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France Inter, Radio France et les sciences humaines

vendredi 7 octobre 2005

Hier, le 6 octobre, France Inter recevait au 7-9 le Président de l’Université Joseph Fourier (Grenoble 1), Premier Vice-Président de la Conférence des Présidents d’Universités. Ce fut l’occasion, pour Stéphane Paoli, le plus bcbg de nos journalistes sympas et européens, de se lancer avec moult émois et trémolos dans une vibrante défense et illustration des sciences humaines négligées, les pauvres, au profit des sciences dites « dures ».

Voilà qui tombe bien, après plus d’un siècle de sciences humaines expérimentales royalement négligées (je pense notamment aux sciences psychologiques)... par les journalistes.

Je suppose que nous verrons bientôt France Inter (pour ne pas dire Radio France) se départir un peu de son goût archaïque mais idéologiquement utile pour les sciences humaines, précisément, molles. Je veux dire ces « sciences » (je pense évidemment à la psychanalyse, aux tendances verbeuses des « sciences de la communication »…) qui permettent aux journalistes de se poser eux-même en sujets supposés savoir et de causer ainsi, comme dans un salon, avec les « scientifiques », avançant doctement leur propre point de vue (en fait leur culture, pour ne pas dire leur idéologie), ce qu’ils ne font évidemment pas avec les physiciens, les chimistes, les biologistes ou les géologues, ces durs. Je suppose que Stéphane Paoli lui-même ira désormais chercher ses sources, pour les évoquer, dans les revues scientifiques qui essayent de vivre en France, dans l’acharnement et la douleur de leurs comités de rédaction, et qui peu à peu crèvent par manque de lectorat et par défection des chercheurs avancés préférant publier leurs bonnes recherches dans les revues américaines. Je suppose que les chroniqueurs scientifiques rendront compte désormais des congrès et colloques des sciences humaines expérimentales comme il leur arrive de rendre compte des congrès et colloques des sciences « dures ». Stéphane Paoli veut que soient promues les sciences humaines. Connaît-il les revues Psychologie Française, L’Année Psychologique, la Revue Internationale de Psychologie Sociale… et les chercheurs qui publient dans ces revues ? Non, il préfère vendre une autre psychologie, une psychologie qu’il croit plus « humaine » parce qu’elle est plus « libérale », plus « soiiste » et parce qu’elle lui permet de faire briller la sienne. Il préfere laisser les psychologues scientifiques communiquer entre eux, loin du public, et le plus possible en anglais.

Heureusement pour les physiciens ou les biologistes : les journalistes (et autres hommes de parole publique) ne se prennent plus pour des physiciens ou des biologistes. Le drame majeur des sciences humaines, c’est qu’ils se prennent toujours, après cent ans de bonne recherche expérimentale et/ou descriptive qu’ils ignorent, pour des sociologues ou des psychologues. Leur complaisance à l’endroit des spécialistes gnian-gnian et paroliques est l’une des causes de la faible pesanteur des sciences humaines et sociales dans notre pays.

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