libéralisme ou démocratie : accueil

[Plan du site maniprop.com]
Accueil du site > Actualités, analyses, réflexions, commentaires > Après les caricatures du Prophète, encore des menaces de mort contre un (...)

Après les caricatures du Prophète, encore des menaces de mort contre un philosophe qui dénonce l’islamisation des esprits et la violence de l’Islam.

dimanche 8 octobre 2006

Robert Redeker, tout philosophe qu’il soit ou qu’on le présente, ne semble pas très bien connaître tout ce dont il parle. Il serait par exemple très facile de montrer à quel point il se gourre lorsqu’il présente Jésus en « non-violent » et de citer de nombreux extraits des évangiles canoniques dans lesquels ce non-violent en appelle, justement, à la violence. Là, il demande à ses disciples de vendre leur manteaux pour acheter des épées ; là, il annonce est qu’il est venu jeter du feu sur la terre ; là encore, il demande qu’on amène et égorge ceux qui n’ont pas voulu de son règne.

Le problème n’est pas que le « philosophe » nous présente un Jésus émasculé alors qu’il fut aussi, peut-être, un résistant contre le joug romain. Le problème tient au droit qu’on lui accorde de dire des sottises et surtout de les dire du lieu où il les dit. Pour beaucoup, ce droit est constitutionnel, républicain et s’appelle la libre expression. Eh bien non. Que des individus disent ce qu’ils veulent, OK. Mais des agents sociaux doivent obéir à une déontologie. Des adolescents peuvent lire et croire ce que raconte le « philosophe », l’« enseignant » et le sortir à l’avenant dans les cours comme « parole d’évangile » à leurs copains, jusqu’à ce que bagarre et plaies s’ensuivent. Si la libre expression est constitutionnelle, elle ne doit pas permettre de mentir publiquement et, j’insiste, ex-cathedra (adoptant ainsi une identité sociale donnant une légitimité sociale), sur des points qui touchent aux croyances fondamentales des uns ou des autres. Elle doit s’inscrire dans des débats où l’on se respecte, non dans des prises de paroles dogmatiques suscitant la haine et ce qui est peut-être pire pour des gens qui se réclament des lumières : des erreurs grossières. La justice peut d’ailleurs corriger les plus malsaines.

On tenait à dire cela. Maintenant, les menaces de mort dont le philosophe est l’objet lui donnent incontestablement raison. On ne peut que défendre (et même, ce qui est dramatique, se trouver ainsi d’accord avec d’autres variétés d’ayatollahs comme BHL ou Philippe Val), on ne peut que défendre un homme menacé de mort, même pour avoir dit des sottises. On ne peut que lui reprocher, dans notre république, d’avoir dit des sottises en se prévalant d’une position magistrale et le provoquer dans un débat public sur les textes pour éventuellement l’y ridiculiser, et si possible sur une chaîne du service public.

C‘est la seule « remontrance » qu’acceptent des républicains français. En se limitant à cette remontrance, les porte-parole musulmans s’honoreraient. En maniant la fatouah, ils ne font que manifester leur intolérance et justifier les propos qu’ils déplorent. Maniprop.

Répondre à cette brève









Suivre la vie du site RSS 2.0 | libéralisme-démocraties : Plan du site | Espace privé | SPIP