libéralisme ou démocratie : accueil

[Plan du site maniprop.com]
Accueil du site > Analyses géopolitiques > Alerte orange en Ukraine : les groupes fascistes s’arment

Ukraine, affrontements, crise, risques pour l’économie européenne

Alerte orange en Ukraine : les groupes fascistes s’arment

Les agents oranges feraient appel à des organisations criminelles, le Parquet général saisi.

lundi 17 juillet 2006, par Claude Rainaudi

Irrité d’être laissé pour compte par ses petits copains de la "coalition orange", Alexandre Moroz choisit — en échange de la présidence de la Rada — de quitter la coalition.

Immédiatement, des bagarres sont organisées au Parlement par les oranges.

L’Ukraine joue un rôle fondamental dans l’approvisionnement énergétique des pays de l’Union européenne.

Si le conflit s’aggrave, ses principales conséquences internationales (pour ne pas parler des tragiques conséquences internes que l’on imagine) seront :

- un affaiblissement économique de l’Union européenne ;

- un ralentissement considérable de son intégration économique avec la Russie ;

- la possibilité d’une guerre civile qui pourrait s’étendre aux pays avoisinants.


Texte publié en co-édition avec http://ukraines.fr.

De la « révolution orange » à la peste brune

Bref rappel de récents événements....

Dans le grand enthousiasme des médias dominants, des organisations à la solde des USA ont, en 2004, par la fraude électorale, l’intimidation, les faux sondage à la sortie des urnes, pris le pouvoir en Ukraine. Ce coup d’état, qui a impliqué des organisations nazies, comme l’UNA-UNSO et mis au pouvoir des antisémites notoires, a été baptisé « révolution orange » par ses commanditaires, appellation bien entendu reprise par « nos » médias.

Le 30 janvier 2006, sur maniprop.com, je dénonçais cette opération, en donnant des chiffres, des noms et en publiant des photos, dans l’article De l’antisémitisme et du révisionnisme en Ukraine, reproduit depuis sur UkraineS.fr.

Dans cet article, je mentionnais également les élections de mars 2006, alors à venir, et l’importance de leurs enjeux.

Élections ukrainiennes de mars 2006 : le blocage

Ces élections ont donné la victoire au Parti des régions, dirigé par Viktor Ianoukovitch (Ianukovich) pro-ukrainien, opposé aux agents « oranges » et à leurs commanditaires étasuniens. Elles ont vu la déconfiture du parti "Notre Ukraine" du Président orange, Viktor Iouchtchenko (Yushchenko). En seconde position : la très belle et très machiavélique Ioulia Timochenko (Timoshenko). Avec l’appui du troisième larron de la bande, Alexandre Moroz, la coalition orange avait la majorité à la Rada suprême (le Parlement ukrainien).

Pour la plus grande gloire de Bush, ces tristes sires pouvaient donc proposer un Premier ministre, gardant ainsi un pouvoir absolu sur le pays [1]. C’était sous-estimer l’ego des unes et des autres. Tout le monde voulait avoir toutes les places et Timochenko, évincée de son poste avant les élections, voulait redevenir Premier ministre, ou rien. Blocage.

En l’absence d’un Premier ministre proposé par une coalition parlementaire majoritaire puis accepté par le Président, la constitution ukrainienne prévoit la dissolution de la Rada.

Coup de théâtre à la Rada : changement de majorité

Irrité d’être laissé pour compte par ses petits copains oranges, Alexandre Moroz choisit — en échange de la présidence de la Rada — de quitter la coalition et de rejoindre le Parti des régions et le Parti communiste, tous deux pro-ukrainiens. Les trois partis créent une nouvelle coalition majoritaire qui propose, comme Premier ministre, le pro-ukrainien Viktor Ianoukovitch. Cette coalition prend le nom de Coalition anti-crise.

Immédiatement, des bagarres sont organisées au Parlement par les oranges, qui empêchent les orateurs de s’exprimer à l’aide de cornes de brume et de bombes fumigènes. Le Parti des régions mobilise ses militants qui se rassemblent devant le Parlement. Les oranges font appel à des voyous à moto dirigés par le beau-fils anglais de Ioulia Timochenko : Sean Carr, ainsi que je le signalais le 11 juillet 2006 : Confusion et scènes d’émeutes à la Rada suprème.

Dès le lendemain, le groupuscule pro-OTAN PORA rentre dans la danse avec ses habituelles tentes, sonos et troupes payées outre-atlantique.

Dans la nuit du 13 juillet, au moins un militant pro-US est vu avec une arme à feu en face du Parlement, des échauffourées ont lieu, un coup de feu est entendu : Parlement ukrainien : coup de feu entendu cette nuit.

Les oranges en appellent à la pègre

Le 15 juillet, le Parquet général d’Ukraine est saisi d’une demande d’information relative à la formation de groupes armés, dans la région de Lvov. Ces groupes, dont les membres sont recrutés dans les organisations criminelles et la mafia, s’apprêteraient à semer le chaos dans le pays à la première occasion. La somme de douze millions de dollars aurait été affectée aux émoluments de ces criminels.

Le même jour, des membres du Mouvement étudiant pour l’unité se sont battus avec les activistes pro-US du groupe PORA, devant l’assemblée.

La mobilisation populaire a récemment renvoyé chez eux les Marines étasuniens à coups de pieds au derrière et déclaré la Crimée « Territoire sans OTAN ». Si cette mobilisation s’amplifie suffisamment, les oranges seront renvoyés d’où ils viennent et ne seront plus qu’un mauvais souvenir dans l’histoire de l’Ukraine. Sinon, nous pourrions, et bientôt, payer très concrètement le prix de notre stupidité.

De l’orange dans le gaz

L’Ukraine joue un rôle fondamental dans l’approvisionnement énergétique des pays de l’Union européenne. La presse semble avoir oublié la crise de l’hiver dernier durant laquelle le gaz a été brièvement coupé. Plus de peur que de mal, mais la peur était vraiment justifiée (voir, à ce sujet : Prix du gaz russe en Ukraine, causes et conséquences internationales du conflit).

Le 2 juillet 2006, le porte-parole de Gazprom faisait état de craintes concernant l’approvisonnement de l’Europe si l’Ukraine voulait remettre en cause les accords de l’an passé et en profiter pour recommencer à voler du gaz. Remise en cause défendue à cor et à cri par Ioulia Timochenko.

Le 13 juillet 2006, et sur un plan strictement technique, le vice-président de Gazprom s’inquiétait des risques de coupure de gaz pour l’Union européenne cet hiver . En effet, les stocks de l’Ukraine sont très largement insuffisants : ruinée par la libéralisation des marchés, la privatisation sauvage et la corruption qui l’accompagne, l’Ukraine ne peut plus payer.

L’été sera chaud, l’hiver sera froid

Au-delà de la situation strictement technique, un conflit en Ukraine pourrait bien amener nos amis Roumains, Serbes, Bulgares, Grecs, Italiens... à claquer des dents cet hiver et une partie de leur industrie pourrait se retrouver au chômage technique, faute d’énergie en quantité suffisante.

Il est peut-être temps, pour les plus prévoyants, d’envisager des moyens de chauffage de substitution, mais on ne fera pas tourner des usines avec des bouteilles de butane ou du bois mort...

Si le conflit s’aggrave, ses principales conséquences internationales (pour ne pas parler des tragiques conséquences internes que l’on imagine) seront :

- un affaiblissement économique de l’Union européenne ;

- un ralentissement considérable de son intégration économique avec la Russie ;

- la possibilité d’une guerre civile qui pourrait s’étendre aux pays avoisinants.

Qui bono ?

Ou, en français plus récent, comme dit le célèbre adage policier des Dupondt, « Cherche à qui le crime profite ».

Notes

[1] La constitution ukrainienne prévoit que le Premier ministre doit être proposé au Président par une coalition parlementaire majoritaire formellement définie

Répondre à cet article

7 Messages de forum


Fatal error: Cannot redeclare html_9a725f077a6a06822274285e15b6bdb7() (previously declared in /home/liberali/www/ecrire/public/composer.php(48) : eval()'d code:12) in /home/liberali/www/ecrire/public/composer.php(48) : eval()'d code on line 91