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France Inter et la censure : les mesures stupides prises contre Daniel Mermet et Là-bas si j’y suis

mardi 27 juin 2006

Si l’exercice du pouvoir génère des « attitudes » justifiant les structures de pouvoir en place, il ne génère ni l’intelligence, ni la compétence, même dans le cas d’un inspecteur des finances ayant accepté de diriger un groupe de radios du service public. C’est ce que montre la décision de Jean-Paul Cluzel, Directeur de Radio-France, de déporter à 15 heures l’émission de Daniel Mermet là-bas si j’y suis qui occupe depuis des années la tranche de 17 à 18 heures.

L’émission de Daniel Mermet est ce qu’on peut appeler (pour une fois sans exagérer) une émission culte. Elle est très suivie (près de 500000 auditeurs) et attire des auditeurs nouveaux quand France Inter en perd, comme ce fut le cas pendant la dernière campagne pour le référendum. C’est qu’elle représente, dans la grille de la radio, 50 minutes d’expression d’une pensée manifestement de gauche (non socialiste !), antilibérale, et qu’elle représente cette pensée sans le moindre faux-fuyant et sans hypocrisie. Avec clarté. On aime ou non, mais on sait d’emblée ce dont il s’agit.

Cette forme de censure dont est victime l’émission (50% de moins d’auditeurs potentiels à 15 heures) ne va évidemment pas dans le sens du pluralisme au sein de Radio-France, mais il y a bien longtemps que le pluralisme n’est plus une valeur décisionnelle à Radio France. Mais elle montre surtout que Monsieur Cluzel a fait parler ses tripes de droite (il ne cache pas ses opinions) plutôt que son intelligence. France-Inter ne tirera en effet aucun profit de cette pure mesquinerie idéologique. En effet, vu le caractère explicite du message qui passe à travers là-bas si j’y suis, on peut douter de son pouvoir purement persuasif auprès d’un auditorat qui ne serait pas d’entrée connivent [1]. Tout au plus l’émission peut-elle renforcer les opinions de ceux qui étaient déjà convaincus. C’est ce que montrent les recherches sur la persuasion et ce que dégage, pour une fois en accord avec la recherche, le bon sens. Par contre, en privant plus de 200000 auditeurs (qu’elle perdra probablement) de cet exutoire politique, France-Inter apparaîtra plus clairement encore à chacun comme étant ce qu’elle est : un radio propagandiste pour le PLE ou parti libéral Européen (seul parti dit sur France Inter « de gouvernement »).

La décision du Directeur Général de Radio-France est certainement une méchanceté idéologique. Elle est en outre soit une bêtise, soit, qui sait ? le début d’une guerre dans le service public.

L.es prises de position contre la censure des grands libéraux du matin ne me sont pas parvenues ! J.-L. B.

Notes

[1] Rien à voir avec la pensée libérale que diffuse le 7-9 tous les matins : on avance à cette heure-là les vérités libérales à pas très feutrés, sous le couvert des fausses évidences et des bons sentiments.

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