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Actualités, analyses, réflexions, commentaires

Dernier ajout – vendredi 5 septembre 2014.
actualités, débats, commentaires, prises de position

Dans cette rubrique, on traite, si possible de façon prospective, des problèmes que pose l’actualité politique, culturelle et sociale.

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  • Journalistes interdits à Notre-Dame-des-Landes (SNJ-CGT)

    11 avril — Les médias et les mobilisations sociales, , ,

    Nous reproduisons ci-dessous un communiqué du SNJ-CGT publié le 10 avril sur l'interdiction des journalistes lors de l'intervention policière en cours à Notre Dame-des-Landes.

    Depuis hier matin et comme promis par le gouvernement Macron, 2500 gendarmes sont mobilisés pour évacuer la ZAD (Zone à défendre) de Notre Dame-des-Landes.

    Trois mois après l'abandon du projet d'aéroport, l'opération « musclée, brutale ou violente » selon les zadistes se fait sans présence de journalistes.

    En effet, les médias sont clairement interdits de filmer les affrontements. Selon Cédric Pietralunga, journaliste au Monde, le ministère de l'intérieur invite les journalistes sur place à « ne pas gêner les manœuvres opérées par la Gendarmerie, à rejoindre un espace presse » et ils doivent se contenter des images officielles fournies « gracieusement » par les forces de l'ordre. Selon Antoine Denéchère, journaliste de France Bleu, « la gendarmerie envoyait par mail les vidéos et photos de l'opération en cours ». Le correspondant de France 2 a déclaré qu'il n'avait jamais vu ça en vingt ans de carte de presse…

    Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, qui se félicitait de la conduite des opérations, les affrontements sont pourtant « peu intenses ». Le point presse tenu par les zadistes de NDDL parle lui d'une « émotion vive après cette opération brutale qui met à mal le dialogue qui commençait avec la préfecture, On est extrêmement choqués ».

    Le SNJ-CGT proteste vigoureusement contre cette mise au pas et ce contrôle de l'information visant à éviter la diffusion d'une information indépendante des pouvoirs en place et réclame immédiatement la libre circulation des journalistes dans la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes.

    Montreuil, le 10 avril 2018,
    SNJ-CGT

  • Audi e-tron Vision Gran Turismo : de la PlayStation à la piste

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/7/1/9/7190029eda_123105_a182669-large-01.jpg
    11 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — voiture électrique, voiture, Gran Turismo, supercar électrique, Audi e-tron Vision Gran Turismo, Formule E, PlayStation, Audi
    Audi a créé une version grandeur nature de l'une des supercars vedettes du jeu vidéo Gran Turismo sur PlayStation 4. Ce bolide électrique de plus de 800 chevaux sera exhibé durant les courses de Formule E.
  • Unity, le nouveau SpaceShipTwo de Virgin Galactic, réussit son vol supersonique

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/5/e/d/5ed66aa234_99484_vssunity-dec16-firstvol-virgingalactic.jpg
    11 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — tourisme spatial, Virgin Galactic, SpaceshipTwo, Richard Branson, Crash du SpaceShipTwo, unity
    Dix ans après les premières annonces de Richard Branson promettant des vols touristiques à la frontière de l'espace pour 2009, Virgin Galactic franchit une nouvelle étape vers l'exploitation de commerciale. Lors d'un vol d'essai réalisé le 5 avril, le SpaceShipTwo a atteint une (...)
  • AlterEgo, le casque qui lit dans vos pensées

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/9/9/b/99b6ec62c4_123016_alterego-casque.jpg
    10 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — technologie, AlterEgo MIT, subvocalisation, casque de réalité augmentée, casque de réalité virtuelle, conduction osseuse
    Développé par le MIT, le casque AlterEgo détecte les signaux neuromusculaires qui se produisent lorsqu'une personne veut s'exprimer et parvient à interpréter les mots avec une précision de 92 %.
  • Des aliments moins sucrés grâce à l’orge

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/4/3/8/438c6d4bde_122978_orge-moins-sucre.jpg
    10 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — Nutrition, sucre, sucre dans l'alimentation, stevia, édulcorant, orge, saccharose, maltodextrine, dextrose, cellulose, bêta-glucane, oligosaccharide, Bière, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, pouvoir sucrant, amidon
    Depuis quelques années, la chasse au sucre est ouverte. Les industriels de l'agroalimentaire cherchent comment le remplacer. D'autant que les édulcorants ne font pas tout à fait le poids. Mais les choses pourraient changer grâce à une poudre issue de résidus (...)
  • Google Lunar X Prize : malgré le retrait de Google, la course continue

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/0/6/9/069039bb4d_102304_lune-nikon-600-f4-luc-viatour.jpg
    10 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — Espace, Google Lunar X Prize, lune, atterrissage lunaire, Utilisation de l'espace, rover lunaire, exploration lunaire
    La fondation X Prize annonce la poursuite de son concours, qui prévoit l'arrivée d'un rover sur la Lune, malgré le retrait de Google et de ses 30 millions de dollars de dotation. D'ici quelques mois, elle devrait édicter les nouvelles (...)
  • Le désert du Sahara a grandi de 10 % en un siècle

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/3/e/8/3e8d19b124_123004_sahara-desert.jpg
    10 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — désert, sahara, sahel, savane, pluie, précipitation, lac Tchad, Réchauffement climatique, changement climatique, océan, OAM, AMO
    Une étude de l'université du Maryland montre que le Sahara s'est étendu de 10 % depuis 1920, en partie à cause du changement climatique. D'autres déserts dans le monde pourraient aussi s'étendre, réduisant ainsi les surfaces de terres (...)
  • Massacre à Gaza : contorsions cyniques dans les médias français

    10 avril, par Pauline Perrenot — 2010-... La désinformation continue, , ,

    La « Marche du retour » qui a rassemblé 30 000 Gazaouis à son premier jour, le vendredi 30 mars, a été réprimée dans le sang par l'armée israélienne : ses soldats ont assassiné 22 Palestiniens tandis que les blessés par balles se comptent par milliers. Ce massacre a fait l'objet d'un traitement médiatique qui, quoiqu'abondant, et parfois pertinent, n'en souffre pas moins des travers malheureusement « classiques » dès lors que les médias s'intéressent à la question palestinienne en général, et à la violence de l'État d'Israël en particulier. Si nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, nous revenons ici sur un certain nombre de biais qui s'inscrivent dans une double continuité : celle d'une information internationale de plus en plus bâclée par les médias dominants d'une part [1] et celle, plus spécifique, de la couverture médiatique du conflit opposant les Palestiniens à Israël [2].

    Depuis que nous avons écrit ces lignes, la manifestation du vendredi 6 avril a été réprimée dans le sang : les soldats israéliens ont tué dix Palestiniens et blessé par balles des centaines d'entre eux. Force est de constater que les biais médiatiques identifiés dans cet article sont toujours de mise.

    Le 2 avril sur France Inter, soit trois jours après la répression et le meurtre des manifestants gazaouis, Bernard Guetta déclamait son éditorial géopolitique depuis Paris, confortablement assis dans un studio de la Maison ronde. « L'aveuglement de Monsieur Netanyahou » titrait-il, avant de commencer ainsi : « On peut en dire tout, le reste et son contraire de cette bataille de Gaza dont le bilan s'est élevé, vendredi soir, à seize morts et quelques 1400 blessés, tous Palestiniens ».

    L'entrée en matière laisse d'abord dubitatif quant au fait de pouvoir dire « tout et son contraire » sur les événements d'une part, et de parler d'autre part d'une « bataille de Gaza » quand – et le géopolitologue médiatique le précise lui-même – des « tireurs d'élite » israéliens, couchés sur le haut d'une colline surplombante qui les séparait des manifestants de plus d'une centaine de mètres, ont abattu de sang-froid des Palestiniens désarmés. Ces ambiguïtés laissent toutefois place à un « constat pas contestable » : celui d'une « manifestation très majoritairement pacifique » et d'une « disproportion de la riposte [israélienne] d'autant plus choquante qu'aucun manifestant n'était en passe de franchir la frontière entre la Bande de Gaza et Israël ».

    Là était le « tout ». Mais comme l'avait annoncé Bernard Guetta, « son contraire » est venu ensuite :

    Mais il est également vrai qu'il s'agissait-là de la première journée d'un mouvement conçu pour durer six semaines et que les autorités israéliennes n'avaient ainsi pas de bonne solution [3]. (Sic) Si elles se contentaient de lacrymogènes et de balles en caoutchouc, elles risquaient qu'il y ait beaucoup plus de gens qui s'approchent de la frontière et essayent même de la franchir, il n'y aurait alors pas eu seize morts, mais un bain de sang d'une tout autre ampleur qui pouvait embraser la Palestine et placer Israël dans une position diplomatique encore bien plus difficile que celle qu'il affronte aujourd'hui.

    Une sorte d'action humanitaire avec comme premier objectif de sauver des vies en somme ? Et de poursuivre :

    Le gouvernement israélien a, en un mot, tenté de tuer dans l'œuf un mouvement de levée en masse des Palestiniens qui, visiblement, l'inquiète. On verra dans les prochains jours s'il y est parvenu ; tout pronostic serait hasardeux, mais la certitude est que le bras de fer de vendredi dit toute l'impasse où en sont Israéliens et Palestiniens.

    Cet éditorial a au moins un mérite : nous éclairer sur le cynisme et le caractère hors-sol du « journalisme géopolitique ». Car sous prétexte de « prendre de la hauteur » en nous révélant les stratégies des uns et des autres en bon porte-voix d'une géopolitique désincarnée, Bernard Guetta néglige toute réalité de terrain et méprise les vies humaines, ramenées à des variables négligeables dans le « grand jeu » que le « grand » journaliste prétend éclairer. Alignant son commentaire sur la communication de l'armée israélienne, le géopolitologue reprend à son compte l'idée que le meurtre de dix-sept manifestants [4] (dont il faut comprendre qu'il ne s'agissait donc pas d'un « bain de sang ») aurait évité un « bain de sang ». Mais il affirme aussitôt que l'objectif de la fusillade était de « tuer dans l'œuf un mouvement de levée en masse des Palestiniens »… Comprenne qui pourra : fusillade humanitaire ou opération d'intimidation politique sanglante [5] ?

    Cette chronique est également révélatrice de l'arrière-plan qui sous-tend les différents comptes rendus ou prises de position journalistiques : l'acceptation et la légitimation de l'ordre colonial tel qu'il est établi depuis des années par Israël – sans que cet ordre ne soit systématiquement rappelé. En s'abstenant de rappeler les raisons (légitimes) qui poussent les Palestiniens à se mobiliser, Bernard Guetta entérine ainsi la colonisation et l'occupation, tout comme il légitime la violence dont elle use systématiquement pour se maintenir en place. On comprend qu'un tel cadrage conduise à déduire que « les Israéliens n'avaient pas de bonne solution ».

    Marianne, d'analyses biaisées en partis-pris cyniques

    À lire « l'analyse » du correspondant à Jérusalem de Marianne, le cynisme de certains « spécialistes » de l'information internationale est une déformation professionnelle. Quatre jours après les événements, Julien Lacorie publie en effet une « analyse » [6] intitulée « Gaza : la poigne de fer israélienne contre la surenchère permanente du Hamas ». Où l'on peut lire dès le chapô :

    Les acteurs du drame de Gaza du vendredi 30 mars se préparent d'ores et déjà à rejouer la scène. Il s'agit pour chaque camp d'aller au bout d'une stratégie sanglante.

    En plus de négliger l'élan populaire ayant poussé des dizaines de milliers de Palestiniens à manifester et de réduire les événements à une pure et simple « stratégie » du Hamas – qualifiée de « surenchère » qui plus est – le journaliste met sur le même plan les « acteurs » de la « Marche du retour », non armés et dont certains furent assassinés, avec « l'autre camp ». Sous la plume du journaliste, les victimes et leurs bourreaux sont ainsi présentés comme les co-responsables d'une « stratégie sanglante ». Or, force est de constater que le bilan a été plus sanglant d'un côté que de l'autre…

    Le titre de l'article et son introduction condensent peut-être à eux seuls un biais récurrent du traitement de la question palestinienne par les grands médias : « l'obsession de la symétrie » au nom d'une « prétendue neutralité ». Dans un article que nous publiions en 2012, déjà, nous l'expliquions en ces termes :

    Le premier de ces biais est celui de l'injonction permanente à un traitement « équilibré » du conflit […] Or la situation ne s'y prête pas, pour la bonne et simple raison que l'État d'Israël et les Palestiniens ne sont pas dans une situation équivalente. S'il existe bien un « conflit » opposant deux « parties », nul ne doit oublier que ses acteurs sont, d'une part, un État indépendant et souverain, reconnu internationalement, doté d'institutions stables, d'une armée moderne et suréquipée et, de l'autre, un peuple vivant sous occupation et/ou en exil, sans souveraineté et sans institutions réellement stables et autonomes. Adopter une démarche qui se veut équilibrée conduit donc nécessairement à occulter certains aspects de la réalité, tout simplement parce qu'ils n'ont pas d'équivalent dans l'autre « camp ». […] Il s'agit de montrer que la souffrance des uns ne va pas sans la souffrance des autres, et que les moments de tension ou d'apaisement sont liés à des décisions ponctuelles prises par l'un ou l'autre des deux « camps », ou par les deux conjointement.

    À ce travers, qui irrigue le reste de l'article, s'ajoute comme précédemment un biais « géopolitique » : un prisme qui conduit Julien Lacorie à regarder les événements uniquement « par le haut », loin de toute enquête de terrain à laquelle pourrait pourtant prétendre un journaliste sur place, même basé à Jérusalem… Ces biais dépolitisent la question palestinienne et se doublent d'un ton particulièrement complaisant et cynique du journaliste :

    Israéliens et Palestiniens prennent un malin et cruel plaisir à confirmer les pires scénarios (sic). Ils l'ont une nouvelle fois prouvé vendredi 30 mars lorsque des dizaines de milliers de manifestants chauffés à blanc par les islamistes du Hamas ont marché vers la frontière entre la bande de Gaza et Israël. La centaine de tireurs d'élite israéliens qui les attendaient de pied ferme bien décidés à ne pas les laisser s'infiltrer, ont fait un « carton » (re-sic). Bilan : 18 morts et des centaines de blessés par balles. Plus grave encore ; les acteurs du drame se préparent d'ores et déjà à des remakes sanglants.

    On ne sait si des aspirations cinématographiques animent secrètement le journaliste, mais il aime vraisemblablement mettre la réalité en scène pour en faire des fables édifiantes. Au vu des événements, et malgré les guillemets, les mots et le ton dont use le correspondant de Marianne sont pour le moins inappropriés quand ils ne conduisent pas à la désinformation pure et simple : à moins d'assumer une servilité sans borne à l'égard de la propagande israélienne, nous sommes en effet plus que curieux de connaître quelles bases sourcées permettent au journaliste d'évoquer une menace de masse en sous-entendant que les « dizaines de milliers de manifestants » avaient pour but de « s'infiltrer » en territoire israélien [7]. Mais les informations de terrain ne semblent pas intéresser le journaliste-géopolitologue de Marianne. Après nous avoir expliqué combien les événements étaient un « succès » pour le Hamas car « Israël s'est de nouveau retrouvé en position d'accusé dans le monde, à la seule exception de Donald Trump », le journaliste conclut en citant une mesure à même de « désenclaver la bande de Gaza » selon lui :

    Seul Israël Katz, le ministre des Transports et chargé des services de renseignements, a osé présenter une initiative un tant soit peu originale en proposant de créer une île artificielle à 5 km des côtes de Gaza qui pourrait abriter un port, un aéroport, des centrales électriques et de dessalement de l'eau de mer, le tout sous contrôle de sécurité israélien.

    « Original » en effet…

    Les assassinats ? Une « réplique » !

    L'acceptation de fait de la colonisation et la banalisation des violences ont également conduit de nombreux médias à présenter les tirs israéliens comme des « répliques » – soit une quasi légitime défense, d'autant plus « naturelle », pour certains, que l'armée israélienne « avait prévenu », rendant le massacre « inéluctable ». Plus ou moins marqué selon les articles de presse ou reportages, ce bruit médiatique n'en reste pas moins omniprésent.

    Au 20h de France 2, le soir du 30 mars, l'« obsession de la symétrie », au mépris non seulement des rapports de forces, mais des faits eux-mêmes est poussée à l'extrême dès le titre du sujet : « Israël-Gaza : affrontements meurtriers ».

    La présentation du correspondant à Jérusalem est à l'avenant :

    Un bilan lourd qui pourrait même s'alourdir encore un peu plus dans les heures qui viennent puisque l'armée israélienne vient d'annoncer avoir bombardé trois cibles à Gaza en réponse à une incursion d'hommes armés sur son territoire. Auparavant, plus de trente mille Palestiniens s'étaient massés le long de la frontière avec l'État hébreu pour dénoncer la politique israélienne. L'armée israélienne au cours de cette semaine avait tout fait pour dissuader les Palestiniens de se rendre à cette manifestation […] L'armée avait notamment bombardé euh… déployé, lâché des tracts sur l'enclave palestinienne et également annoncé le déploiement de tireurs d'élite pour faire face à ces manifestants mais les affrontements ont tout de même éclaté en début d'après-midi.

    À nouveau, le message – toujours selon le même schéma de cause à effet – est le suivant : les Palestiniens se sont entêtés et n'ont pas écouté les recommandations qui leur ont pourtant été faites. Ça ne pouvait donc se passer que de la sorte. Autrement dit : n'ayant pas respecté les interdictions israéliennes de se rassembler sur leur propre territoire, les manifestants palestiniens tués ou blessés par balles sont responsables (coupables ?) de leur sort… Remarquable respect du droit à manifester et du droit à l'autodétermination des peuples.

    Parce qu'elles endossent plus ou moins consciemment les « règles » israéliennes, de telles présentations n'ont en réalité rien de « neutres » ou d'« équilibrées » malgré leur prétention. Elles le sont d'autant moins quand elles s'accompagnent d'éléments de contexte qui, sous couvert d'éclairer la situation, sont interprétés par les journalistes comme autant de motifs venant disqualifier toute mobilisation du côté des Palestiniens, quand ils n'amènent pas à se dire que ces derniers « l'auraient quand même un peu cherché »… Ainsi de deux questions de Raphaël Kahane, relevées lors d'un débat que le journaliste animait sur France 24 le 3 avril :

    - Connaissant là encore le dispositif qui avait été déployé par Israël, est-ce que cela n'aurait pas dû dissuader les mouvements, y compris de la société civile gazaouie, d'envoyer ou de laisser disons, d'encourager des dizaines de milliers de personnes notamment beaucoup de femmes et d'enfants de se rendre sur ce qui allait devenir une ligne de front ?

    - Cette manifestation qui doit se poursuivre jusqu'au 15 mai c'est-à-dire le jour de la Nakba [...] C'est aussi le moment, la mi-mai, où doit avoir lieu le début du transfert de l'ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem : est-ce que là on n'a pas une symbolique qui est particulièrement risquée en terme de dates ? On a pris un risque en choisissant de manifester à ces dates-là ?

    On notera que ce journaliste du service public audiovisuel français ratifie, normalise et finalement légitime les menaces sanglantes des autorités israéliennes, qui auraient dû « dissuader » les Palestiniens de se mobiliser, mais ne demande jamais ce qui pourrait « dissuader » l'armée israélienne de tirer sur des manifestants pacifiques, et encore moins si le respect du droit international, y compris la levée du blocus de Gaza, ne pourraient pas contribuer à « dissuader » les Palestiniens de manifester.

    De « tensions » en « affrontements »

    Autre tare récurrente dès qu'il s'agit du conflit opposant les Palestiniens à Israël : présenter ce qui relève de massacre comme des « affrontements » voire de simples « tensions » contribue à invisibiliser les rapports de force en minimisant les violences d'une part et en considérant, de l'autre, que les deux « camps » seraient à égalité. Ce vocabulaire culmine dans l'invisibilisation même de l'intervention meurtrière des militaires israéliens : « les affrontement ont causé la mort d'au moins douze personnes », « affrontements et face-à-face meurtriers » ou encore « la manifestation a fait 16 morts ».

    Particulièrement ravageuses en titraille – mais pas seulement – de telles formulations témoignent au moins autant d'un réflexe journalistique résultant d'un travail « à la va-vite » et d'une profonde méconnaissance du sujet que du peu de considération que vouent les journalistes à un territoire situé loin de l'hexagone... En d'autres termes, au moment de déplorer des morts – cérémonie que les médias savent jouer en grande pompe et des heures d'antenne durant – tous ne se valent pas.

    Florilège :

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    Europe 1 (2 avril)

    Le « syndrome de Tom et Jerry »

    Tom et Jerry, célèbres personnages de dessins animés, sont en conflit permanent. Ils se courent après, se donnent des coups, construisent des pièges, se tirent parfois dessus et, quand ils semblent se réconcilier, sont en réalité en train d'élaborer de nouveaux subterfuges pour faire souffrir l'adversaire. Le spectateur rit de bon cœur, mais il reste dans l'ignorance : il ne sait pas pourquoi ces deux-là se détestent, on ne lui a jamais expliqué pourquoi Tom et Jerry ne peuvent pas parvenir à une trêve durable, voire une paix définitive. La comparaison a ses limites, mais il n'est sans doute pas exagéré de considérer que les grands médias, notamment audiovisuels, nous offrent souvent, lorsqu'il s'agit du Proche-Orient, une information digne de Tom et Jerry : « le cycle de la violence a repris » ; « la trêve a été brisée » ; « la tension monte d'un cran » ; « les deux parties haussent le ton » ; etc.

    Ce syndrome, nous le diagnostiquions déjà dans la plupart des grands médias en 2012. Nous ajoutions alors que sont toujours privilégiés « les événements spectaculaires et les causalités immédiates […] au détriment de l'exposé et de l'analyse des causes profondes et des tendances sur la longue durée. Le pseudo-équilibre et la course à l'événement vont peut-être offrir au public les moyens de s'émouvoir, mais absolument pas de comprendre. »

    Vendredi dernier, on peut dire que les grands médias français ont redécouvert Gaza et le conflit. Un massacre : voilà ce qu'il faut aux grandes rédactions pour daigner traiter l'actualité de la région [10]. Hormis une minorité de correspondants documentant régulièrement la vie sur place, on peut dire que les territoires palestiniens, au même titre que bien d'autres régions du monde, sont enfermés dans les oubliettes des rédactions. Et quand un événement semble digne d'attirer l'attention médiatique, il subit les travers d'une couverture bâclée, symptomatique d'une information internationale aux abois.

    Et comme la situation sur place ne bénéficie d'aucun suivi régulier, comment s'étonner que, dès lors que survient un « événement », la plupart des médias en soient réduits à le traiter sous forme de brève, à « bâtonner » des dépêches AFP et, ne disposant d'aucune source du côté palestinien (et encore moins dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas), à reprendre sans précaution les « éléments de langage » proposés par la puissante propagande israélienne.

    À cet égard, la dépêche AFP datée du 3 avril est symptomatique. On y apprend « [qu']un Palestinien a été tué mardi [3 avril, NDLR] par des tirs de soldats israéliens à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, où 17 autres ont été tués depuis vendredi ». Près d'un tiers de cette dépêche se résume à citer l'armée israélienne parlant d'« émeutes », prévenant les manifestants qu'ils « mettaient leur vie en danger », justifiant ses tirs du vendredi parce que « des suspects endommageaient la barrière de sécurité ». Le ministère de la Santé à Gaza n'est cité que lorsqu'il s'agit de comptabiliser les morts palestiniens. En d'autres termes, le peu de « fond » peut être laissé à l'armée israélienne et la « forme », aux Palestiniens. Du contexte, on n'apprendra en quatre mots ce que réclame la « Marche du retour », en trois que l'ambassade états-unienne va bientôt se déplacer à Jérusalem et en deux que la vie à Gaza est dure :

    La désespérance dans la bande de Gaza, éprouvée par les guerres, la réclusion, la pauvreté et les pénuries, ajoute à la volatilité ambiante.

    Il n'en fallait visiblement guère plus à L'Express, au Parisien, au Figaro et à Capital entre autres pour publier une brève sans rien y ajouter, à quelques nuances près.

    Des brèves qui en disent peu aux lecteurs, et long sur la précipitation des rédactions à courir derrière l'information sans chercher à l'étayer et à l'étoffer davantage. Samedi 31 mars, au lendemain du massacre, les lecteurs du Parisien auront par exemple appris brièvement que la veille, à Gaza, « un face-à-face tendu […] a dégénéré en affrontement ». L'information (ou ce qu'il en reste) étant reléguée en page 6, dans une petite colonne où la brève qui suivait s'intitulait « Qui s'est fait passer pour Brigitte Macron ? ».

    Dans un court reportage se voulant « récapitualtif » intitulé « 16 Palestiniens tués : ce qu'il s'est passé lors d'affrontements à Gaza », BFM-TV s'illustre quant à elle par sa capacité à délivrer des informations de qualité. Le téléspectateur chanceux a eu droit, en effet, à une mise en perspective replaçant l'événement dans des tendances de longue durée :

    Pour rappel, Israël et le Hamas se sont livrés trois guerres dans l'enclave palestinienne depuis 2008, et observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu.

    En résumé donc : deux lignes, « pour rappel », qui permettent au téléspectateur d'avoir un regard fort éclairé sur la situation… Deux lignes d'une platitude sans nom, qui ne disent rien, ou plutôt tout de la mal-information sur la situation dans les territoires palestiniens.

    Mais le temps pressait : Macron revenait sans doute d'un énième et coquet voyage au Taj Mahal ou faisait une déclaration depuis le Touquet : pour cela oui, BFM peut passer l'antenne en « édition spéciale » ou donner « la priorité au direct »…

    Pauline Perrenot

    ***

    Post-scriptum : à propos des victimes palestiniennes du vendredi 6 avril et du journaliste Yasser Mourtaja.

    Depuis que nous avons écrit ces lignes, et comme nous le rappelions en introduction à cet article, la manifestation du vendredi 6 avril a été réprimée dans le sang : les soldats israéliens ont assassiné dix Palestiniens et blessé par balles des centaines d'entre eux. Le samedi 7 avril, les médias français ont en particulier relayé, suite à une dépêche AFP, la mort de Yasser Mourtaja, journaliste tué par les soldats israéliens pendant qu'il couvrait la manifestation. Il travaillait pour l'agence Ain Media de Gaza. Nous noterons que dans un premier temps, cette dépêche a été relayée par de nombreux médias à l'instar d'Europe 1 sans plus de commentaire quant à l'assassinat d'un confrère dans l'exercice de son travail.

    Si condamnation il y a eu, elle a été faite uniquement « par procuration » chez un bon nombre de médias français, par le relai du communiqué de Reporters sans frontières qui rapportait de nombreux autres journalistes blessés au cours des manifestations, appelait à une enquête indépendante et condamnait « les auteurs de ce crime contre la liberté de la presse ».

    Nous reproduisons d'ailleurs ci-dessous un communiqué intersyndical paru le 9 avril (SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes) :

    Gaza : un journaliste palestinien tué de sang-froid, la liberté de la presse visée au cœur

    Notre confrère palestinien Yasser Mourtaja figure parmi les neuf Palestiniens tués vendredi à Gaza par les tirs à balle réelle de l'armée israélienne lors de la manifestation près de la barrière de sécurité. Yasser Mourtaja, un photographe âgé de 30 ans travaillant pour une société de production gazaouie, Ain Média, portait pourtant, au vu et au su de tous, un gilet « press ». Il a été atteint de plein fouet à l'abdomen. Il est décédé de ses blessures après avoir été hospitalisé.

    Bien que l'armée israélienne soutienne dans un communiqué « ne pas viser intentionnellement les journalistes », la question reste posée : s'agit-il d'un tir délibéré visant les journalistes pour faire barrage à l'information de terrain ? Pour y répondre, les syndicats de journalistes français réclament l'ouverture d'une enquête indépendante sur les circonstances de la mort de notre confrère Yasser.

    Ces neuf morts vendredi font suite aux tirs de la semaine dernière qui avaient fait 19 tués civils palestiniens et des centaines de blessés. Un des bilans les plus meurtriers dans l'enclave depuis la guerre de 2014.

    Les syndicats français de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, membres de la Fédération internationale des journalistes (600 000 adhérents dans le monde), affirment leur solidarité avec leurs confrères palestiniens et leur syndicat. Ils leur adressent leurs condoléances émues après ce nouvel acte de répression des forces israéliennes.

    Devant cette incessante vague de répression contre nos confrères, ils adressent aujourd'hui une lettre ouverte de protestation à l'ambassadrice d'Israël en France Mme Aliza Bin-Noun.

    Madame l'ambassadrice,

    Nous nous adressons à vous pour dénoncer un crime de sang-froid perpétré contre notre confrère palestinien Yasser Mourtaja tué par les tirs des snippers de votre armée alors qu'il portait un dossard PRESS bien visible. Ce jeune photographe couvrait la manifestation pacifique de vendredi à Gaza où 8 autres civils ont été tués.

    Avec la Fédération internationale, nous dénonçons une fois encore les violences perpétrées par les autorités israéliennes contre les civils et journalistes palestiniens.

    Nous vous demandons de transmettre à votre gouvernement nos protestations et qu'une enquête soit menée sur les circonstances de la mort de Yasser.

    Nous exigeons que cesse l'impunité pour les auteurs de ces tirs meurtriers contre des journalistes et les victimes civiles.

    Veuillez agréer, Madame l'Ambassadrice, nos salutations syndicales

    Paris, le 9 avril 2018

    SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes


    [1] Lire à ce sujet le Médiacritique(s) n°18 consacré à l'information internationale et disponible en .pdf.

    [2] Une couverture dont les biais ont largement été documentés par notre association depuis plus de quinze ans.

    [3] Nous soulignons, comme tous les passages en gras des citations.

    [4] Au moment où Bernard Guetta s'exprime.

    [5] « Terrorisme d'État » diraient certains…

    [6] Nous avons consulté l'article sur le site de Marianne.

    [7] Un degré de déformation des faits d'autant plus prononcé que la plupart des médias – dont celui pour lequel écrit Julien Lacorie – ont relayé des informations, dont celles d'Amnesty International donnant une toute autre image de la situation : « Si certains manifestants palestiniens ont lancé des pierres et d'autres objets vers la clôture, il est difficile de croire que cela ait pu constituer un danger imminent pour la vie de soldats bien équipés, protégés par des snipers, des tanks et des drones. » Le journal israélien Haaretz écrit quant à lui qu'une « large majorité des 30 000 manifestants palestiniens étaient regroupés en famille et sont restés à 500 mètres environ de la clôture » avant de reprendre : « Durant les premières heures des affrontements, alors que l'armée évaluait la situation, il était évident qu'il n'allait pas y avoir de rassemblements massifs au niveau de la barrière frontalière. » (Nous traduisons).

    [8] Titre repris d'une dépêche AFP sur Europe 1, Arte, L'Union notamment.

    [9] Titre repris sur les sites de BFM-TV, Europe 1, Le Parisien, La Provence, et 20Minutes notamment, à partir d'une dépêche AFP.

    [10] Lire à ce sujet l'article « Un petit monde » d'Hélène Servel paru dans le Manière de voir n° 157, hors-série du Monde diplomatique. On peut y lire notamment que malgré la présence d'une « vingtaine de représentants des médias français […] la question palestinienne semble lasser les rédactions de l'Hexagone. » Et l'auteure d'ajouter, témoignages de journalistes à l'appui, que ces rédactions sont « de plus en plus réservées vis-à-vis d'une situation qu'elles jugent trop figée »

  • Les candidatures à la présidence de Radio France : casting tragique au CSA

    10 avril, par Basile Mathieu, Denis Souchon — En direct de Radio France,

    Le 15 janvier 2018, le président de Radio France, l'ancien président de l'Institut national de l'audiovisuel Mathieu Gallet était condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende, pour avoir commandé 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics lorsqu'il présidait l'INA. Suite à cette condamnation, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) décidait le 31 janvier de retirer à Mathieu Gallet son mandat de président de Radio France et lançait le 14 février la « procédure de nomination » du nouveau président du groupe radiophonique public.

    Le 21 mars le CSA déclarait recevables les candidatures de Jérôme Batout, Bruno Delport, François Desnoyers, Guillaume Klossa, Christophe Tardieu, Sibyle Veil, et mettait en ligne les « projets stratégiques » des impétrants [1] Avant de revenir dans un prochain article sur les programmes de ces six prétendants à la présidence du groupe radiophonique public, nous nous penchons ici sur leurs parcours. À noter que les auditions des différents candidats débutent ce jour [2].

    Aussi divers soient-ils, ces parcours illustrent des caractéristiques et des dispositions communes aux milieux dirigeants du public comme du privé : leur familiarité et leur connivence avec plusieurs cercles de pouvoir, administratif et politique, économique et médiatique, intellectuel et caritatif. Adeptes des techniques de néomanagement public [3], imbibés de logiques libérales incorporées dans les grandes écoles, les cabinets ministériels ou les états-majors d'entreprises publiques qu'ils ont fréquentés, rompus aux principes et aux supposées vertus de la gestion privée qu'ils ont pratiquée directement dans des multinationales ou importée dans leur administration, ces six candidats présentent des profils dont on peine à voir en quoi ils sauraient incarner et porter le service public radiophonique. En d'autres termes, six profils inquiétants pour l'avenir de Radio France que nous avons répartis dans trois catégories : les grands commis de l'État, les francs-tireurs et les médiacrates.

    Les grands commis de l'État

    Ils appartiennent aux deux grands corps d'État les plus prestigieux et influents (Conseil d'État et Inspection générale des finances) – même si seule la première en a suivi le cursus honorum –, ils ont effectué toute leur carrière dans la sphère publique, mais n'en sont pas moins très politisés, avec notamment des passages remarqués dans les cabinets ministériels de droite.

    "-" Sibyle Veil, la dégraisseuse d'État – Le CV de cette prétendante peut se lire comme une notice nécrologique anticipée tant elle a accumulé de titres et de positions qui font d'elle une éminente représentante de la noblesse d'État. Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 1999, elle obtient un DEA de Politiques européennes à Paris III en 2000 avant d'intégrer en 2002 l'École nationale d'administration (ENA – Promotion Léopold Sédar Senghor) dont elle sortira en 2004 pour rejoindre le Conseil d'État.

    Entre 2007 et 2010, elle officie au cabinet du président de la République, Nicolas Sarkozy, qu'elle conseille en matière de travail, de santé, de logement et sur les autres sujets sociaux. En 2010, elle rejoint l'Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) en tant que directrice du « Pilotage de la transformation », poste qu'elle quittera en 2015 pour devenir directrice déléguée, en charge des opérations et des finances, de Radio France. Parallèlement, elle a enseigné au CNAM (sur la conduite du changement en établissement hospitalier), à l'ENA et à l'Institut d'études politiques de Paris.

    Ses activités caritatives montrent également sa grandeur d'âme, qu'elle ne manque pas de signaler sur son CV public qui mentionne « les causes qui importent à Sibyle : Aide humanitaire et secours en cas de catastrophes, Lutte contre la pauvreté, Services sociaux. »

    Il n'est pas sans importance de savoir qu'elle a eu comme condisciples à l'ENA son mari (Sébastien Veil, qui a eu « deux grands-pères énarques et une grand-mère ministre à plusieurs reprises » et qui, comme elle, fut conseiller d'un président de la République nommé Nicolas Sarkozy) et Emmanuel Macron, qui assista à son mariage.

    Il n'est pas anodin de noter enfin que ses œuvres à l'AP-HP [4] – dont elle se targue dans son CV dans le patois managérial le plus décomplexé – sont celles d'un patron de combat qui n'ont rien à voir avec les missions et l'esprit du service public : « Gestion des flux et optimisation des capacités » ; « expérimentation et déploiement d'une démarche de Lean Six Sigma dans les blocs opératoires, IRM, scanners, plateaux de consultations, urgences, services facturiers et dans la gestion des séjours des patients » ; « professionnalisation de la gestion des flux (planification des activités, mise sous contrôle des durées de séjour, outils informatiques de suivi, nouveaux métiers, etc.) » ; « programme d'amélioration des recettes » ; « optimisation de la facturation benchmark étrangers » ; « “project management office” ; tableaux de bord ; reporting ».

    En 1997 un ministre de l'éducation « socialiste » à la finesse de jugement légendaire, Claude Allègre, déclarait à propos des effectifs de l'éducation nationale : « Il faut dégraisser le mammouth ». Vingt ans plus tard, Sibyle Veil se présente comme une spécialiste du « lean management », expression qui est la traduction anglaise et euphémisée du propos de Claude Allègre [5]. Si la favorite des pronostiqueurs est finalement choisie par le CSA, les personnels de Radio France sauront à quoi s'en tenir…

    "-" Christophe Tardieu – La « carrière » de ce diplômé en droit devenu inspecteur des douanes débute réellement lorsqu'en 2000, il est intégré à l'Inspection générale des finances, véritable marchepied vers les plus hautes fonctions de l'État. Recruté en 2004 comme administrateur général de l'Établissement public du musée et du domaine national de Versailles par sa présidente, Christine Albanel, il accompagne cette dernière lorsqu'elle est nommée ministre de la culture par Nicolas Sarkozy en 2007, en devenant son directeur-adjoint de cabinet. Il s'y fera remarquer en 2009 en provoquant, par une manoeuvre déloyale, le licenciement d'un salarié de TF1 [6], ce qui obligera la ministre à le suspendre de ses fonctions pendant un mois. Un regrettable accroc qui ne l'empêchera pas, après le départ de la ministre et son retour dans son corps d'origine, d'être nommé président du conseil d'administration du Centre national de la danse en juillet 2009, puis de devenir en septembre 2010 directeur adjoint de l'Opéra. Actuellement membre du conseil d'administration de la Cinémathèque française, il est depuis septembre 2014 directeur général délégué du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).

    Un bien beau parcours au sein des plus prestigieux établissements culturels français, au cours duquel, malheureusement, Christophe Tardieu n'a pas toujours trouvé son compte : selon le compte-rendu que donnait Libération de son ouvrage paru en 2010, « Le surintendant de Versailles. Grande et petites histoires d'un château mythique », Tardieu serait « l'avocat d'une modernisation des institutions culturelles, qu'il confierait plutôt à des gestionnaires qu'aux historiens de l'art ». Un diagnostic et une « stratégie » qui ne brillent pas par leur originalité, mais qui en disent long sur la conception du service public de leur auteur. Alors que, de surcroît, le candidat Tardieu n'a aucune expérience dans le domaine des médias et du journalisme, on n'ose imaginer ce que ce genre d'impérialisme technocratique donnerait à la présidence de Radio France…

    Les francs-tireurs

    Leur CV est une œuvre d'art qu'ils enrichissent à chaque nouvelle opportunité ; à eux deux, ils ont fait le tour de tous les secteurs d'activité qui font rêver les jeunes ambitieux : essayisme à prétention intellectuelle, journalisme, communication, publicité, humanitaire, management de multinationale, conseiller ministériel, etc. Sous des dehors atypiques, leurs parcours brillent par un grand conformisme intellectuel, forgé dans les écoles d'élite et auprès de grands patrons ou de dirigeants politiques (libéraux).

    "-" Guillaume Klossa, un ancien de McDonald's qui ose tout [7] – Cet ancien élève de Sciences Po [8] et d'HEC de 45 ans navigue entre business, « journalisme » au service de Bolloré, politique et bureaucratie européenne :
    - 1999-2003 : directeur du développement du pôle-conseil, puis directeur Business Europe du groupe Bureau Veritas
    - 2004 : éditorialiste au quotidien gratuit Métro
    - 2004-2007 : journaliste dans le groupe Vivendi (en étant notamment rédacteur et co-présentateur de l'émission « Face à Alain Minc »)
    - 2007-2008 : conseiller du secrétaire d'État aux affaires européennes Jean-Pierre Jouyet (gouvernement Fillon)
    - 2009-2010 : conseiller du Groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe (Conseil européen).
    - 2010-2012 : membre du Comité exécutif et Vice-président de McDonald's France en charge de la gouvernance, de la communication, des affaires publiques et du développement durable.
    - depuis 2013 : Directeur chargé des Affaires publiques et de la Communication de l'Union européenne de radio-télévision (UER), le « machin » qui organise le « concours Eurovision de la chanson »...

    Par ailleurs, Guillaume Klossa est le fondateur en 2003 du think tank pro-européen Europa Nova et a écrit deux livres à la gloire de l'Europe telle que la rêvent les dominants.

    S'il est vrai que la présidence de Radio France parachèverait en beauté ce CV en forme d'inventaire à la Prévert, il est à craindre que le poste ne soit pas à la hauteur des ambitions planétaires et des prétentions sans limite de Guillaume Klossa… Voilà en effet comment le candidat parle de lui-même dans son « projet stratégique » mis en ligne par le CSA :


    - Voilà plus d'une décennie que Radio France croise mon chemin professionnel. Radio France a accompagné des événements que j'ai pu organiser avec EuropaNova, le laboratoire d'idées que j'ai présidé
    - Ma capacité de vision et de fédération, ma créativité, mes expériences, mes compétences et les savoir-faire que j'ai pu développer
    - J'ai également initié le « MediaRoad », un écosystème d'innovation continental reposant sur un partenariat public-privé ouvert au monde de la recherche et des entreprises innovantes et favorisant le développement d'une culture d'anticipation dans les médias publics et les économies d'échelle en matière de recherche et développement
    - Mon expérience de l'État.
    - Mon expérience des médias radiotélévisés tant français qu'européens.
    - Mon expérience de dirigeant de grandes entreprises, ma sensibilité d'ancien journaliste et de président fondateur d'un centre de réflexion
    - Ayant travaillé au sein d'un des leaders mondiaux de la conformité et de la certification

    Alors, Radio France ? Prochain fast-food de l'information ?

    "-" Jérôme Batout – Diplômé de la London School of Economics et de Sciences Po Paris, Jérôme Batout est également docteur en philosophie de l'École des hautes études en sciences sociales. Une thèse qu'il a rédigée sous la direction de Marcel Gauchet, l'un des intellectuels emblématiques de la conversion de la gauche de gouvernement au néolibéralisme, et soutenue devant un jury comptant notamment :

    - Philippe Raynaud, politologue droitier ayant micro-ouvert sur France culture ;

    - Jean-Hervé Lorenzi, dont on ignorait qu'il détenait quelque compétence en philosophie, et qui est l'un de ces économistes à gages délivrant leurs prophéties (libérales) aussi bien au gouvernement, qu'aux banques – après un passage chez Rothschild, il est depuis septembre 2017 vice-président d'UBS France – et bien sûr aux médias.

    Un compagnonnage intellectuel qui pose son homme et que Jérôme Batout cultive en tant que conseiller pour la revue Le Débat, dirigée par Pierre Nora et Marcel Gauchet.

    Sa carrière, qu'il débute à Londres en 2003 comme analyste en fusions-acquisitions au Crédit suisse First Boston, donne le tournis : Jérôme Batout enseigne à la London School of Economics de 2004 à 2009, tout en étant secrétaire général administratif adjoint du Parti socialiste à partir de 2006. En 2010, il administre une mission de MSF [9], à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, avant de diriger le cabinet de Maurice Lévy, président de Publicis Groupe, jusqu'en avril 2013, quand il est nommé conseiller spécial du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, chef du pôle « stratégie, médias et communication » de Matignon. En juin 2014, après le remplacement de J.-M. Ayrault par M. Valls, il revient finalement dans le giron de Publicis en tant qu'associé, directeur du département « communication de crise ».

    Au cours de cette trajectoire, qui témoigne d'un solide sens du placement et a dû lui permettre de se constituer un carnet d'adresses très bien garni, Jérôme Batout a coiffé de multiples casquettes, mais il n'a jamais officié dans le secteur public – la banque d'affaire, où il a débuté sa carrière, pouvant même faire figure d'anti-service public –, et il n'a pas non plus exercé directement dans le secteur des médias – la communication, où il effectue une carrière fulgurante, pouvant même être considérée comme une sorte d'anti-journalisme. Il faut donc à Jérôme Batout toute l'assurance (et la morgue) d'une jeune pousse biberonnée aux écoles « d'élite » et adoubée par de vieux caciques influents pour prétendre diriger Radio France.

    Les médiacrates

    Un dirigeant de radios privées qui y a réalisé toute sa carrière et un journaliste passé au management qui multiplie les allers-retours entre privé et public, média d'information et communication.

    "-" François Desnoyers – Titulaire d'une maîtrise de sciences économiques, il commence sa carrière en 1976 comme journaliste pigiste au quotidien Paris-Normandie, pour Associated Press ou France Régions 3 (FR3). Il entre à Radio France en 1980, participe au lancement de Radio-Mayenne avant d'abandonner définitivement le journalisme. Il devient directeur de Radio 7 [10] en 1981, puis à partir de 1982, multiplie les postes de responsabilité à la direction du groupe radiophonique public.

    Entre 1992 et 1994, il fait une première incursion dans le secteur privé en tant que directeur-gérant de CCV-Conseil, qu'il prolonge pour occuper les fonctions de chef, puis de directeur de cabinet du président de La Cinquième, Jean-Marie Cavada, entre 1994 à 1997. Il revient alors dans le secteur public, d'abord audiovisuel, comme directeur délégué du développement, des affaires internationales et de la communication de la Société nationale de radio-télévision française d'Outre-mer (RFO), puis de nouveau à… Radio France, entre 1998 et 2004, en tant que directeur général délégué, chargé de la stratégie et du développement des produits et des services. Il dirige également la communication du groupe entre 2000 et 2002.

    Il cède ensuite à nouveau aux sirènes (des hautes rémunérations) du privé et devient directeur général de Publicis Events jusqu'en mai 2007. Il est le fondateur et le gérant de Arroll S&C, une société de conseil en création d'entreprises, en 2008. Pas de quoi effrayer Radio France, qui fait à nouveau appel à lui en 2009 pour prendre le poste de directeur général délégué aux antennes, puis de directeur du réseau France Bleu par intérim.

    Un intermède de courte durée puisque dès 2010, il fait son retour dans la communication au sein de l'Agence Publics comme directeur conseil, puis directeur général en 2015. Pour autant, François Desnoyers n'a toujours pas renoncé au secteur public : déjà candidat malheureux à la présidence de La Chaîne parlementaire-Sénat (Public Sénat) en 2012, il ambitionne désormais de prendre la tête de la maison où il a officié si longtemps. Un ultime aller-retour qui serait tout sauf raisonnable…

    "-" Bruno Delport, entrepreneur du spectacle privé – De tous les candidats, cet amateur de cigares de 53 ans est le seul à pouvoir mettre en avant que la majeure partie de sa carrière a été réalisée dans le monde de la radio … mais dans des sociétés privées, dont aucune n'est animée par les préoccupations du service public :
    - 1986 : animateur à Chérie FM
    - 1991 – 1997 : directeur de Ouï FM
    - 1998 – 2016 : directeur de Radio Nova
    - 2000 : fondateur de la société de production Les Molambakais qu'il possède avec les amuseurs Kad et Olivier
    - 2002 – 2016 : directeur général de Nova Press
    - Depuis 1999 : directeur de la radio TSF Jazz

    On notera enfin que Bruno Delport préside le conseil d'administration de Solidarité Sida depuis 2009, et qu'il a dirigé la campagne des élections européennes de 2014 pour Europe Ecologie – Les Verts.

    À la lecture de son parcours de dirigeant de radio, on peut craindre que Bruno Delport voie le monde comme une juxtaposition de publics-cibles (le public populaire, les jeunes branchés, les découvreurs atypiques, les éclectiques, etc.), en d'autres termes qu'il ait une vision de spécialiste du marketing culturel plus ou moins équivalente à celle d'un patron de fast-food.

    ***

    Et si le CSA avait un sursaut d'honneur ? S'il évaluait tout simplement les six candidats à la présidence de Radio France sur leur capacité à incarner et porter le service public radiophonique ? Si tel devait être le cas, il ne pourrait que refuser de choisir le nouveau président de Radio France parmi les six ambitieux de peu de légitimité dont nous venons d'analyser les parcours. Le CSA ne pourrait alors que lancer un nouvel appel à candidatures, ou s'auto-dissoudre.

    Basile Mathieu et Denis Souchon


    [1] Le CSA a précisé que « deux autres candidatures ont été écartées pour non-respect des critères de recevabilité », sachant que l'une de ces deux était un pastiche rédigé par trois humoristes de France Inter (Charline Vanhoenacker, Alex Vizorek et Guillaume Meurice) et intitulé « Pour un démantèlement de qualité du service public audiovisuel » !

    [2] Mardi 10 avril.

    [3] Qui n'a en fait de « public » que le nom.

    [4] Où elle a connu son expérience professionnelle la plus longue

    [5] « Lean » signifiant « maigre » ou … « dégraissé » en anglais.

    [6] Le salarié en question avait envoyé un message électronique critiquant un projet de loi porté par la majorité à sa députée, laquelle l'avait transmis, comme c'est l'usage, au cabinet de la ministre afin d'obtenir des éléments d'information pour élaborer sa réponse. Destinataire du message, Christophe Tardieu n'avait rien trouvé de mieux à faire que de le transférer à un cadre dirigeant de TF1, provoquant le licenciement du salarié.

    [7] Et bien sûr, c'est à cela qu'on le reconnaît.

    [8] Dont il fut un candidat malheureux à la présidence en 2012.

    [9] Médecin sans frontières.

    [10] Une station thématique de Radio France ciblant « les jeunes » qui a émis sur la région parisienne entre 1980 et 1987.

  • Grève SNCF : journalistes recherchent usagers en détresse

    9 avril, par Martin Coutellier — Réforme de la SNCF et mobilisations sociales (2018), , , ,

    De l'art d'écrire des reportages à l'avance.
    En toute déontologie, ça va de soi !

    Comme à chaque mouvement de grève des cheminots, les rédactions des grands médias, et en particulier des journaux télévisés, ont multiplié les « reportages » auprès d'usagers mécontents sur les quais des gares à travers le pays. Ces nombreux sujets permettent de répondre aux deux questions qui taraudent un nombre important de téléspectateurs, et sans doute même une majorité de Français : est-il plus difficile de circuler en train lorsque les trains ne roulent pas, ou moins ? Et les personnes qui rencontrent ces difficultés à circuler sont-elles plutôt de bonne humeur, ou pas tellement ?

    Passés les premiers jours de grèves, ces difficiles questions semblent avoir trouvé des réponses, et les grandes rédactions, comme celle de France 2, Europe 1 ou de CNews, envoient donc des journalistes réaliser de nouveaux reportages afin de répondre aux autres questions importantes du moment. Et puisque ces questions ne peuvent trouver de réponses sur les quais de gares, c'est sur Twitter que ces journalistes lancent des appels à témoins, révélant au passage les interrogations qui bouleversent ces rédactions. À CNews : comment organiser des vacances en temps de grève SNCF ? À Europe 1 : comment élever ses enfants ou petits-enfants en temps de grève SNCF ? Et à France 2 : une grève SNCF peut-elle briser des couples ?

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    Lorsque le contenu d'un sujet est à ce point déterminé à l'avance, mérite-t-il encore le nom de reportage ? Lorsqu'il s'agit d'interroger des personnes « castées » selon des critères aussi précis, est-il encore question de journalisme ? Quoi qu'il en soit, ces pratiques déplorables ne sont pas tellement surprenantes, puisque les chefferies éditoriales qui dictent les contenus de ces « reportages » ont déjà fait savoir quelles étaient les questions qui les obsèdent (voir notre série d'articles sur le sujet) et celles qu'elles ne se posent jamais – et qui sont toujours les mêmes : contenu de la réforme combattue, motifs de la grève, contre-propositions de réformes portées par les organisations syndicales, etc.

    Martin Coutellier

    PS : Nous avons choisi d'anonymiser les citations, dans la mesure où notre critique porte sur des pratiques journalistiques, et non sur des personnes.

    PS2 : Lesdites pratiques ont également cours au Monde ou à la Voix du Nord, comme en témoignent les appels à témoignages ci-dessous, qui nous ont été signalés par des adhérents.

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  • Tesla : l'Autopilot a-t-il un problème avec les séparateurs de voies ?

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/b/b/c/bbc23ed229_123002_tesla-autopilot.jpg
    9 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — voiture électrique, voiture, tesla, Tesla Autopilot, Tesla Model X, accident tesla
    Après le décès du conducteur d'une Tesla Model X ayant percuté un séparateur de voies sur l'autoroute alors que l'Autopilot était activé et un autre accident sans gravité, plusieurs autres témoignages pointent un possible problème du logiciel dans la gestion de ce type d'infrastructures (...)
  • Après Tiangong-1, comment mieux surveiller les débris spatiaux ?

    https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/wide1920/8/1/f/81f6a8b9f2_50083317_ssa-sensors-telescopes-radars-esa-carill.jpg
    9 avril, par webmaster@futura-sciences.com (Futura-Sciences) — Astronautique, Espace, satellite, débris spatiaux, esa, CNES, surveillance de l'espace, Space Surveillance and Tracking, Space Situational Awareness, Nicolas Bobrinsky, Utilisation de l'espace, radar
    Tiangong-1, le module orbital chinois est, enfin, rentré sur Terre sans faire de dégât, là où on l'attendait. Cet épisode est aussi pour nous l'occasion de faire le point sur l'état des capacités de l'Europe dans la surveillance du ciel et pourquoi, malgré des moyens de surveillance (...)

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