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Jean-Léon Beauvois publie, sous le pseudonyme Gilb, trois « polars provençaux » Un entretien avec Isabelle Milhabet

vendredi 21 octobre 2011

chez Édilivre : Pataquès dans les calanques, Notre pauvre Julia et Le sommeil du juste. Jean-Léon Beauvois, ou Gilb, version sonore de JLB, ne semble pas se cacher dernière ce pseudonyme mais quitte la peau de l’universitaire bien connu en psychologie sociale pour celle d’auteur de trois polars. Dévoreur de livres, de tout type de littérature, et grand amateur de polars, de David Goodis, Raymond Chandler ou Boileau et Narcejac, Jean-Léon Beauvois s’est lancé à son tour dans l’écriture d’un premier roman policier Mon passé à Istanbul publié en 2005. Le passé du personnage principal, militant anti-franquiste, aux heures les plus sombres de l’histoire espagnole du XXème siècle, lui revient en pleine face à Istanbul. Les vilaines fautes, lettres manquantes ou coquilles qui parsèment les pages de ce polar ont rendu sa publicité difficile mais n’enlèvent rien à l’intrigue bien ficelée. Avec cette trilogie, rien de ces chafouineries. Le lecteur peut se laisser complètement emporter par les intrigues, toutes provençales, qui diffèrent tant par les attendus, le milieu dans lequel elles se déroulent et la position personnelle du personnage principal, le détective Jean-Jacques Jordin, à l’égard des situations et des personnages. Détective débutant, ambitieux, frimeur et bon vivant, quoique intello, souvent irritant pour ses obsessions sexuelles de dragueur invétéré, J-J. Jordin finit par s’avérer attachant et surtout un détective inventif. Si l’on sent bien que l’auteur a voulu nous conduire sur des voies différentes, dans des environnements géographiques et sociaux différents (terrible et très informée, cette description des mœurs universitaires dans Julia !), avec des émois différents, je reste malgré tout sensible à l’unité de cette trilogie. (On peut regretter d’ailleurs que l’éditeur n’est pas fait le choix d’un même format pour les trois polars afin de mettre l’accent sur l’idée de trilogie). Le style ne change guère, évidemment, ni la sensibilité toujours quelque peu romantique du détective, ni les personnages très secondaires qu’il retrouve dans sa propre vie personnelle : son amie, son père, ses copains. Ni sa culture, son amour du Jazz des années 40-50, ni son ancrage politique à gauche - gauche. J-J. Jordin aime toujours avancer dans sa recherche d’informations par de longues conversations et des relations très interpersonnelles. Il aime parler avec les gens. Et, toujours, la passion de l’auteur pour sa Provence avec Marseille, ville à laquelle J-J. Jordin dit devoir sa sensibilité, le lac de Sainte-Croix et le pays du Verdon, le haut Var.

Pataquès dans les calanques raconte une enquête menée tambour battant par un détective débutant, ambitieux, exaspérément obsédé par ses relations possibles à la gent féminine, dans le milieu interlope marseillais. Le point de départ : un accident douteux d’une femme ô combien trouble dans les calanques. Laure, une Kim Novak marseillaise, est morte dans un accident, sur une route des calanques. Sa fille a des doutes sur la nature de cet accident, doutes qui amènent le détective Jean-Jacques Jordin à s’intéresser aux mœurs glauques d’un gratin marseillais où se retrouvent gangsters et hommes politiques (partouzes, opérations immobilières frauduleuses, corruptions…) En dépit d’un contrat lancé contre le détective par un parrain notoire, il apparaîtra que Laure n’aimait pas seulement faire la vie... mais qu’elle était allée trop loin en prétendant s’immiscer dans les pratiques de ce milieu. Cette intrigue, finalement assez classique, quoique très provençale, relève d’une inspiration issue des romans policiers américains, notamment ceux des années 40-50.

Dans Notre pauvre Julia, Jean-Jacques Jordin et d’autres membres d’une troupe de théâtre se retrouvent quinze ans après leur séparation pour un week-end dans le pays du Verdon. Le détective est peu à peu gagné par le sentiment que le souvenir d’événements passés qu’il ignorait pourrit l’ambiance. Suite à une mortelle randonnée, le groupe se sépare une nouvelle fois dans une ambiance de drame. Après Sylvain, c’est André qui un an plus tard meurt dans un accident de voiture et Alain dans un accident de cheval. Jean-Jacques Jordin est bien obligé de constater qu’il y a, derrière les trois accidents, une trame implacable qui ressemble à un scénario de vengeance. Il doit reconstituer l’histoire de Julia dont la mort a entraîné l’éclatement de la troupe. Ce polar repose sut un drame affectif au goût de vengeance née d’une ignominie passée qu’on suspecte mais qu’on ne connaît qu’à la fin.

Le sommeil du juste. Un écrivain, délaissé par le public et vivant aigri dans la solitude d’une ferme du Var, cesse de donner de ses nouvelles. Contacté par la fille de l’écrivain, le détective Jean-Jacques Jordin le découvre dans sa chambre, mort depuis plus de trois mois. L’écrivain a brûlé des papiers et un trousseau de clé à disparu ainsi que ses économies récemment rassemblées et retirées. Son seul compagnon, son chien, a également disparu. Ce faisceau d’indices ne peut pas laisser le détective indifférent. Il découvre que les jours ayant précédé sa mort, l’écrivain n’était pas seul. Avec qui était-il ? Le détective, désormais moins juvénile dans ses postures, rencontre les amis et les femmes qui furent importantes dans la vie de l’écrivain. Un coup de théâtre, qui s’opérera en deux temps, va alors éclairer les mystères de cette mort. Le Sommeil du juste est une enquête sobre et relationnelle sur les circonstances d’une mort, tout d’abord tenue pour naturelle, dans une ferme perdue du Var. Édilivre a sélectionné Le sommeil du juste pour sa collection « coups de cœur ».

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