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élections présidentielles, François Bayrou, Parti Libéral Européen Français, réalisation du parti unique.

Avec François Bayrou, le parti unique peut devenir un parti formel : le PELF Le Parti Européen Libéral Français.

Nayrou oblige le conservatisme gouvernemental français à un changement de stratégie

mercredi 14 mars 2007, par Jean-Léon Beauvois

Mon idée selon laquelle la France est gouvernée par un parti unique informel dont les idées sont minoritaires malgré ses deux grandes tendances, idée exposée dans Maniprop.com et, de façon plus appuyée, dans mon livre Les illusions libérales, a été jugée au mieux curieuse (c’est vrai qu’on pourrait le croire, Beauvois, mais quand même, il y a des alternance qui donnent lieu à des conflit sans concessions...), au pire, inconvenante, voire absurde, et ceci sur la base de ce truisme : « nous sommes dans une démocratie, or , il n’y a pas par définition de parti unique dans une démocratie ».

Ce truisme ignore que nombre d’analystes, y compris des analystes peu suspects de gauchisme anti-démocratique comme Philippe Seguin, ont avancé l’idée qu’on avait quitté l’ère démocratique pour une nouvelle ère qu’on peut dire gentiment « post-démocratique », ou encore, de façon plus combative, celle d’un totalitarisme démocratique, ou d’un totalitarisme tranquille etc... L’idée que les démocraties libérales ne sont pas, ou plutôt ne sont plus des démocraties, même évaluées à l’aune de la liberté des modernes, gagne du terrain.

Cette idée sera validée par le candidat Bayrou, s’il est élu, ce qui n’est plus aujourd’hui improbable. Grâce à lui, le PELF (Parti Européen Libéral Français), un parti unique informel, deviendra un parti unique rigoureusement formel et au gouvernement. Ils font bien rire, ces journalistes qui croient que la faiblesse de Bayrou est sa difficulté à avancer des noms de responsables politiques susceptibles de gouverner avec lui [1]. En tant que posé au centre d’un parti informel unique, il peut logiquement penser gouverner avec les membres de ce parti - et c’est ce qu’il fera.

Contre Sarkosi, il gagne. Contre Royal, il gagne [2]. S’il est au second tour, il est élu Président de la République. À partir de là, les choses sont bien plus simples que l’imaginent les journalistes. Il va aux élections législatives avec une troupe soudée par l’étiquette majorité présidentielle. Pensez-vous vraiment qu’il manquera de candidats à la députation ayant accepté cette étiquette, après le succès des élections présidentielles ? À quoi cela servirait-il d’être d’accord sur les options fondamentales (et nationalement minoritaires) du libéralisme européen (voir mon article précédent), et donc membre depuis 1983 d’un même parti informel si cela ne conduisait pas un jour à exercer un peu le pouvoir au nom de ce parti ? Certes, cela risque de faire un peu mal à la gauche et entraîner des déchirements douloureux pour les moins libéraux du PS qui, de toute façon, étaient attachés à l’idée d’être socialiste mais n’avaient plus d’affinités avec la gouvernance PS. Certes, cela risque de revitaliser la gauche radicale, anticapitaliste et antilibérale qui en a bien besoin, la pauvre. Certes encore, cela risque de faire un peu mal à la droite et entraîner des déchirements douloureux parmi les moins européens de l’UMP. Cela risque enfin de revitaliser la droite extrême, populiste et nationaliste (et libérale !) qui, c’est vrai en a moins besoin.

Les ambitions de Bayrou imposent ainsi au conservatisme gouvernemental français un changement radical de stratégie. Jusqu’à présent, le parti unique, parce qu’il était informel, donnait une illusion de démocratie par des alternances sans alternatives entre les deux tendances de ce parti. En devenant formel, le PELF (Parti Européen Libéral Français) devra assumer l’absence d’alternance et s’imposer parce que seul parti qui sera dit par les journalistes « de gouvernement ». Tant qu’il obtient entre 30 et 40% des voix au premier tour (je ne dis même pas des adhésions idéologiques), ça peut marcher dans un système électoral par circonscription, uninominal, à deux tours.

Pas plus de deux ou trois élections ! Et les français retrouveront le spleen parce qu’ils sont malades du libéralisme européen.

Notes

[1] Il est bien certain que personne aujourd’hui ne veut donner l’impression de trahir son camp. Demain, ce ne sera même plus une trahison, mais une clarification.

[2] C’est la raison ^pour laquelle ses adversaires d’aujourd’hui le somment de dire pour qui il se désisterait s’il n’était pas au second tour !

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