnels. Suscité, selon l'auteur, par l'industrialisation de la presse du début du vingtième siècle et par le discrédit qui frappe la profession de journaliste au sortir de la guerre [3], il s'envisage dans un premier temps comme une sorte d'ordre professionnel, insistant sur les devoirs des journalistes plus que sur leurs droits : « Pour lui, les devoirs individuels précèdent les droits collectifs : la conformité aux premiers justifie les seconds » [4].

    D'où la déclaration du syndicat du 12 juillet 1918 : « Un journaliste digne de ce nom », indiquant des devoirs qu'il doit remplir. « Le texte, qui comporte dix points, présente une série de principes de conduite individuelle qui reposent sur la responsabilité, la probité, la loyauté et la soumission aux pairs dans les affaires d'honneur. » [5] ; par exemple, [un journaliste digne de ce nom] « ne touche pas d'argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d'être exploitées », ou encore « ne commet aucun plagiat ». Première charte avant la lettre des journalistes en Europe, elle est révisée et complétée en 1938 puis en 2011, date à laquelle elle devient « Charte d'éthique professionnelle des journalistes ». Ses principaux énoncés ont traversé le siècle sans changement notable.

    C'est sous la houlette de Georges Bourdon, figure tutélaire du SNJ, que s'instaure par la suite, à partir des années trente, dans le récit circonstancié de Christian Delporte, la reconnaissance professionnelle des journalistes et leur statut de salariés. Diverses dispositions favorables aux journalistes sont acquises par des accords collectifs avec les patrons de presse, dispositions qui structurent progressivement leur statut salarial : droit au repos compensateur, caisses de retraites, hausse des salaires, droit à l'abattement fiscal de 30 %, au demi-tarif dans les trains.

    Mais face à l'intransigeance patronale, c'est la loi du 29 mars 1935 qui cristallisera ces acquis et les complètera dans un véritable statut de la profession : « Le statut est un immense bond en avant, et les journalistes, longtemps oubliés par le droit social, bénéficient désormais d'avantages exemplaires au regard de la société française » [6].

    Ainsi est créée la Commission de la carte de presse qui désigne les journalistes professionnels ; la clause de conscience est reconnue ; les congés payés annuels passent à un mois (en 1936, les autres travailleurs n'obtiendront que deux semaines !) et en 1937, une première convention collective est signée. C'est l'heure de gloire du SNJ : « En mars 1938, les vingt ans du syndicat sont fêtés en grande pompe au pavillon Dauphine du bois de Boulogne, en présence du président Albert Lebrun » [7]. En 1949, le statut est accordé aux journalistes de la radio et de la télévision, mais il faudra attendre 1974 pour qu'il soit accordé aux pigistes.

    Un SNJ indépendant

    La question de l'indépendance est constante dans l'histoire du SNJ. Dès le début se pose la question des rapports avec la CGT et son syndicat du livre, dont certains membres du SNJ envient l'efficacité dans les négociations. L'adhésion du SNJ à la CGT est même mise aux voix à plusieurs reprises au cours de son histoire, et à chaque fois repoussée, souvent de peu. En 1937, en plein Front populaire, les membres du SNJ favorables à l'adhésion, bien que minoritaires, fondent le SNJ-CGT (tout en restant au SNJ qui acceptait la double appartenance). À la fin de la guerre (1944), Eugène Morel, figure historique du SNJ, reconstitue le SNJ-CGT qui est rejoint en 1946 par les membres du SNJ d'avant-guerre. Pas pour longtemps : en 1948, année où la CGT se scinde en CGT et CGT-FO qui reproche à la CGT sa soumission au Parti communiste, le SNJ reprend son indépendance. Bien que majoritaire dans la profession, le SNJ, conscient, selon Christian Delporte, d'être de trop peu de poids pour les grandes négociations, se rapproche alors d'autres syndicats indépendants qui formeront d'abord un groupement, le G10, puis, avec les divers syndicats Sud (issus, quant à eux, d'une scission de la Cfdt), l'Union syndicale solidaires, dont le SNJ fait toujours partie.

    Quelques enjeux sensibles

    100 ans de journalisme est aussi l'occasion pour l'historien de se focaliser sur certains enjeux au cours desquels le SNJ est intervenu avec vigueur pour défendre les intérêts des journalistes. Par exemple celui des « relations entre les reporters et la police » :

    Les tensions sont particulièrement vives au moment des manifestations violentes des ligues, au début des années 1930. Les journalistes envoyés sur le terrain sont régulièrement bousculés par les forces de l'ordre. Lors de l'émeute du 6 février 1934, plusieurs photographes, cinéastes, reporters sont victimes de violences policières : l'un deux, Jean Vertex, gravement blessé, perd un œil. Le SNJ s'indigne, exige réparation et, symboliquement, crée fin 1934 un « prix Vertex » pour les journalistes victimes dans leur travail de la violence des forces de l'ordre. (pp. 39-40)

    Une photographie – éloquente – de 1980 vient illustrer la récurrence de ce phénomène :

    Le 11 juin, les journalistes décident de marquer leur indignation [contre les violences policières à leur encontre - ndlr] de manière spectaculaire. Dans la cour de l'Elysée, 52 photographes forment une double haie à la sortie du conseil des ministres. Bras croisés, ils ont symboliquement déposé leurs appareils au sol. (pp. 103-104)

    Christian Delporte revient également sur certains moments conflictuels, comme en mai 1968, où de nombreux journalistes de l'ORTF font grève… et sont l'objet de représailles : « 31 journalistes de l'actualité télévisée et 22 de leurs confrères de l'actualité parlée sont licenciés. Plusieurs journalistes sont mis en “congé spécial” ou à la retraite. Une trentaine de pigistes sont interdits de séjour à l'ORTF » [8].

    Sont aussi évoqués : la concentration des médias, la réforme de l'audiovisuel public, le secret des sources, et bien d'autres sujets, comme, par exemple, celui de la déontologie :

    Les dérives du journalisme embarqué que révèle la première guerre du Golfe (1990-1991), la cascade des « dérapages » qui suivent et portent atteinte à l'image de la profession (de la fausse interview de Castro à la couverture des violences à Vaulx-en-Velin) confortent le syndicat dans sa volonté de consolider les règles collectives. […] Lors de son congrès de mars 2011, [le SNJ] adopte une version actualisée de la charte de 1918, déjà révisée en 1938. Le syndicat étoffe le texte, ajoutant notamment un long préambule de principes généraux, où il est notamment souligné que « la sécurité matérielle et morale est la base de l'indépendance du journaliste ».

    Et Christian Delporte d'ajouter : « Ainsi, à l'avant-dernier article qui mentionnait qu'un “journaliste digne de ce nom […] garde le secret professionnel”, le SNJ ajoute : “Et protège les sources de ses informations” ; un enjeu particulièrement sensible aujourd'hui. » [9]

    Maxime Friot et Jean Pérès


    [1] Directeur de la revue Le temps des médias, Christian Delporte a notamment co-écrit avec Fabrice d'Almeida Histoire des médias en France, de la grande guerre à nos jours publié par Flammarion en 2010.

    [2] Format 32 × 24, 160 pages, 29 euros.

    [3] La grande majorité des journaux avaient accompagné avec zèle la propagande de guerre et la censure.

    [4] p. 20.

    [5] p. 28.

    [6] p. 54.

    [7] p. 59.

    [8] p. 95.

    [9] pp. 141-142.

  • Tiangong-1 : la station spatiale chinoise s'est désintégrée au-dessus du Pacifique sud

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/c/c/d/ccd2c7b05a_96322_atv-rentreeatmospherique-esa.jpg
    4 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — Astronautique, Tiangong, Utilisation de l'espace, module orbital, station spatiale chinoise, rentrée atmosphérique destructive, surveillance de l'espace, Tiangong-1, chute de Tiangong-1, désorbitation de Tiangong-1, désorbitation de l'ISS
    Fin de cavale pour Tiangong-1. La station spatiale chinoise a fait sa rentrée atmosphérique dans la nuit du premier au 2 avril, près du centre de l'océan Pacifique, non loin du « point de Némo » et s'est probablement désintégrée. Le « Palais céleste » est un des 6.000 (...)
  • Notre cerveau est-il un ordinateur quantique ?

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    4 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — physique, mécanique quantique, cerveau, Penrose, conscience, Anirban Bandyopadhyay, Stuart Hameroff, ordinateur quantique, cohérence quantique, Schrödinger, linde, gravitation quantique, espace-temps, neurone, cytosquelette, microtubule, réduction du vecteur d'état, réduction de la fonction d'onde, biologie quantique, réduction objective orchestrée, qubit, Matthew Fisher, spin nucléaire, phosphore, lithium, quantum brain, Heising-Simons
    On spécule depuis des décennies sur le rôle de la mécanique quantique dans les rapports entre l'esprit et la matière. Bien loin des balivernes sur le sujet du New Age ou des soi-disant thérapies quantiques, des chercheurs commencent à proposer des expériences qui permettraient, peut-être, (...)
  • Science décalée : des fourmis new-yorkaises victimes de la malbouffe

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    4 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — zoologie, insecte, fourmi, malbouffe, ville, déchets, alimentation, écosystème, Manhattan
    Une étude sur des fourmis de Manhattan montre que certaines espèces, mais pas toutes, ont adopté l'alimentation humaine, avec ses travers. Zoom sur ces insectes qui ont pris goût à la malbouffe.
  • Un lézard à quatre yeux vieux de 49 millions d'années

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    4 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — reptile, œil, lézard, troisième oeil, épiphyse, glande pinéale, yeux, oeil, organe parapinéal, lamproie, À la Une
    Des chercheurs américains et allemands décrivent un fossile de varan qui, en plus de ses deux yeux « normaux », possède deux autres yeux sur le haut de la tête. Hormis les lamproies, ces lézards seraient les seuls vertébrés à posséder un quatrième (...)
  • Apple Watch : la montre connectée utilisée pour résoudre un meurtre

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    4 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — smartphone, montre connectée, Apple, Apple Watch, montre apple, Apple Santé, Myrna Nilsson
    La police australienne s'est basée sur les données d'une montre connectée Apple Watch pour montrer qu'une personne victime d'un meurtre aurait été assassinée par sa belle-fille.
  • ExoMars 2020 : les énormes parachutes du rover doivent être testés sur Terre

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    4 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — mars, esa, Exploration robotique, exploration martienne, rover martien, Astronautique, ExoMars, ExoMars 2018, rover
    Il faudra quatre parachutes ouverts successivement pour poser en douceur Exomars 2020. L'un d'eux sera le grand jamais déployé sur la Planète rouge. L'Agence spatiale européenne a commencé à les tester dans l'atmosphère terrestre.
  • Craquements de doigts : le mystère enfin résolu ?

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    4 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — médecine, craquement, doigt, articulation, liquide synovial, arthrose, main, IgNobel, IRM, modèle mathématique
    Des chercheurs s'appuient sur une modélisation mathématique pour conclure que le bruit caractéristique des craquements de doigts est dû à l'éclatement de microbulles. Depuis des décennies, les avis divergent entre ceux qui pensent que le bruit vient de l'apparition de bulles et ceux (...)

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