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Les députés veulent jeter à la rue les gens qui vivent en camping à l’année.

mardi 20 décembre 2011

Pour défendre la spéculation immobilière, les députés veulent chasser dans la rue les gens qui vivent en camping à l’année.

À l’unanimité.

"La proposition de loi est passée sans anicroche. Adopté à l’unanimité en première lecture à l’Assemblée nationale, le 16 novembre, le texte relatif "aux habitats légers de loisirs et à l’hébergement de plein air et portant diverses dispositions relatives au tourisme" suscite pourtant l’inquiétude du monde associatif."

(d’après "Le Monde")

« Pour Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé-Pierre, "ce renforcement de la législation est inquiétant car cet habitat alternatif, qui est loin d’être idéal, est néanmoins un des amortisseurs de la crise du logement. Cette proposition de loi est un arsenal supplémentaire qui permettra aux pouvoirs publics d’intervenir plus vite et par exemple accélérer des procédures d’expulsion". »

"les personnes qui louent un emplacement de mobil-home pour une durée supérieure à trois mois devront produire un justificatif de leur résidence principale. "

J’avais prévu ça il y a plus d’un an :

Dans cet article : Si tu aimes les Gitans, tu n’as qu’à les prendre chez toi..., j’écrivais :

« Je pense qu’on peut s’attendre à une généralisation de ce type d’actions du pouvoir, principalement dans deux directions :

- stigmatiser les usagers de l’habitat non spéculatif : “c’est des clochards, des drogués, des SDF, des Roumains... des Gitans !” afin de créer une crainte de cette stigmatisation (honte vis-à-vis de son image, peur de l’exclusion sociale) et limiter au maximum le choix volontaire de ce mode de vie. Commencer par les Roms en s’appuyant sur les préjugés à leur égard va dans cette direction ;

- mobiliser tous les moyens légaux (ou pas vraiment légaux, d’ailleurs) pour détruire, éventuellement par la violence, les habitats non spéculatifs existants. Ici, commencer par les Gitans permet de "faire passer la pilule" en s’appuyant sur des stéréotypes racistes. »

... en expliquant l’intérêt, pour le capital financier, de ces mesures :

« l’immobilier est perché sur une bulle spéculative qui ressemble à un Zeppelin aérophagique. Le pourcentage des revenus affecté au logement est surréaliste. Les bulles, ça pète un jour ou l’autre. Et l’immobilier est largement acheté à crédit : lorsque la crise va toucher ce secteur, tout peut s’accélérer... saisies, ventes à perte, faillites de banques et d’assurances que l’État ne pourra pas éviter indéfiniment sans déclencher un processus d’inflation et de dévaluation considérable...

Le système ne devrait pas être sauvé, mais on le maintiendra aussi longtemps que possible sous acharnement thérapeutique. Le développement de l’habitat non spéculatif (habitat mobile, habitat modeste ou provisoire, autoconstruction...) constitue une menace mortelle pour la bulle immobilière. L’implosion de cette bulle pourrait entrainer une crise du système financier dans son ensemble. Prévenir ce développement peut donc être une priorité pour les pouvoirs en place. »

Mais je n’avais pas prévu que cette crapulerie serait votée à l’unanimité.

In memoriam Reipublicae. RIP.

Voir en ligne : Source de l’illustration

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