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Caricatures de Mahomet, Liberté d’expression, Liberté de la presse, Liberté d’affichage

Caricatures de Mahomet, Prophètes et liberté d’expression : Retour sur l’affaire

Liberté de la presse et respect de l’intimité, une interview par Aïcha el-Yézidi

mercredi 22 mars 2006, par Claude Rainaudi

Dans l’affaire des caricatures de Mahomet, Jean-Léon Beauvois et Claude Rainaudi ont pris parti, sur maniprop.com, dans une brève intitulée Caricature de Mahomet, Biographie du prophète, menaces de mort. Peu de temps après, Jean-Léon Beauvois était interviewé par Gaétan Laindividûsse de l’Étincelle du Centre Var. C’est aujourd’hui au tour de Claude Rainaudi d’être interviewé au sujet de ces caricatures, de la liberté d’expression et du droit à la vie privée et à la protection de l’intimité par Aïcha el-Yézidi.

Mais qui est Aïcha el-Yézidi ?


Mahomet et la liberté d’expression : un retour nocturne sur l’affaire des caricatures

Il fait nuit. Je prends lentement conscience d’une musique enthousiaste autour de moi... "Белая армия, чёрный барон "... depuis que l’hymne de combat composé par Samuël Pokrass a avantageusement remplacé l’insipide sonnerie de mon téléphone, je distingue aisément l’appel de mon portable parmi les bruits de fond. Il fait nuit. Je n’allume pas et tends la main vers mon téléphone. Je prends la ligne et grommelle : « oui ?... ». Qui peut bien n’avoir rien d’autre à faire que de m’appeler avant le point du jour ?

Aïcha el-Yézidi : Hello, my name is Aisha al-Yazidi, may I speak to Claude Rainaudi ?

Claude Rainaudi : Hmmmmm... Ni gavariti pa-franssouski ? (me réveiller est une mauvaise idée, mais me réveiller en anglais est une très mauvaise idée...)

A el-Y : Kaneshna, gavariu ! Vous êtes donc Claude Rainaudi ?

J’ai toujours les yeux fermés et j’aperçois à peine la lueur de l’écran de mon téléphone. Du fond de mon semi-coma, je note le sens de la répartie de mon interlocutrice. La vivacité d’esprit ayant autant d’effet sur moi que des bas de soie bien portés, je me sens tout-à-coup moins bourru.

Cl-R : Oui, c’est moi...

A el-Y : Je suis très heureuse de vous entendre. Je pense que je vous réveille et je vous remercie de votre disponibilité, ça me fait plaisir de tomber sur quelqu’un d’aussi aimable que vous.

La garce a manifestement lu le "Petit traité". Elle en joue sans que je sache si c’est au premier ou au second degré. Elle a réussi à m’intriguer (mais peut-être n’est-ce qu’une rationalisation...). Sa voix élégante virevolte autour de moi et butine mes sens alanguis.

Cl-R : C’est pas grave, c’est à quel sujet ? (je me sens nullard à souhait... je n’arrive pas à me réveiller complètement).

A el-Y : Avec Jean-Léon Beauvois, vous avez publié, sur maniprop.com, une brève relative aux caricatures du Mahomet : Caricature de Mahomet, Biographie du prophète, menaces de mort.. Depuis, votre ami a été interviewé à ce sujet par Gaétan Laindividûsse. À mon tour, je voudrais, si vous le voulez bien, entendre votre point de vue personnel...

Cl-R : Mon point de vue... d’accord.

A el-Y : Je vous remercie, vous êtes vraiment aimable avec moi.

Cl-R : Bon, n’en faites pas trop, tout de même...

Sa chevelure caresse mon visage, senteurs de poivres rares, muscade, cèdre et santal... Sa chevelure ?

A el-Y : Claude, vous m’entendez ?

Voilà que je m’étais rendormi !

Cl-R : Oui Aïcha, excusez-moi, je suis un peu embrumé, ce n’est pas vraiment mon heure.

A el-Y : Je vous disais donc que Jean-Léon Beauvois, qui a cosigné la brève Caricature de Mahomet, Biographie du prophète, menaces de mort. avec vous a, depuis, été interviewé par Gaétan Laindividûsse, de l’Étincelle du Centre-Var. Lors de cette interview, Caricatures de Mahomet : des limites à la liberté d’expression ?, il a tenu à différencier la liberté d’expression de la liberté de la presse...

Cl-R : Oui, et je suis d’accord avec le fait d’insister sur cette nuance. La liberté de la presse, en effet, n’est que virtuelle : il faut beaucoup d’argent pour publier un journal, et c’est souvent la publicité qui paye... En ce qui me concerne, je souhaiterais aussi distinguer la liberté d’expression de la liberté de publication ; le droit de dire quelque chose et le droit de le publier s’appliquent à deux pratiques différentes. La publication touche plus de destinataires et elle a un caractère semi-institutionnel, il y a donc, et c’est normal, des choses que l’on peut dire et qu’il est interdit de publier, même dans une réelle démocratie. Ce sont d’ailleurs, souvent, des choses qu’il vaudrait mieux s’abstenir de dire.

A el-Y : Vous pensez donc qu’il faudrait interdire la publication des caricatures de Mahomet, tout en laissant les gens qui le souhaitent crayonner toutes les caricatures qu’ils veulent dans un contexte privé ?

Cl-R : Que nenni, jeune fille ! Je pense qu’il serait scandaleux d’interdire ce type de publication. Toutefois, au-delà de la liberté d’expression et de la liberté de publication, il me semble que la liberté d’affichage pourrait trouver là une limite.

A el-Y : La liberté d’affichage ?

Cl-R : Oui, personne n’est obligé d’ouvrir un journal qui contient des propos ou des dessins pouvant être blessants, je pense donc que l’hystérie qui a suivi la publication de ces caricatures — de mon point de vue bien innocentes, il suffit, pour s’en convaincre, d’aller les voir sur wikipedia — relève de la mauvaise foi ou de la bigoterie. En revanche, si quelque riche provocateur faisait afficher dans nos villes, par exemple, « Jésus-Christ est un hippy, Mahomet est un fêlé », on pourrait légitimement le lui reprocher. En effet, il serait impossible de ne pas voir l’affiche, même involontairement, et je comprendrais que des gens, même raisonnables, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou hippies, puissent se sentir agressés.

A el-Y : En ce qui concerne ce que vous appelez la liberté de publication, que faudrait-il interdire ?

Cl-R : De mon point de vue, le moins de choses possible ! L’incitation explicite et effective à commettre des actes légitimement et légalement considérés comme criminels, la diffamation et l’injure. Il y a déjà trop de choses interdites.

A el-Y : Vous mentionnez la diffamation. Pensez-vous — certains l’ont fait — qu’il soit pertinent de laisser une certaine presse traiter, par exemple, Mahomet de pédophile. N’y a-t-il point là une forme de diffamation de tous les musulmans ?

Cl-R : Pertinent n’est pas le terme dont j’userais... de plus, dire que Mahomet a eu tel ou tel comportement n’exprime en rien que tous les musulmans, ni même les plus fanatiques d’entre eux, ont, de nos jours, le même comportement.

A el-Y : Donc...

Cl-R : Donc, ce n’est pas une diffamation visant tous les musulmans.

A el-Y : Vous n’avez toujours pas répondu sur la pertinence...

Cl-R : C’est vrai. Je pense que c’est légitime, pas pertinent. Ce qui serait pertinent serait de répondre intelligemment.

A el-Y : Je vous écoute...

Cl-R : Le droit et la morale évoluent au cours des âges. Aucun érudit musulman ne semble contester le fait que Mahomet a bien épousé votre homonyme, Aïcha, sa quatrième femme, alors qu’elle avait six ans même si la plupart d’iceux considèrent qu’il a attendu que la gamine ait neuf ans pour consommer les épousailles. Mais, par ailleurs, aucun historien français ne conteste le fait que certains de nos rois entretenaient des harems de petits garçons ; cela ne fait pas de tous les Français des pédérastes. Par contre, quand, de nos jours, « le mollah » Omar, chef taliban, livre sa fille de onze ans à Ben Laden, il me semble normal de considérer la transaction comme criminelle.

A el-Y : Imaginez que j’ai été violée à neuf ans et que vous le sachiez...

Cl-R : ?

A el-Y : Évoqueriez-vous les épousailles de celle que vous appelez « mon homonyme » en ma présence ?

Cl-R : Certes non !

A el-Y : Et pourquoi ?

Cl-R : Tout simplement pour ne pas risquer de réactiver le traumatisme, « ne parle pas de corde dans la maison du pendu », dit le proverbe. C’est une courtoisie élémentaire.

A el-Y : Vous n’en parleriez pas pour éviter de me blesser en provoquant des émotions violentes et douloureuses ?

Cl-R : En quelque sorte.

A el-Y : Imaginez maintenant que je sois sincèrement et profondément musulmane, imaginez que le simple fait de savoir que Mahomet a été caricaturé me plonge dans le désarroi...

Cl-R : Oui...

A el-Y : Ne voudriez-vous pas interdire la publication des caricatures ?

Cl-R : Non, certainement pas, ce n’est pas la même chose.

A el-Y : Bien sûr, que ce n’est pas la même chose, pour un chrétien, le viol physique est le pire, pour un musulman, c’est le viol moral de ce qu’il a de plus sacré...

Cl-R : Eh ! Je ne suis pas chrétien !

A el-Y : D’accord, excusez-moi.

Cl-R : Et j’ai du mal à croire qu’une femme, fût-elle musulmane dévote, puisse préférer le viol à la caricature, excusez-moi, mais je trouve cela difficile à admettre. J’en profite pour vous signaler qu’il n’y avait quasiment pas de femmes dans ces manifestations.

A el-Y : J’ai peut-être mal formulé mon propos. Par ailleurs, je ne parlais pas du viol en lui-même, mais de son évocation devant la victime. Pouvons-nous imaginer, comme hypothèse d’école, l’existence d’un groupe culturel dans lequel l’évocation de l’insulte aux symboles sacrés génère plus de douleur morale que l’évocation d’un viol ?

Cl-R : Comme hypothèse d’école, assurément.

A el-Y : Je vous trouve parfois un peu frileux mais... passons. Pourquoi faudrait-il respecter les douleurs morales reconnues dans votre culture et mépriser celles reconnues dans ce groupe que nous venons d’imaginer ?

Cl-R : Qui a parlé de les mépriser ? Je n’évoquerais pas, de moi-même, ces insultes si j’étais en présence de membres de ce groupe... quel intérêt ? En revanche, et pour reprendre votre exemple, si l’on devait limiter le droit de publication par le risque, ou même la certitude, de blesser moralement qui que ce soit, il faudrait interdire de publier des articles sur le viol pour ne pas risquer de blesser une femme violée par la simple évocation du terrible traumatisme qu’elle a subi. Autant interdire tout et tout de suite, sauf la publicité commerciale : on gagnera du temps. Je note, par ailleurs, que ce ne sont pas les caricaturistes, ni les éditeurs danois, qui ont blessé certains musulmans, mais ceux qui leur ont fait savoir que ces caricatures avaient été publiées par un obscur journal qui, sans eux, serait resté dans l’obscurité

A el-Y : Fallait-il donc autoriser les caricatures et interdire d’en parler ?

Cl-R : Taquine ou cruelle, Aïcha ?

A el-Y : Curieuse de voir jusqu’où vous irez.

Cl-R : Si l’on se place du point de vue de l’incitation à la haine, ceux qui ont parlé des caricatures dans la simple intention d’exciter des agités du turban me paraissent plus coupables que ceux qui les avaient publiées quelques mois auparavant sans que nul ne s’en émût.

A el-Y : Donc, vous voulez interdire les publications qui ont défendu les musulmans...

Cl-R : Grrrrrrrrrrrr !

A el-Y : Bon, là, j’étais taquine... Dans cette affaire, pour résumer, que pensez-vous qu’il eût fallu interdire ?

Cl-R : Les menaces, insultes et appels à la violence ou au meurtre contre des journalistes, éditeurs, humoristes...

A el-Y : Uniquement ?

Cl-R : Pour autant que je connaisse l’affaire, oui. C’est d’ailleurs dans ce sens que Jean-Léon Beauvois et moi-même avons publié sur maniprop.com un texte de solidarité avec Stéphane Arlen, du site FaireLeJour.org.

A el-Y : Vous ne voudriez pas que l’on interdise les textes qui, sans menaces ni insultes, demandent l’interdiction de la publication de caricatures de Mahomet ?

Cl-R : Grands Dieux non ! Que serait un principe si absolu qu’il ne se soumette à la critique ? Je pense que c’est par le débat critique que l’on peut continuer de construire ensemble les concepts de libertés d’expression, de presse, de publication, d’affichage... et les autres...

A el-Y : Vous placez donc quelque chose au-dessus de ces libertés ?

Cl-R : Melek Taus, l’esprit critique.

A el-Y : L’esprit critique ?

Cl-R : Dix mille regards pour dix mille points de vue sur l’objet que l’on partage.

A el-Y : Melek Ta’us, porteur de la lumière de la pensée... comment avez-vous deviné ?

Cl-R : El-Yézidi, c’était facile, non ?

Je marche dans un univers gris et indistinct. J’avance vers une tour de granit où, ayant abandonné la toute puissance du solipsisme, des esprits construisent un monde réel. Une femme, la peau lapis-lazuli, nue, les cheveux oeil-de tigre. Derrière ses pupilles luisent des flammes qui éclairent la caverne de l’intérieur.

"Белая армия, чёрный барон / Снова готовят нам царский трон..."

Mon téléphone ?

Il vibre dans ma main droite, à travers mes paupières, que je tiens scellées, les clignotements de l’écran lancent des lueurs colorées. Du pouce, je décroche.

A el-Y : Claude ? C’est Aïcha ! Tu vas bien ?

Cl-R : Oui, ça va...

A el-Y : Je ne t’entendais plus, je me suis inquiétée. J’ai raccroché pour te rappeler.

Cl-R : Oui, excuse-moi, je crois que je me suis endormi, je suis épuisé.

A el-Y : On continue quand même ? Si tu es d’accord, bien sûr...

Cl-R : Mouais, mais on va dire que tu m’as assez engagé comme ça, alors, si tu me fais une identification de l’acte, j’entre en réactance, d’accord ?

A el-Y : Que tu es drôle !

Sa voix qui enchaîne des harmonies sous mes vertèbres... cette femme est un démon. En plus, elle me l’a faite, son identification !

Cl-R : Je m’avoue vaincu et me livre à tes questions.

A el-Y : J’ai trouvé intéressante la distinction que Jean-Léon Beauvois a faite entre idéologies et religions. Qu’en penses-tu ?

Cl-R : Tu peux me rappeler ce point ? Je te répète que je suis sur les rotules...

A el-Y : Ordinairement, les laïcs classent les religions parmi les idéologies. Pour résumer son propos de façon un peu caricaturale, Beauvois préfère différencier les deux concepts : les religions traitent du sacré, du sens de la vie et de la mort, alors que les idéologies relèvent plutôt du sens donné à un fonctionnement social. Ainsi, les religions qui s’interdisent d’interférer avec la République ne devraient pas relever du débat public.

Cl-R : Tant que l’on reste au niveau du concept, la distinction me paraît pertinente et je pense qu’elle permettrait de relancer le débat sur la laïcité, ce que je souhaite. Si l’on redescend dans le monde concret, et Beauvois, au demeurant, le mentionne, il est difficile de trouver une religion qui n’ait pas de nature idéologique. Par ailleurs, il me semble que la seule idéologie exempte de religion — au sens où Beauvois l’entend — pourrait être le libéralisme radical, pour qui seul l’égoïsme est moral [1]. Le nationalisme, réciproquement, ne donne-t-il pas un sens à la vie et à la mort ? S’agit-il de religions idéologisées, d’idéologies sacralisées ? Ce qui me paraît ne pas relever du débat public est de l’ordre du sentiment intime. Si quelqu’un éprouve une expérience intime en lien avec une croyance ou une pratique, religieuse ou mystique, de quelque nature qu’elle soit, je ne vois pas ce que le débat public pourrait lui apporter, ni ce que cela pourrait apporter au débat public. Je pense, d’ailleurs, que les gens qui ont accès à ce genre d’expériences n’en parlent tout simplement pas et ignorent avec indifférence les critiques ou quolibets qui pourraient les remettre en cause. En revanche, deux autres concepts me paraissent propres à éclairer l’affaire des caricatures de Mahomet : celui de dogme et celui d’identification à un groupe.

A el-Y : Tu peux préciser, pour l’identification au groupe ?

Cl-R : Oui. Je pense que les réactions que nous avons pu observer n’ont pas grand-chose à voir avec le sentiment du sacré que certains peuvent chercher à travers l’islam. Je pense que ces réactions sont en rapport avec l’identification de certains musulmans au groupe de la Oumma, l’ensemble des musulmans. Je forme l’hypothèse que ces musulmans perçoivent ce groupe comme injustement traité.

A el-Y : Peut-être l’est-il vraiment...

Cl-R : Peut-être... Là n’est pas la question, les réactions des membres d’un groupe dépendent plus de la perception qu’ils ont de la place de ce groupe dans une société que de cette place, objectivement décrite, elle-même.

A el-Y : Que l’on s’identifie à un groupe ou aux symboles de ce groupe, quelle est la différence ?

Cl-R : Redoutable question, qui nécessiterait une autre interview à elle seule. Le point sur lequel je voudrais plutôt attirer votre attention est le suivant. L’expérience du sacré est intime, elle n’appelle pas de réaction collective et bruyante et elle ne peut être mise en cause par un symbole ou son usage. Lorsque les talibans détruisent au canon les statues géantes du Bouddha, la réaction des bouddhistes ne se distingue pas de celle de l’ensemble des gens civilisés : l’horreur, l’incrédulité et la tristesse face à la destruction délibérée d’une partie du patrimoine de l’humanité. Ce n’est pas l’affront au symbole qui choque, c’est l’outrage à l’Histoire. Eussent ces abrutis concassé des milliers de figurines du Bouddha fabriquées à la chaîne qu’ils n’eurent attiré l’attention de personne. Par contre certains musulmans semblent plus choqués quand des militaires US utilisent des pages de Corans polycopiées comme papier hygiénique que lorsqu’ils torturent et assassinent leurs coreligionnaires.

A el-Y : Suggéreriez-vous que, en s’en tenant à la terminologie de Beauvois, l’islam tiendrait plus de l’idéologie que de la religion ?

Cl-R : Je suis loin d’être assez imprégné du sujet pour vous donner une réponse générale, d’autant qu’il y a de nombreuses manières de se considérer comme musulman, dont beaucoup n’ont rien de fondamentaliste. Mais l’islam revendiqué par les manifestants, je pense, est surtout une idéologie, idéologie inspirée depuis des lustres par les PSYOP étasuniens, entre autres pour inciter au massacre en Indonésie, semer la désolation dans le Sud de l’Union soviétique puis de la Russie ou pour contrer le mouvement socialiste panarabe. Après tout, Ben Laden est une fabrication de la CIA. Le fait que le moment puisse être bien choisi pour exciter les Arabes contre les Européens — et réciproquement, surtout réciproquement — me semblerait assez intéressant pour qu’on le remarquât.

A el-Y : C’est assez facile de ridiculiser un petit groupe de musulmans qui s’entretuent pour des caricatures somme toute quelconques, mais un extraterrestre pourrait tout aussi bien ridiculiser les réactions de l’humanité toute entière lorsque l’on s’attaque à d’autres symboles...

Cl-R : Sans doute... mais encore ?

A el-Y : Vous vous souvenez sans doute de cette équipe de skinheads avinés qui, en mai 1990, à Carpentras, avaient déterré le cadavre d’un Juif pour l’empaler avec un parasol ? Et des manifestations qui avaient suivi ?

Cl-R : Ce n’est pas la même chose...

A el-R : Oui, bien sûr, dès que les Juifs sont concernés, ce n’est jamais la même chose...

Cl-R : Tu concevras quand même que l’émotion suscitée par la sodomie d’un cadavre puisse être plus justifiée que celle liée à de simples dessins...

A el-Y : Et pourquoi donc ? Je t’ai parlé d’un extraterrestre... Un cadavre promis, de toute manière, aux vers et aux bactéries est-il autre chose qu’un symbole ? Tu conviendras qu’il ne pense ni ne ressent... Et si, pour un musulman pratiquant, il était plus douloureux d’apprendre que l’on a caricaturé son principal prophète que d’apprendre qu’on a sodomisé le cadavre d’un musulman anonyme ?

Cl-R : Tu conviendras, pour ta part, qu’une caricature ou un pamphlet vise à exprimer une opinion, un sentiment, une revendication... Par exemple, dans le cas des caricatures de Mahomet, la revendication du droit au blasphème ou l’expression d’une vision spécifique de la liberté d’expression et de publication. Déterrer un mort comme à Carpentras n’exprime rien d’argumentable. C’est une injure gratuite qui n’a pas l’excuse d’une pensée articulée pour la motiver.

A el-Y : Comme l’usage scatologique des pages du Coran à Guantanamo ou Abou Gharib ?

Cl-R : Sans doute, mais à un autre niveau.

A el-Y : Je t’écoute...

Cl-R : Il est vrai que la profanation d’un cadavre s’attaque à un symbole, pas à un être vivant, mais elle s’en prend, avec une incroyable méchanceté, aux sentiments que les proches du mort avaient éprouvé pour lui de son vivant, sentiments qui, eux, n’avaient rien de symbolique et touchent encore à leur intimité. C’est sans doute en partie pour cela que la notion de « respect dû aux morts » existe en droit français. C’est aussi pour cela que je considère que l’organisation, par un journal iranien, d’un concours de foutage de gueule des victimes des génocides hitlériens n’est pas de la même nature que la publication de caricatures de quelque « prophète » que ce soit : il y a des survivants et, surtout, des familles de disparus, qui pourraient être atteints dans leur intimité [2] D’ailleurs, tu as pris le soin de préciser « le cadavre d’un musulman anonyme ». Lorsqu’il n’est plus anonyme, tout change.

A el-Y : Le mort de Carpentras avait donc une famille nombreuse...

Cl-R : Pardon ?

A el-Y : Des centaines de milliers de gens ont manifesté contre la profanation, tu ne feras croire à personne qu’ils connaissaient tous la victime.

Cl-R : Certes. Quoique, de mon point de vue, le mort n’était pas la victime, ce sont ses proches qui l’étaient.

A el-Y : Je te vois venir de trop loin : ne change pas de sujet... la plupart de ces gens avaient manifesté contre une attaque symbolique contre leur religion, non ?

Cl-R : Non.

A el-Y : Non ?

Cl-R : Non, pas contre une attaque de leur religion, contre une attaque de leur ethnie. Hitler n’a jamais eu quoi que ce soit à foutre de la religion de certains Juifs à laquelle, de toute manière, il n’entravait que couic, c’est le caractère ethnique de ce qu’il appelait la « juiverie » qui attira ses foudres. La réaction à la profanation n’était pas religieuse, elle était politique, j’en veux pour preuve les slogans et les banderoles utilisés lors des manifestations. Je gage, au demeurant, que les plus sincèrement religieux des juifs (je ne parle pas des « Ben Laden » extrémistes) ont, à cette époque, passé plus de temps en prière qu’en défilés protestataires. La plupart des manifestants, d’ailleurs, n’étaient pas juifs.

A el-Y : Et ça change quoi ?

Cl-R : Tout.

A el-Y : ...

Cl-R : Contester ou combattre une croyance, une opinion, une idéologie est soit de l’ordre du débat, si l’on a affaire à un adversaire capable de débat, soit de l’ordre du combat pour la liberté de débattre, si l’adversaire veut interdire cette contestation. Contester une ethnie, une race, une nationalité relève de l’intolérance raciste. Dire qu’Abraham (si tant est qu’il ait existé) était un illuminé et un salopard — illuminé et salopard qu’à l’heure actuelle toute nation civilisée jetterait en prison ou en hôpital psychiatrique avec horreur, que ce soit pour tentative d’infanticide ou pour délire hallucinatoire —, relève de la contestation d’une croyance et d’une référence religieuses qui remet en cause les plus populeux des monothéismes. Il me semble tout à fait légitime de défendre et de publier pareille opinion. De la même manière, dire que Moïse (encore une fois, si tant est qu’un tel personnage ait existé) est la mère de tous les criminels de guerre me paraît légitimement défendable et publiable. En revanche, dire que les Juifs ou les Gitans sont par nature des illuminés, des salopards ou des criminels de guerre constitue une insulte à l’ensemble de l’ethnie concernée et devrait être condamné.

A el-Y : Si je comprends bien, tu tiens à distinguer les Juifs en tant qu’ethnie et les juifs en tant que groupe religieux ?

Cl-R : Oui.

A el-Y : Ce qui est bien pratique et te permet de faire bénéficier indirectement le religion juive d’un statut dérogatoire.

Cl-R : Ksssssssssss !

A el-Y : Non, pas « ksssssssss ! » : seuls les juifs, avec ou sans majuscule ethnique, bénéficient de ce double statut. Tu avoueras tout de même que rares sont les pratiquants de la religion juive qui ne participent pas de l’ethnie juive ?

Cl-R : Incontestablement. Mais je ne vois pas pourquoi ce serait justement ce double statut qui entraînerait un traitement du judaïsme qui soit différent du traitement des autres religions ou un traitement de la judéité qui soit différent du traitement de l’appartenance à d’autres ethnies. C’est, à mon avis, la confusion des deux concepts, croyance religieuse et appartenance ethnique, utilisée — sans doute de façon délibérée — par les extrémistes, qu’ils soient partisans du Grand-Israël ou antisémites, qui pollue le débat. Si nous prenons le temps de nous demander, chaque fois que la confusion s’avère possible, si l’on parle de croyance religieuse ou d’appartenance ethnique, je pense que nous pourrons petit à petit rendre à nouveau possible un débat qui ne semble plus l’être. Nous assistons, depuis quelques années, à un pourrissement similaire relatif à l’islam. La propagation, dans le vocabulaire courant et médiatique, de l’appellation « musulmans » pour désigner, par exemple, les Maghrébins, doit, je pense, être combattue avec fermeté. Une fois encore, on peut changer d’opinion, d’idéologie ou de religion, alors que l’on hérite de son appartenance ethnique. Les premières relèvent du débat, la seconde du respect ou, au moins, de l’acceptation, d’une différence beaucoup moins labile. De nombreux Maghrébins, par exemple, sont athées, agnostiques ou tout simplement indifférents à la religion. D’autres peuvent adhérer à des croyances non islamiques. De quel droit les traite-t-on de « musulmans » ? Dans quel but incite-t-on le public à placer des étiquettes religieuses sur des faciès, pratique que je tiens pour une des formes les plus abjectes du racisme ? Qui a, ainsi, intérêt à favoriser des divisions dans la société française pour y préparer des conflits ?

A el-Y : Ce qui nous ramène aux identifications groupales...

Cl-R : Tu crois ?

A el-Y : Oui, l’identification est plus forte quand l’appartenance est stable...

Cl-R : Je n’en suis pas sûr. Il faudrait consulter la littérature spécialisée. Ça changerait quoi ?

A el-Y : Tu sembles considérer qu’une appartenance est d’autant moins contestable qu’elle est stable...

Cl-R : Alors, je me suis mal exprimé. Ce n’est pas tant la stabilité de l’appartenance qui m’intéresse que la nature de ce qui la fonde. L’appartenance ethnique, dont nous venons de parler, échappe à la critique tout simplement parce qu’elle ne relève pas plus du débat public que, par exemple, l’appartenance familiale. L’appartenance religieuse ou idéologique relève de productions de la pensée humaine, les religions et les idéologies, productions qui, elles-mêmes, relèvent du débat public. Par ailleurs, celle-ci relève d’un choix délibéré tandis que celle-là est imposée par la naissance. Dire que telle ou telle religion est une connerie criminelle est légitime, si, bien sûr, ceux qui contestent ce propos ont le droit d’y répondre. Tenir un discours similaire au sujet d’une ethnie ne l’est pas car ça ne remet pas en cause une production de la pensée humaine mais bien des êtres humains en tant que tels.

A el-R : Il est donc légitime d’inciter à la haine des musulmans, mais pas à la haine des Maghrébins...

Cl-R : Pas de mon point de vue. Inciter à la haine des membres d’un groupe, quel qu’il soit : ethnique, d’opinion, confessionnel, professionnel, etc., me semble peu légitime. Encore une fois, si cette incitation est exprimée délibérément et explicitement dans un contexte qui laisse supposer des effets probables, je la trouve condamnable. Critiquer une opinion fondatrice d’un groupe, ou exprimer ses sentiments à l’égard de cette opinion me paraissent, en revanche, des droits fondamentaux des personnes et des groupes eux-mêmes. Je pense qu’il est tout à fait légitime de critiquer, y compris de façon émotionnelle ou même de ridiculiser la religion musulmane, le (néo)nazisme ou le libéralisme, par exemple. Cela n’autorise en rien à appeler explicitement au massacre des musulmans, des (néo)nazis ou des libéraux.

A el-Y : Il faudrait donc distinguer, d’une part, les idées et, d’autre part, les hommes qui les acceptent ou même les défendent.

Cl-R : Je le souhaite. Cela me paraît un préalable au débat.

A el-Y : Quelles que soient ces idées ?

Cl-R : J’en suis persuadé. J’ai tendance à m’opposer, dans tous les domaines, à cette « exception d’extrémisme » que certains voudraient appliquer à leurs pires opposants. Accepter de considérer que quelqu’un n’est pas ou n’est plus humain crée un précédent et un prétexte à toutes les généralisations. Ainsi, je m’oppose à la peine de mort en temps de paix dans tous les cas. Si révoltant qu’ait pu être le comportement de l’immonde Pinochet, par exemple, et si légitime que serait une vengeance à son égard, je combattrais — sans grand enthousiasme, je l’avoue — toute proposition de pratiquer, même sur un tel criminel, un assassinat froid et légal.

A el-Y : Nous nous éloignons du sujet...

Cl-R : C’est quoi, le sujet ? (Sourire).

A el-Y : Les caricatures de Mahomet.

Cl-R : ...

A el-Y : Me permets-tu de tenter de résumer ton point de vue sur la question ?

Cl-R : Vu l’état dans lequel je me trouve, je pense qu’il en a bien besoin... (rire).

A el-Y : Certes (rire). Allons-y. Tu penses que la publication de caricatures offensant les tenants d’une religion ou d’une idéologie doit être autorisée, ainsi que toute forme de critique d’une opinion ou d’une attitude, y compris les tiennes. Mais qu’une spécificité de « liberté d’affichage » pourrait être introduite dans certains cas, à savoir les cas de critiques non argumentées, émotionnelles et pouvant profondément blesser quelqu’un.

Cl-R : Oui. Je suis partisan du blasphème, pas de la cruauté. Je pense aussi que ce droit au blasphème devrait être rétabli en ce qui concerne les organisations commerciales. Que l’on puisse condamner un auteur ou lui interdire de publier parce qu’il fait perdre de l’argent à telle ou telle entreprise, par exemple en caricaturant son logo, montre que l’ultralibéralisme a, lui aussi, ses lois contre le blasphème : son dieu unique, le pognon, a des tribunaux pour le défendre.

A el-Y : Tu penses que l’expérience intime est exclusive du débat public, mais que toute religion qui déborde sur l’espace public renonce, par là-même, à cette protection de la vie spirituelle de ses adeptes.

Cl-R : Oui, il est trop facile de s’embusquer derrière le sacré quand on en a besoin pour en sortir dès qu’on y a intérêt et celà, de mon point de vue, concerne tous les domaines de l’intimité protégés par le droit à la vie privée. Quand Sarkozy, par exemple, expose son couple en première page des tabloïds parce que ça lui fait de la pub, puis menace de procès ceux qui continuent d’en parler lorsqu’il se fait peu ou prou cocufier, puis reviens en première page quand ça fait à nouveau de la pub, non content d’être ridicule, il abuse manifestement d’un droit à la vie privée auquel il renonce quand ça l’arrange. Que l’on protège la vie privée des gens, qu’elle soit sexuelle, affective, spirituelle ou autre me paraît essentiel. Mais je pense que ceux qui renoncent à cette protection, dans un ou plusieurs de ces domaines, doivent assumer les conséquences de leur choix.

A el-Y : Tu considères que les réactions aux caricatures du « prophète » résultent plus d’une identification à un groupe que l’on considère comme stigmatisé que d’une blessure d’un vrai sentiment intime.

Cl-R : Oui, je pense que la comparaison avec les réactions des bouddhistes au massacre des Bouddhas géants par les talibans illustre bien ce point. Je considère — je viens de t’expliquer pourquoi — que ceux qui utilisent à tort et à travers l’épithète « musulman » pour désigner des gens qui ne le sont pas tous sont parmi les — involontaires — coupables des exactions que nous avons pu constater.

A el-Y : Il y a un point que tu as évoqué sans le développer, celui du dogme.

Cl-R : C’est vrai, et il me paraît essentiel.

A el-Y : Essentiel ?

Cl-R : Essentiel. Le dogme est, par définition, exclu du débat, donc de l’intelligence, alors qu’il est une production de la pensée humaine. S’en débarrasser est toujours une urgence.

A el-Y : C’est un dogme ?

Cl-R : Non : on en peut débattre.

A el-Y : Bon, je dois te laisser maintenant. À bientôt, Claude.

Cl-R : À bientôt, Aïcha.

"Белая армия, чёрный барон / Снова готовят нам царский трон..."

Tiens, elle rappelle déjà ?

J’essaye de décrocher, ma main est vide. Je cherche mon téléphone à tâtons, il est encore sur ma table de nuit. J’entrouvre les yeux en crispant les paupières de sommeil. Il fait jour. C’est l’après-midi.

C’est une histoire de fous : j’ai rêvé toute cette interview pendant ma sieste dominicale.

Mais d’où viennent ces senteurs de poivres rares, de muscade, cèdre et santal qui persistent autour de moi ?

Notes

[1] Il est cocasse de noter que ses zélotes sont souvent les pires des superstitieux, comme, pour ne citer que lui, George W Bush.

[2] Il est remarquable de constater que, loin de sombrer dans le ridicule des manifestations contre des caricatures, les Israéliens ont organisé leur propre concours. Comme quoi l’humour juif peut être noir. Les caricatures antisémites israéliennes sont visibles ici.

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13 Messages de forum

  • J’interviens sans doute un peu tard dans le débat, mais je le trouve totalement inutile ; il ne s’agit ni de liberté d’expression, ni de "caricatures". Autant j’admets que nous, "Occidentaux", civilisés paraît-il, puissions caricaturer qui nous voulons (sauf, évidemment, en attendant les suivants, et sous peine de poursuites ou d’agressions -voir Dieudonné-, les Juifs, le génocide des Juifs, les exploits de "Tsahal" en terre palestinienne etc., ), autant je considère au moins une des prétendues "caricatures", celle qui coiffe Mahomet d’une bombe, non pas comme "caricature", mais bel et bien comme provocation à caratère politique : elle revient à traiter tous les Musulmans de terroristes, ce qui n’a plus rien à voir avec l’ironie ou l’humour. Je ne comprends pas que nous ne fassions pas cette distinction pourtant élémentaire. Désolé.

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    • je te remerci max je voulez juste vous donné un exemple concrai si pour vous la liberté d expression na aucune limite imaginé keu je produit un grand cotidien et keu du jour au landemain je publi ce texte " vous les francais je vous baise vous et votre republique de merde vous et votre democracie superficiele vous et vos droit de l homme blanc et votre systemes athé vous et vos juif de merde vous et votre sionisme caché vous et vos valeur fondamentales et votre races JE VOUS BAISE votre police et votre armé vos femme et vos fille vos institution et votre justice a deux vitesse et keu je t ermine par merci la liberté d expression " kes k il mariveré par la suite je pense keu vous trouvré dans votre code penale des loi pour me ruinné pour me fair taire est ce keu g raison en tant keu musluman ces caricature ou kel keu soi la caricature du prophete S.A.V. est tro GROS pour etre excusé ou ignoré au nom de la liberté com ce keu je vien de marké ci deussu en ne jou pas avc les sentiment d un peuple entier ki croi profondement en kelkeu chose normallement c caricatrure k il soi maudi sont une raison suffisante pour le djihad honte a nous les musluman ki feson les sourd d oreille c caricature sont des crime contre l humanité honte a nous ki n avons pas reussie a les fair taire keu dieu tou puissan pardonne nos peché en le payra tous tré chere ces insulte aveugle et non fondé vers son bien aimé tot ou tard la renaissance de l islam est tré proche

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  • J’interviens encore plus tard dans le débat, mais je ne le trouve pas du tout inutile.

    Parce que je trouve fort utile de défendre la liberté de penser et la liberté d’expression (indissociables) contre la prétention des religions, quelles qu’elles soient, à vouloir intervenir dans l’espace public pour dire ce qui serait licite ou illicite et à vouloir imposer à tous leurs valeurs respectives (et variées, qui plus est, ce qui est donc en soi impossible). Les religions n’ont pas à dicter la loi à l’Etat. Elles n’ont pas à restreindre la démocratie ni à contester ce que la politique a acquis de haute lutte : la liçberté et la même loi pour tous, y compris pour les Eglises. dans un apys laïque aucune confession ne peut dicter sa loi à l’Etat, ni vouloir s’imposer à tous les citoyens. Que les religions s’occupent de leurs fidèles, et aps des autres. Et qu’elles laissent l’esprit libre, y compris dans ses possibilités d’impertinence. Que les religions s’abstiennent de faire de la politique et on n’aura rien à leur dire. Leur liberté sera respectée, entière.

    Je voulais vous écrire aussi sujet de la manière dont wikipedia traite l’affaire des caricatures : elle n’est ni exacte ni honnête. L’article déforme complètement les faits et donne une version insidieuse, et insidieusement orientée, en faveur de la version islamiste donnée par les acteurs qui ont fabriqué toute l’histoire et les protagonistes de l’orchestration du scandale supposé indigner les foules. (les imams radicaux proches des Frères musulmans qui ont monté toute l’affaire et fabriqué de fausses caricatures parfaitement insultantes pour les personnes, du genre sodomie par un animal durant la prière et autres images d’aussi bon goût, rabaissant le musulman lui-même et tout à fait hors propos qui était de dénoncer l’islamisme)

    La provocation des imams radicaux (tendance Frères musulmans) qui ont fabriqué des fausses caricatures, particulièrement choquantes et méprisantes pour les musulmans qui sont allés en ambassadeurs les porter à leurs collègues imams radicaux pour provoquer l’indignation dans les pays musulmans, est complètement passée sous silence.

    Au contraire l’affaire est supposée avoir été montée de toute pièce comme une provocation de l’extrême-droite. Et la réaction est présentée comme spontanée.

    Le récit des événements est faussé. Et les faits qui dérangent cette thèse (pro-islamiste) sont présentés comme des interprétations douteuses et à mettre en doute.

    Ne donnez pas wikipedia en référence : elle fourmille d’erreurs. Elle contient également beaucoup d’articles faussés jusqu’à la propagande, particulièrement sur les sujets sensibles. Des gens d’extrême-droite, islamistes, antisémites (dont certains se disent de gauche mais soutiennent Hamas, Hezbollah, Amadhinedjad et autres islamistes très sympathiques) l’ont infiltrée. Et ça se voit, quand on l’observe attentivement du moins.

    Vous risqueriez d’être trompé par wikipedia si vous croyiez qu’elle pourrait être une source fiable.

    J’ai fait un blog http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com où je parle, parmi d’autres sujets de l’affaire des caricatures de Mahomed. . Comment wikipedia traite le sujet. Et documents pour rappel de points d’histoire.

    Je me permets de vous inciter à consulter mon blog http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com où j’analyse les méthodes et les résultats de wikipedia qui sont souvent erronés, faux, et relèvent même de la propagande pour les sujets d’actualité.

    Sur ces derniers les extrémismes occupent une bonne place et prospèrent en toute impunité et sans contrôle. Principalement extrême-droite et islamisme , mais aussi soi-disant extrême-gauche ayant abouti au FN tel Alain Soral, Dieudonné, et leur comparse Th. Meyssan, des "antiaméricains" fanatiques, antisionistes et antisémites, qui finissent par soutenir les islamistes d’Iran du Hezbollah, du Hamas et d’ailleurs et ici rallier le FN .

    Regardez de + près ce que publie wikipedia et vous mettrez en garde vos lecteurs, contre la propagande qui s’y déploie.

    Il s’agit aussi d’un lieu de diffusion de propagande, là où certains ont pris le pouvoir sur certains sujets, à côté de certains articles tout à fait corrects aussi, voire de bons articles, car il en existe également pas mal. Mais il est difficile de faire le tri quand le pire et le meilleur se mêlent.

    Voir en ligne : propagande sur wikipedia à propos des caricatures de mahomet

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  • J’interviens encore plus tard dans le débat, mais je ne le trouve pas du tout inutile.

    Parce que je trouve fort utile de défendre la liberté de penser et la liberté d’expression (indissociables) contre la prétention des religions, quelles qu’elles soient, à vouloir intervenir dans l’espace public pour dire ce qui serait licite ou illicite et à vouloir imposer à tous leurs valeurs respectives (et variées, qui plus est, ce qui est donc en soi impossible). Les religions n’ont pas à dicter la loi à l’Etat. Elles n’ont pas à restreindre la démocratie ni à contester ce que la politique a acquis de haute lutte : la liberté et la même loi pour tous, y compris pour les Eglises.

    Dans un pays laïque aucune confession ne peut dicter sa loi à l’Etat, ni vouloir s’imposer à tous les citoyens. Que les religions s’occupent de leurs fidèles, et pas des autres. Et qu’elles laissent l’esprit libre, y compris dans ses possibilités d’impertinence. Que les religions s’abstiennent de faire de la politique et on n’aura rien à leur dire. Leur liberté sera respectée, entière.

    Je voulais vous écrire aussi sujet de la manière dont wikipedia traite l’affaire des caricatures : elle n’est ni exacte ni honnête. L’article déforme complètement les faits et donne une version insidieuse, et insidieusement orientée, en faveur de la version islamiste donnée par les acteurs qui ont fabriqué toute l’histoire et les protagonistes de l’orchestration du scandale supposé indigner les foules. (les imams radicaux proches des Frères musulmans qui ont monté toute l’affaire et fabriqué de fausses caricatures parfaitement insultantes pour les personnes, du genre sodomie par un animal durant la prière et autres images d’aussi bon goût, rabaissant le musulman lui-même et tout à fait hors propos qui était de dénoncer l’islamisme)

    La provocation des imams radicaux (tendance Frères musulmans) qui ont fabriqué des fausses caricatures, particulièrement choquantes et méprisantes pour les musulmans qui sont allés en ambassadeurs les porter à leurs collègues imams radicaux pour provoquer l’indignation dans les pays musulmans, est complètement passée sous silence.

    Au contraire l’affaire est supposée avoir été montée de toute pièce comme une provocation de l’extrême-droite. Et la réaction est présentée comme spontanée.

    Le récit des événements est faussé. Et les faits qui dérangent cette thèse (pro-islamiste) sont présentés comme des interprétations douteuses et à mettre en doute.

    Ne donnez pas wikipedia en référence : elle fourmille d’erreurs. Elle contient également beaucoup d’articles faussés jusqu’à la propagande, particulièrement sur les sujets sensibles. Des gens d’extrême-droite, islamistes, antisémites (dont certains se disent de gauche mais soutiennent Hamas, Hezbollah, Amadhinedjad et autres islamistes très sympathiques) l’ont infiltrée. Et ça se voit, quand on l’observe attentivement du moins.

    Vous risqueriez d’être trompé par wikipedia si vous croyiez qu’elle pourrait être une source fiable.

    J’ai fait un blog http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com où je parle, parmi d’autres sujets de l’affaire des caricatures de Mahomed. . Comment wikipedia traite le sujet. Et documents pour rappel de points d’histoire.

    Je me permets de vous inciter à consulter mon blog http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com où j’analyse les méthodes et les résultats de wikipedia qui sont souvent erronés, faux, et relèvent même de la propagande pour les sujets d’actualité.

    Sur ces derniers les extrémismes occupent une bonne place et prospèrent en toute impunité et sans contrôle. Principalement extrême-droite et islamisme , mais aussi soi-disant extrême-gauche ayant abouti au FN tel Alain Soral, Dieudonné, et leur comparse Th. Meyssan, des "antiaméricains" fanatiques, antisionistes et antisémites, qui finissent par soutenir les islamistes d’Iran du Hezbollah, du Hamas et d’ailleurs et ici rallier le FN .

    Regardez de + près ce que publie wikipedia et vous mettrez en garde vos lecteurs, contre la propagande qui s’y déploie.

    Il s’agit aussi d’un lieu de diffusion de propagande, là où certains ont pris le pouvoir sur certains sujets, à côté de certains articles tout à fait corrects aussi, voire de bons articles, car il en existe également pas mal. Mais il est difficile de faire le tri quand le pire et le meilleur se mêlent.

    Voir en ligne : wikipedia le mythe de la neutralité ; propagande sur wikipedia l’affaire des caricatures de mahomet ; comment wikipedia écrit l’histoire ; wikipedia de sévères critiques

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    • Attention, le blog d’Alithia, qui se fait passer pour un site d’observation et d’analyse de Wikipédia, est en réalité un fatras irrationnel où se mêlent mensonges, falsifications, théorie du complot, diffamations et injures, et une très grande méconnaissance des règles élémentaires de Wikipédia. Ce blog est une escroquerie intellectuelle.

      Je vous invite à la plus grande prudence si jamais vous décidiez de le consulter, car Alithia manipule systématiquement les propos de ses contradicteurs pour leur faire dire le contraire de ce qu’ils disent, jusqu’à les accuser d’antisémitisme, voir de tendance cryptique au nazisme... La pluplart des affirmations de sa part, ou des pseudos-commentaires des articles, sont des affirmations gratuites, sans preuve, sans analyse, ou purement et simplement des insultes, ou encore même des inventions complètes (par exemple, si vous avez le malheur de montrer les nombreuses lacunes des propos d’Alithia, vous serez qualifié de wikipédien comploteur, même si vous dites plusieurs fois que vous n’êtes pas wikipédien).

      Cette personne s’acharne à insulter tous ceux qui ne sont pas d’accord avec sa thèse que Wikipédia est par nature un repère d’antisémites-fasciste-racistes-sexistes-néo-nazis et j’en passe et des meilleurs.

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      • Je ne me suis évidemment pas donné la peine de prendre au sérieux la bouillie pour les chats signée Alithia, encore moins de consulter son blog ; j’aimerais seulement que ceux qu’intéresse la paix mondiale, bien compromise par les Américains et leurs alliés israéliens, hommes de main et porte-plume, répondent à la question que j’avais posée : est-ce que oui ou non la représentation du prophète Mahomet coiffé d’une bombe est une caricature acceptable en démocratie dans le cadre de la liberté de la presse ? Ou s’agit-il d’une provocation adressée à la communauté musulmane ? Dans le premier cas, tout doit alors être permis, y compris la négation de la "shoah", sujet tabou, ou les caricatures de juifs (indiquez-m’en une, s’il en existe actuellement en Europe, alors que les caricatures de musulmans y prolifèrent...)

        Un tribunal français a, sauf erreur de ma part, dans le procès intenté à Charlie-Hebdo, isolé à juste titre cette prétendue caricature de Mahomet, mais n’en a pas condamné les auteurs. Elle s’inscrit pourtant dans une vaste offensive, pour l’instant idéologique : on n’en finirait pas d’établir la liste des provocateurs, le dernier en date connu de moi étant le néerlandais Geert Wilders, offensive qui vise à préparer l’offensive d’un tout autre ordre à laquelle rêvent Bush, son entourage (certains diraient : sa mafia) et ses émules, sans oser toutefois passer à l’acte : l’échec en Irak, le coût des opérations (ne parlons pas des hommes "compris dans les milliards de dollars" dépensés), la "raclée" infligée par le Hezbollah à l’invincible "Tsahal", si forte contre les enfants palestiniens armés de pierres, donnent à réfléchir...

        Quant à faire croire que l’offensive en question (dont celles des Américains en Irak ou de l’Otan en Afghanistan sont des préludes) a pour but d’instaurer la démocratie à l’occidentale et de permettre aux muslmanes d’ôter leur voile, il faudra trouver un public de petits enfants ou d’illettrés pour avaler de pareilles balivernes : nous savons tous que les "montres froids" que sont les États n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts, à commencer par l’approvisionnement en pétrole et les profits aubséquents des grandes firmes.

        Je tiens à préciser que je ne suis ni "antisémite", ni "anti-américain", ni "pro-arabe", mais simplement ami de la paix mondiale ; c’est pourquoi j’approuve les résolutions de l’ONU sur la Palestine, d’ailleurs violées depuis quarante ans et plus dans l’indifférence -ou la complicité- générale, gouvernements arabes inclus.

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