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Face a nos differences, un livre de Benjamin Matalon (2006, L’Harmattan)- Par Jean-François Baudillon.

jeudi 18 janvier 2007

Ce livre traite des thèmes de l’identité et des différences, de l’universalisme et du relativisme. Le point de départ est le suivant : nous sommes tous différents, mais différences et ressemblances sont inséparables. Notre identité se construit par l’appartenance à un ou plusieurs groupes, mais aussi par les différences avec d’autres, voire par l’opposition à ceux ci. Nous sommes donc ambivalents par rapport aux différences. D’où ces questions :
- quelles sont les différences acceptables pour vivre ensemble et les normes et croyances qui doivent être partagées ?
- certaines connaissances ont-elles valeur objective et devraient être acceptées par tous ?
- comment prendre démocratiquement des décisions dans une population marquée par des différences de valeurs et d’intérêts importantes ?

premiere partie : universalisme et relativisme

Deux positions face aux différences

-  l’universaliste pense qu’il y a des valeurs, des conceptions du vrai du bien, du juste qui ont une portée universelle et devraient être communes à tous. Il y a deux types d’universalistes : les rationalistes- humanistes et les croyants religieux ou idéologue .
-  -le relativiste considère les différence comme irréductibles, quand il ne les valorise pas. On distingue le relativisme cognitif ( le vrai) , cultuel ( le beau) et éthique (le bien). En fait personne n’est universaliste ou relativiste toujours et partout.

Esquisse d’une histoire du relativisme

des Sophistes grecs à Montaigne et Pascal , puis la philosophie des lumières, pour en arriver aux trois maîtres du soupçon ( MARX , FREUD NIETZCHE). L’individu autonome apparaît comme une illusion idéologique. Plusieurs thèmes sont posés au cours de cette histoire : le problème de la tolérance et de ses limites, le fait qu’il existe un universalisme tolérant et un universalisme intolérant, un relativisme qui respecte les autre et des relativismes qui enferment les individus. L’universaliste ne justifie pas les points de vue qu’il prétend valable pour tous et le relativiste a des difficultés pour agir. On peut prétendre qu’il y a un droit à la différence ayant valeur universelle.

deuxieme partie : les differences entre groupes

Organisation des différences : nations, classes, races Moyen –âge et ancien régime : différences sociales et unité religieuse. Jacobinisme , tradition républicaine : l’égalitarisme et la tyrannie de la majorité. Dix neuvième siècle : montée des nationalismes, puis de l’internationalisme socialiste. Il est à noter que la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ne fait pas références aux droits à la différence ni même aux droits des minorités. Au cours du 20ième siècle atténuation progressive de la lutte des classes et intensification des politiques racistes conduisant à l’eugénisme.

L’organisation des différences à partir des années soixante en minorités et communautés Apparition du politiquement correct et des lois condamnant les propos racistes sexistes et xénophobes. Les pays anglosaxons ont une politique communautariste inapplicable en France. Toute démocratie se trouve confrontée au problème de la conciliation des droits des minorités avec l’égalité de tous devant la loi et son corollaire, la règle de la décision majoritaire. En France, on a tenté de résoudre ces questions par l’école. Comunautarisme et multiculturalisme sont souvent confondus. Mais le risque d »éclatement communautaire est pour le moment modéré en France. On peut se demander si la nation et le religion ne sont pas encore les seules cause qui suscitent un engagement intense.

troisieme partie : les differences entre les valeurs

Le relativisme éthique et l’universalité des droits de l’homme « tu ne tueras point, sauf certaines personnes dans certaines circonstances » « il faut obéir aux lois non parce qu’elles sont justes mais parce que elles sont des lois » Il faut tenir compte de l’historicisme ( évolution dans le temps) et du culturalisme (évolution dans l’espace). Tout pays adhèrent à l ‘ONU doit respecter la déclaration universelle des droits de l’homme. Aucun ne la respecte intégralement. Pour les pays en voie de développement, cette déclaration représente l’idéologie d’une époque d’une civilisation et d’un contexte particulier.

Diversité des opinions et décisions démocratiques La possibilité de divergence a été écartée dans l’antiquité, et jusqu’à la Renaissance. Il y a eu certes la philosophie des lumières, mais selon Rousseau, c’est l’intérêt général qui doit l’emporter. Dans la société communiste comme dans la société libérale, il n’y a pas en théorie de divergence. Mais ces divergences apparaissent concrètement très vite, notamment à propos du choix du système électoral, de référendums de certains pays et surtout des questions économiques et sociales. Le paradoxe de CONDORCET se vérifie : selon celui ci quel que soit l’ordre de préférences entre différentes propositions on peut parvenir à des résultats différents pour un même état de l’opinion.

ARROW, prix Nobel d’économie en 1972, s’est demandé comment satisfaire des demandes contradictoires. Par le consensus, le compromis et la recherche du cadre approprié des rapports de force ? Par la démocratie des sondages, la démocratie virtuelle ? d’où les questions relatives à la participation des citoyens à la vie politique , aux rôle respectifs de la « société civile » et des politiciens professionnels. Pour les libertaires, tout système majoritaire opprime les minorités.

Relativisme cognitif et universalité de la science

La science a été à la fois facteur de progrès et de destruction. B. MATALON conseille de lire : T.S. KUHN qui a écrit en 1963 la structure des révolutions scientifiques. Il distingue la science « normale » et les changements de paradigmes de recherche liés à une activité sociale. Au début des années 70 les conditions sont réunies pour une conception relativiste d’une connaissance scientifique. Mais l’auteur met en avant la validité des connaissances scientifiques, et donc leur universalité.

conlusion

B. MATALON revient sur les grandes questions et sur les problématiques qui intéressent non seulement les chercheurs, mais aussi chacun d’entre nous : - retrait et déclin des universalismes et retour du religieux et du mystique.
- Pourquoi le racisme, l’homophobie, la xénophobie, les persécutions religieuses, les épurations ethniques ? Deus réponses à méditer : accepter ceux qui sont différents mais très en danger ce que nous sommes ; il n’y a pas d’offre convaincante d’universalisme ;
- Le risque serait un relativisme qui n’exclue pas l’héthérophobie.

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