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Appel du Garde des Sceaux contre les jugements des « Barbares » : un souvenir de Christian Ranucci.

mercredi 15 juillet 2009

La justice doit être sereine et se méfier des cris que pousse la foule devant les tribunaux.

Souvenons-nous de la dernière exécution capitale que connut la France. C’était en 1976. Valéry Giscard d’Estaing s’était déclaré plutôt contre la peine de mort. Et Dieu sait si tant l’instruction contre Christian Ranucci que son procès n’avaient pas été très convaincants [1]. Mais la foule galvanisée par Roger Gicquel (qui sévissait alors sur TF1) voulait la mort et Giscard d’Estaing fut sensible à ses cris. Il refusa la grâce présidentielle et Ranucci, plus probablement innocent que coupable, fut exécuté. L’histoire de la peine de mort en France se termine sur cette terrifiante incertitude et sur cette faiblesse d’un Président.

Madame la Garde des sceaux a été sensible, cette fois, non aux cris d’une foule indifférenciée de « braves gens », comme celle qui vociférait devant le palais de justice d’Aix-en-Provence, mais, pour utiliser un euphémisme, à ceux d’une catégorie de Français et de ses organisations qui trouvaient les peines trop légères pour un crime possiblement antésémite. Une catégorie de Français qui votent, évidemment. Cette sensibilité devrait la disqualifier aux yeux des professionnels de la justice. Une justice d’opinion n’a pas plus de garanties, précisément "démocratiques", qu’une démocratie d’opinion [2]. On aurait pu attendre de notre Ministre qu’elle soit plus respectueuse des décisions de justice, mais aussi qu’elle ne choisisse pas dans son appel entre les "bons" verdicts (réclusion à perpétuité et 22 ans de sûreté pour Yousouf Fofana) et ceux qu’elle juge inconséquents parce que pas suffisamment lourds. La Ministre devrait se comporter en garante des décisions de justice et non en Grand Manitou d’une administration dont on peut se servir à des fins qui ne peuvent être qu’électoralistes.

Justice populaire, vous avez tout faux. J.-L. Beauvois.

Notes

[1] Le fait même que la juge d’instruction n’ait pas cru devoir entendre les deux seuls témoins oculaires qui auraient témoigné à décharge suffisait à jeter le trouble sur la valeur judiciaire de l’instruction

[2] De fait, les tenants d’une démocratie d’opinion devraient être ravis de la décision de la Ministre.

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