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L’argument du machisme contre les adversaires de Ségolène

Ségolène Royal : Ses adversaires sont-ils tous de fieffés machistes ?

Campagne présidentielle, machisme, femmes politiques.

vendredi 8 décembre 2006, par Jean-François Baudillon


Si vous contestez le point de vue de Mme Ségolène Royal, vous êtes un macho. À deux conditions : d’abord qu’elle ait un point de vue, ensuite que vous soyez du sexe masculin. Et n’essayez pas de prétendre qu’il existe des femmes phallocrates, vous aggraveriez votre cas .

Wolinski a écrit, sans doute dans une bulle, que le féminisme était le droit pour les femmes de devenir aussi connes que les hommes. Il a donc un bel avenir .

On a longtemps reproché aux françaises d ’avoir utilisé le droit de vote qui leur a été accordé à la Libération pour élire des hommes, se refusant de voter pour une femme, lorsque, par exception, l’une d’entre elles osait se présenter à leurs suffrages. Le balancier a fini par virer à l’autre extrême. Non seulement une très grande proportion d’électrices souhaitent que le prochain président soit une présidente, mais un nombre non négligeable d’hommes ne sont pas hostiles à cette perspective, soit par conviction politique ( pour battre la droite), soit par suivisme, pour ne pas passer pour un réac, un macho, un beauf.

Comme si la fin des idéologies, la méfiance envers les programmes et les promesses, le rejet des partis politiques et la crainte des affrontements religieux laissaient place à la proéminence de différenciations éternelles, fondamentales : celles des sexes et des générations. Après la mode unisex, il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’une femme est une femme et un homme est un homme. Pour autant je doute - pauvre macho mécréant que je suis - que les femmes accédant aux plus hautes fonctions politiques aient une façon différente de faire de la politique, du fait qu’elles ont porté et élevé des enfants, et surtout qu’elles aient de ce fait la capacité de résoudre des problèmes politiques, économiques et sociaux que les hommes n’ont pu régler depuis des décennies, voire des siècles. Mais , comme au poker, il faut payer pour voir.

Et nous allons le voir bientôt, car il reste dans les esprits cette image de la femme salvatrice, prête à se sacrifier pour sauver ses enfants, ses parents, ses frères, ses soeurs, les pauvres, les malheureux, celles et ceux qui sont abandonnés. On cite le plus souvent l’exemple de Jeanne d’Arc, pourtant morte sans avoir traité l’évêque Cochon de macho, ce qui prouve qu’elle était très mal conseillée sur le plan de la "com". Il y a eu avant et après, ici et ailleurs, bien d’autres illustrations, mais aujourd’hui les françaises et les français semblent à la recherche d’une sainte laïque, ni pute, ni soumise, ayant l’aura et le magnétisme d’une Eva Peron, tout en incarnant les valeurs de la France profonde, terrienne et militaire.

Ni Golda Meir, ni Mme Thatcher, ni Mme Ghandi, ni plus récemment Angela Merkel n’ont eu besoin de sortir le joker du machisme pour l’emporter. Elles représentent des postures, des convictions, des sensibilités politique très différentes. L’histoire retiendra leur capacité à gouverner, les résultats auxquels elles sont parvenues, les difficultés qu’elles ont rencontrées. Pas leur auréole de "bonne mère " veillant sur le port de Marseille. Il y a des peuples plus adultes que d’autres.

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