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Personnalité, trait de personnalité, différences individuelles, psychologie libérale

La psychologie de la personnalité et des différences individuelles : une vraie connaissance de la personne ou un avatar libéral ?

Les "différences individuelles" relèvent-elle de la psychologie ou des contextes sociaux ?

jeudi 14 septembre 2006, par Patrick Mollaret

Après avoir rappelé les postulats fondateurs de la psychologie des traits de personnalité, on propose de distinguer (1) la connaissance des différences entre les personnes et (2) la connaissance des personnes elles-mêmes. La psychologie des traits passe de (1) à (2) comme allant de soi. A partir d’analogies, on montre en quoi cette assimilation est trompeuse et porteuse de présupposés plus idéologiques que scientifiques.

Je profite de ce site dédié à des polémiques scientifiques et idéologiques pour interpeller les internautes, qu’ils fassent partie de mes collègues psychologues ou non, sur la psychologie dite des « différences individuelles » en matière de « personnalité » (ou encore « psychologie des traits »). Cette psychologie est pratiquée par tout un chacun sous la forme d’énoncés psychologiques tels que Sylvain est « colérique », Louis est « dynamique », Adèle est « extravertie ». Du fait de ses applications concrètes dans la vie sociale (je pense aux fameux tests de personnalité utilisés dans le recrutement), les questions suscitées par cette psychologie débordent largement du cadre universitaire dans lequel elles sont débattues depuis une cinquantaine d’années.

Appel au débat

Il est très heureux que ce site existe pour provoquer un débat moins feutré que celui que peuvent accueillir les numéros spéciaux des revues spécialisées [1]. Pour me faire comprendre, j’ai choisi d’interpeller l’internaute en fondant mon argument sur des analogies, dont je sais qu’elles ne constituent pas des preuves scientifiques (elles sont quelquefois trompeuses). Elles sont cependant souvent utilisées à des fins didactiques, et peuvent s’avérer plus ou moins pertinentes. Je n’aurais d’ailleurs pas utilisé « l’arme analogique » si les tenants de cette psychologie des traits, parmi lesquels je ne figure pas, n’en étaient pas eux-mêmes friands. Il m’est récemment apparu que les analogies que ces psychologues des traits utilisaient servaient en fait à obscurcir ce qu’est réellement cette psychologie. Dit abruptement, ils construisent la pédagogie de leur connaissance sur des analogies flatteuses mais fausses. J’y réponds en proposant une autre analogie, à mon sens plus juste et moins flatteuse. J’assume évidemment la tonalité pamphlétaire de cet essai destiné à faire réagir. Je serais ravi d’être interpellé tant sur le fond scientifique de ce que j’avance ici que sur la signification idéologique du débat. Pour ne pas donner dans une prose universitaire, je n’ai pas cité tous les auteurs qui sont à la source des arguments avancés, mais seulement les plus importants en notes. Avant les analogies, une rapide description de la psychologie des traits est nécessaire.

Qu’est ce que la psychologie des traits ?

En premier lieu, c’est une psychologie dont la vocation est de décrire les différences entre les personnes (« différences individuelles »). Le premier postulat (appelé hypothèse lexicale) vient de Galton [2]. Il est le suivant : les gens sont différents -tout le monde peut en faire le constat quotidien- et certaines différences sont si fondamentales qu’elles se traduisent dans le langage, en particulier sous la forme d’adjectifs. Ces adjectifs, lorsqu’on les regroupe par des méthodes statistiques, permettent de découvrir les dimensions fondamentales des différences individuelles. Chacune de ces dimensions est définie par deux antonymes : consciencieux/pas consciencieux, stable/instable, extraverti/introverti, agréable/désagréable, ouvert/fermé. Notez en passant que je n’ai pas choisi ces 5 dimensions au hasard : elles constitueraient ce qu’on tient pour les 5 facteurs principaux de la « personnalité » (les « Big Five »). Donc, si la dimension introversion /extraversion existe, c’est parce qu’il existe des gens qui « parlent facilement avec les autres » et d’autres « qui se mettent en retrait ». Ce postulat, qui s’en tient à poser qu’il y a des différences entre les gens exprimables par des mots, pour contestable qu’il soit, ne sera pas discuté ici.

C’est le deuxième postulat qui est le sujet de cet « essai ». Ce postulat est que les dimensions des différences individuelles sont aussi des propriétés psychologiques des individus. Extraverti par exemple, en plus d’être le pôle d’une dimension permettant de différencier les gens, est aussi un trait de personnalité (une propriété psychologique donc). Comme le disent les psychologues des traits, c’est une tendance individuelle à se comporter d’une façon extravertie. Extraverti définit quelque chose qui « appartient » à l’individu, il a le statut de force causale. C’est pourquoi, si vous répondez sur un test de personnalité, lors d’une procédure de recrutement, que « vous avez plaisir à bavarder avec les gens », que « vous aimez la plupart des gens que vous rencontrez » et que « vous ne redoutez pas de faire des gaffes dès que vous avez la parole », le psychologue qui vous a administré ce test l’interprètera comme une tendance que vous avez, en vous, et qui vous pousse à agir ainsi. Ce postulat n’est pas impliqué par le premier. Il existe des dimensions des différences individuelles, par exemple leur niveau de rémunération, dont il serait hardi de penser qu’elle correspond à des tendances que l’on devrait trouver dans les personnes.

Première analogie : le psychologue des traits comme médecin anatomiste

André Vésale (1514-1564) était un anatomiste génial. Il a publié, en 1543, un monumental traité d’anatomie qui a servi de base aux générations suivantes de médecins. Outillé d’un scalpel, il mit à jour le système circulatoire. Certains psychologues des traits, de loin les plus en vue, se considèrent comme les Vésale de la personnalité [3]. Pour eux, la psychologie des traits est à la connaissance de la personne ce que l’anatomie est à la connaissance du corps humain. De même que Vésale a mis de l’ordre dans la description du corps humain en dissociant les différentes parties fonctionnelles du corps, eux ont mis de l’ordre dans l’extraordinaire complexité de la personnalité en la définissant sur 5 dimensions essentielles. Actuellement ils pensent être sur la voie de prouver que ces 5 dimensions ont une base biologique. C’est dire que cette analogie n’est pas due à un excès d’enthousiasme ou à une naïveté coupable. Elle est mûrement réfléchie. Pour flatteuse qu’elle soit, il y a tout lieu de penser qu’elle est fausse. Elle trahit en revanche une idéologie dont je parlerai plus loin.

Deuxième analogie : le psychologue des traits comme agent d’assurance vie

Imaginons une société encore plus libérale que la nôtre où toutes les dépenses de santé sont prises en charges par des assurances privées (ce n’est pas très difficile à imaginer). Un agent d’assurance a l’idée d’ajuster les tarifs de ses contrats d’assurance santé en fonction des profils de ses clients. Il invente alors un trait : la morbidité potentielle. Ce trait permet de différencier les gens, même lorsqu’ils sont tous en bonne santé. C’est, dit il, la force du concept de morbidité potentielle. Il y a ceux qui ont une forte morbidité potentielle (ils boivent, ils ont un travail stressant, ils ont des antécédents familiaux) et ceux qui ont une faible morbidité potentielle (ils ne boivent pas, ils ont un travail cool, ils n’ont pas d’antécédents familiaux). Depuis cette trouvaille, il accueille tous les clients qui entrent dans son agence par un sonore : « la santé, c’est mon métier ! ».

Alors qu’il est dans le cabinet de cet agent d’assurance santé, Emile est pris de violentes douleurs abdominales. Un dialogue fébrile s’engage (je reconnais cependant qu’il est un peu archétypal).

  Je ne vais pas bien, j’ai très mal au ventre. C’est venu d’un coup.
  Ah oui ?... euh ... il faut dire que vous faites partie des gens à forte morbidité potentielle.
  Et qu’est ce que je dois faire maintenant ?
  Là maintenant ? il faut appeler un médecin. Je peux le faire si vous voulez.
  Mais vous ? La santé c’est votre métier non ?
  Oui oui. Oui bien sûr. Mais là... il faut appeler un médecin. Je le fais tout de suite.

Après l’appel de l’assureur, le médecin arrive rapidement mais sans précipitation (il sait que les douleurs abdominales ne constituent pas les premières urgences).

  Qu’est qu’il vous arrive ?
  J’ai très mal au ventre. C’est venu subitement. Sinon, il paraît que je fais partie des gens à forte morbidité potentielle.
  Décrivez moi précisément vos symptômes, parce que la morbidité machinchose je ne connais pas et je crois que je m’en fous.
  Ah bon ? pourtant c’est un concept de professionnel de la santé comme vous. C’est même mon agent d’assurance qui est là qui l’a inventé.

Le médecin se tourne vers l’agent d’assurance

  Eh bien allez-y ! Il a trop de morbidité ce patient ? Il faut lui en enlever un peu alors ? Comment on fait ? Il y a des morceaux de morbidité à prélever quelque part ?
  Ne m’accablez pas, vous savez bien que je ne suis pas un professionnel de la santé au sens ou vous l’entendez...

Effectivement. C’est évident sans doute, mais la connaissance de l’assureur porte sur une dimension des différences entre les personnes en matière de santé. Pour autant, le concept de morbidité potentielle n’est pas une propriété physique des personnes. C’est un concept d’une utilité nulle pour qui veut comprendre l’origine d’une maladie.

Au stade où en est la recherche en matière de psychologie des différences individuelles, il est beaucoup plus raisonnable de comparer le psychologue des traits à l’agent d’assurance plutôt qu’au médecin ou a l’anatomiste. De même qu’un score de morbidité ne dit rien sur le corps de l’individu, un score sur un trait ne dit rien sur « l’esprit » ou « la psychologie interne » d’un individu. Les thuriféraires de la psychologie des traits devraient s’interroger davantage sur la pertinence de la métaphore médicale. La tendance actuelle, dans leur rang, est à un triomphalisme scientifiquement hors de propos.

Ce triomphalisme serait de mise s’il était prouvé qu’il existe des dimensions qui sont nichées dans « la tête des gens », et que ces dimensions peuvent être quantifiées au niveau d’un individu particulier. Mon pari est que cela ne sera jamais prouvé.

L’illusion de la quantification

Revenons un instant sur la quantification, toujours au moyen des analogies. La morbidité est quantitative dans la mesure où on peut différencier les personnes sur un score de morbidité, faible ou fort. Mais deux individus peuvent avoir deux scores de morbidité identiques du fait d’un ensemble de facteurs différents, qualitatifs et non quantitatifs (un peut avoir des problèmes respiratoires et l’autre des problèmes hépatiques). Les causes des différences quantifiables en matière de morbidité ne sont pas elles-mêmes nécessairement quantifiables. Eh bien, aucune recherche ne permet d’affirmer que deux personnes qui ont un même score d’extraversion ont une propriété psychologique commune, une même « force causale » qui les auraient « poussé » à répondre ce qu’ils ont répondu. Ils peuvent répondre pareillement aux questionnaires, mais pour des motifs très variables et pas nécessairement quantifiables. Pour, si besoin est, me faire comprendre encore mieux, je transposerais l’opposition médecin/assureur vie à l’opposition garagiste/assureur automobile [4]. Il existe des voitures fiables et des voitures non fiables : c’est une connaissance sur les différences de caractère entre les voitures qui intéresse l’assureur automobile. Mais la fiabilité n’est pas une propriété qui explique le fonctionnement de la voiture, si bien qu’en cas de panne le score de fiabilité d’un véhicule particulier est totalement inutile. Ce trait de la voiture ne signifiera rien au garagiste, qui ne va pas rajouter de la fiabilité à une voiture parce qu’elle en manquerait !

Ce qui est plausible n’est pas nécessairement vrai

Le dialogue entre l’assureur et le médecin révèle que la morbidité potentielle n’a pas de rôle causal dans les maux d’estomac d’Emile. L’assureur est bien obligé de le reconnaître. Avant cette confrontation rugueuse avec le médecin, il avait pourtant bien l’impression qu’un diagnostique prenant la forme de la locution « ce client est tombé malade parce qu’il a un score élevé de morbidité » était plausible. Le psychologue des traits est encore loin d’éprouver de telles réticences. Il dira d’une personne qu’elle « se met facilement en retrait parce qu’elle est introvertie ». Ce qui est fascinant ici est que cette phrase est à la fois plausible, car elle sonne juste, et formellement erronée, car l’introversion n’a pas plus de statut causal que la morbidité potentielle. Autrement dit, dire d’une personne qu’elle est extravertie ne revient pas à dire quelque chose sur une éventuelle composante psychique qui serait en elle. Ce n’est peut-être qu’une façon de différencier les gens, comme la morbidité potentielle ou la fiabilité.

Le piège est redoutable, car introverti, contrairement à morbidité potentielle, est utilisé comme une propriété psychologique dans le langage courant. On dit volontiers : « moi, je suis quelqu’un d’introverti », pour se définir soi-même. Le psychologue des traits, épousant cet usage des traits par le commun des mortels, peut donc discuter avec lui de « personnalité » dans les entretiens de restitution. Cette « manière de voir » des psychologues des traits, leur décision de partir du langage courant sans l’analyser théoriquement, leur permet de se définir comme « athéoriques ». Ils seraient sans a priori sur ce qu’est la personnalité et, cela va sans dire, idéologiquement neutres. Leur posture peut se résumer ainsi : « nous constatons que les gens utilisent des traits pour se décrire eux-mêmes et pour décrire les autres et nous considérons que cela peut correspondre à quelque chose de vrai ». C’est plein de bon sens ! Qui pourrait prétendre que ces traits ne seraient là que pour « embobiner les gens » et les induire en erreur ? Ils commettent pourtant une erreur, que je me permettrais de qualifier de grossière, qui relève précisément de cette indistinction entre le plausible et le vrai. Une connaissance, même élémentaire (comme la mienne), en philosophie analytique (je pense à Wittgenstein et à Ryle) est suffisante pour s’en convaincre. Affirmer qu’un terme comme introverti a une réalité psychologique réelle parce qu’il est utilisé comme tel dans le langage courant est certes tentant, mais partir d’une telle prémisse relève d’une conception très rudimentaire du langage et de la connaissance commune que véhicule le langage. Ce qu’il faut étudier, ce sont les pratiques sociales (je reprends le vocable psycho social : Wittgenstein disait « les formes de vie ») qui sont à l’origine de l’usage que les gens font des mots. L’usage dominant qui est fait de certains adjectifs comme « traits de personnalité » a un sens plausible dans les pratiques sociales rendant pertinente la sélection des individus. C’est sous cet angle qu’il faut les analyser. Comment envisager le vocabulaire psychologique indépendamment des fonctions qu’il remplit dans son contexte social d’utilisation ?

Peut-être, après tout, pourrait-on observer que c’est dans ce contexte que se trouve la rationalité d’un trait (ce qui est le cas de la morbidité potentielle) plutôt que d’aller se trouver à l’intérieur les personnes dont on parle dans ce contexte.

Pour conclure

Dans un article récent [5] (qui a heureusement beaucoup de succès car publié dans une revue de référence), il est expliqué que le passage de la connaissance des différences individuelles à la connaissance des propriétés psychologiques relève d’un acte de foi, et non d’une inférence scientifiquement fondée. On peut préciser et parler d’un acte de foi idéologique [6]. C’est l’adhésion à l’idée libérale d’un individu dont les tendances s’expriment naturellement dans la société, (envisagée comme le simple théâtre de ces tendances individuelle) et non comme un agent social qui se dépatouille comme il peut dans des situations qui ont leurs propres rationalité et leurs propres exigences. Les « diagnostics » de personnalité proposés par les psychologues des traits participent au renforcement de cette définition de l’individu : trouver « en soi » les moyens d’agir et regarder « en soi » ce qui ne va pas. Le recalé d’un test de personnalité, piégé par le langage et aidé en cela par des dispositifs sociaux en tout genre (les bilans de compétences par exemple) sera induit à trouver en lui la solution à ses problèmes.

Le passage de la connaissance des différences individuelles à la connaissance des propriétés psychologiques participe donc à la perpétuation de pratiques sociales d’évaluation qui centrent l’explication de ce qu’on évalue sur les individus. En particulier, il s’agira toujours, pour les psychologues des traits, de montrer l’origine individuelle des comportements relevant des insertions sociales : personnalité et recherche d’emploi, personnalité et délinquance, personnalité et performance au travail. Cette connaissance a une utilité, car même si le lien entre performance et personnalité est faible, il est « toujours bon à prendre » pour le commanditaire.

Affirmer, par contre, que cette connaissance est un progrès dans la connaissance des personnes est illusoire.

Notes

[1] Mais rien ne vaut évidemment les revues spécialisées pour poser scientifiquement les termes d’un débat, même polémique. Je me permets d’inviter le lecteur intéressé à consulter la dernière livraison de la revue Psychologie Française (septembre 2006), consacré entièrement au problème de l’approche scientifique de la personnalité. Il s’agit d’un numéro spécial que j’ai coédité avec Astrid Mignon, regroupant les principaux auteurs, internationalement reconnus, ayant des avis différents sur la méthode à adopter pour étudier scientifiquement la « personnalité ».

[2] Galton était le neveu de Darwin. Il fut le pionnier des méthodes statistiques modernes, utilisées notamment dans la psychométrie, mais aussi en psychologie expérimentale, où il s’agit de comparer des moyennes entre des séries de données. Galton n’était pas psychologue, mais son emprise sur les méthodes utilisées dans les sciences psychologiques est très importante.

[3] Cette comparaison est due à Costa et McCrae, les promoteurs du Big Five, dans un livre paru en 1998 appelé « Advanced personality » (page 106).

[4] Je reprends cette analogie de l’excellent article de Daniel Cervone (2006), publié dans le numéro spécial référencé en note 1.

[5] Voir Boorsboom, Mellenberg & Van Heerden (2003)

[6] L’idéologie du modèle des différences individuelles a fait l’objet de multiples analyses, en particulier par l’un des promoteurs de ce site : Jean-Léon Beauvois. En un sens, cet essai n’ajoute rien à ce qui a déjà été dit. J’ai seulement tenté de montrer que le passage de la connaissance des différences à celle des propriétés n’avait pas de preuve scientifique, et qu’il faut donc trouver sa raison d’être ailleurs. Faire appel aux options fondamentales du fonctionnement social pour « découvrir » cette raison d’être me paraît scientifiquement plus raisonnable que d’assumer ce passage comme un « allant de soi ».

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