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Liberté d’expression, caricatures, communautarisme, valeurs républicaines.

Caricatures de Mahomet : des limites à la liberté d’expression ?

Le respect des personnes doit-il primer ?

mardi 7 février 2006, par Jean-Léon Beauvois

Gaétan Laindividûsse est journaliste à l’Étincelle du Centre Var. Il a traité dans ce journal de l’affaire des « dessins sataniques » (titre repris à Libération). Ayant pris connaissance de la brève de C. Rainaudi et J.-L. Beauvois sur maniprop.com en rapport avec cette affaire, il a pris vingt minutes pour se rendre chez le second de ces signataires afin de l’interviewer.

G.L. : Avec Claude Rainaudi, vous avez pris position dans votre brève en vous solidarisant avec Stephane Arlen qui a reçu injures et menaces pour avoir reproduit et justifié sur fairelejour.com des caricatures du prophète Mahomet. Est-ce là une prise de position en faveur de la liberté d’expression dans le débat que ces caricatures ont soulevé ?

J.-L. B : Non. Ma solidarité va vers une personne injuriée et menacée pour avoir fait quelque chose qu’elle trouvait juste. Je ne pense pas qu’injures et menaces physiques soient acceptables dans un monde où l’on peut encore un peu débattre. La vie et l’intégrité des personnes sont les valeurs que je place au-dessus de toutes les autres. Ma solidarité ira toujours vers ceux dont la vie et l’intégrité seront menacées, y compris par les arbitraires légaux des états de droit.

G.L. : Donc vous ne prenez pas position en faveur de la liberté d’expression.

J.-L. B. : Vous allez bien, trop vite. Évidemment, je suis pour la liberté d’expression. C‘est une valeur fondamentale et fondamentalement saine de notre forme de démocratie et de notre République. Lorsque qu’un journaliste déclare, parmi d’autres, que la liberté d’expression « n’est pas un principe négociable », il la met implicitement au-dessus de toute autre considération ou valeur [1]. Ce n’est pas mon cas. Je suis pour la liberté d’expression, mais dès lors qu’elle ne va pas à l’encontre de valeurs qui me paraissent plus fondamentales et que les modalités qu’elle peut prendre s’inscrivent dans un contrat de communication accepté par ceux qu’elle peut blesser ou offenser. Je m’explique. Lorsqu’une personne s’engage en France dans la vie politique ou plus généralement dans la vie publique, elle accepte de fait d’être stigmatisée, caricaturée, et même dévaluée. Dans notre forme de démocratie, lorsqu’on s’engage dans une polémique publique, on doit savoir quelles sont les règles du jeu de la polémique. La liberté d’expression est l’une de ces règles. Si Monsieur Sarkosi ou Madame Royal s’offusquait d’être caricaturé(e)s, on pourrait à juste titre leur opposer la liberté d’expression et même s’amuser de leur éventuel dépit. Ils acceptent même, parce que cela devient chez nous une règle de ce jeu, de renoncer à l’opacité de leur vie personnelle, opacité qui est pourtant un droit humain fondamental. Lorsqu’on n‘est pas entré dans ce jeu, on est en droit d’attendre des autres qu’ils respectent ce que vous êtes en tant que personne, et en particulier, dans une république laïque, qu’ils ne critiquent qu’avec respect vos croyances religieuses [2].

G.L. : Je ne suis pas sûr de vous suivre... Pour revenir au débat actuel, disons qu’on peut respecter les personnes sans pour autant respecter leurs croyances. Je respecte la personne de Rachid, mais j’ai quand même le droit constitutionnel de dire qu’il croit en des sottises malsaines.

J.-L. B. : Là encore, il convient de n’avoir pas de réponses trop dogmatiques ou, surtout, trop occidentales qui pourraient friser l’arrogance culturelle. C’est en effet une vue très occidentale que de penser que les croyances d’une personne ne sont que des verrues sur une réalité individuelle plus vraie, plus authentique et plus profonde qu’on peut respecter tout en stigmatisant plus ou moins méchamment telle ou telle verrue. Ses croyances sont une partie constitutive et essentielle d’une personne, certaines sont même des croyances identitaires, et ne pas en tenir compte est une posture de sot, de faux-jeton ou de croisé. Vous ne pouvez vous attaquer sans respect aux croyances religieuses d’un Musulman pratiquant ou d’un Catholique pratiquant en prétendant respecter sa personne. Elles sont un élément bien trop important de son identité. C’est vrai aussi bien des croyances impliquées par ce qui a été appelé (en forçant quelque peu le concept de religion) la religion laïque des individualistes libéraux que nous sommes devenus. Aurais-je pu dire à l’un de mes étudiants ou à l’une de mes étudiantes qui attribuent tant d’importance à « être eux-mêmes » et à « se réaliser » que « soi-même » est un fantasme ridicule et obscurantiste relevant d’un Quotient Intellectuel au mieux moyen-faible, aurais-je pu dire cela publiquement à l’un d’entre eux en prétendant respecter, toujours publiquement, sa personne ? Je ne crois pas.

Si ses croyances n’étaient qu’une excroissance superficielle et en quelque sorte facultative de la personne, les choses seraient simples et on pourrait sans remord caricaturer Mahomet tout en respectant ces fidèles sincères que sont Rachid, Fawzia ou Ahmed. Mais ce n’est pas la réalité des personnes.

G.L. : Dans ce cas, tout débat devient une agression à l’égard des personnes. Fin du débat public. Fin de maniprop. Et, de plus, nous sommes condamné à respecter les « communautarismes ». C’est-là une vue particulièrement conservatrice.

J.-L. B. : C’est vrai : c’est ce qu’on pourrait entendre dans ce que je viens de dire. Mais les choses ne sont simples que pour ceux qui crient en sautillant comme des cabris quelques « vérités » relevant en fait de nos propres croyances ou valeurs. Et ce n’est pas l’affirmation opiniâtre de l’universalité de ces croyances ou valeurs qui fondera leur vérité [3]. Les mots d’ordre d’universalité ont toujours été très doux aux oreilles des envahisseurs et des dominants(voir la brève Quand l’universalité était portée par le colonialisme). Et je crains que ce soit-là la seule garantie de leur impact : ils s’imposent par la domination.

Maintenant, doit-on renoncer au débat ? Non, ce serait aller bien vite en besogne et fondamentaliser la position que je viens d’exprimer. Déjà et en premier lieu, essayons de distinguer entre croyances et croyances. J’en suis resté à la vue que je veux bien considérer comme enfantine mais, je crois, malgré tout, indispensable, qu’il doit bien exister deux ou trois principes moraux qui priment sur tout : le respect de la vie des personnes, de leur intégrité, leur non asservissement à d’autres... Or, des croyances peuvent susciter la haine et des objectifs assassins. Je renonce alors en toute clairvoyance à respecter les personnes qui défendent ces croyances, qu’il s’agisse de néo-nazis, d’antisémites ou encore de Ben Ladin et de G.W. Bush qui se livrent à leur guerre sanglante sur le dos du monde pour la défense d’intérêts non avoués. D’autres croyances peuvent impliquer des mutilations physiques [4]. D’autres encore peuvent conduire à mettre en position d’asservissement une partie de l’humanité ou une catégorie humaine. Je prendrai alors le risque pesé de blesser les personnes qui les défendent pour lutter contre ces croyances. Mais ce n’est pas tout : toutes les croyances ne sont pas de même nature. C’est-là un second point.

Je me suis autrefois fait assez mal voir en défendant l’idée de l’hétérogénéité radicale des religions et des idéologies. Les premières, les religions, situent les fidèles dans le registre de la transcendance, du sacré, du sens donné à la vie et de celui donné à la mort. Elles incitent au recueillement, à la prière et à la ritualité. Elles ne devraient pas sortir de ce registre [5]. Les secondes, les idéologies, permettent aux gens de parler, quelquefois de façon métaphorique, de leurs insertions sociales, de leur place dans l’organisation sociale et de la valeur de cette place. Elles incitent à l’analyse des situations, à l’action. Les premières portent, chacune, quelques dogmes fondamentaux, comme les croyances en l’incarnation du Christ, en sa résurrection, en son retour avant le jugement etc. Les secondes sont surtout faites de croyances sur ce qu’est et doit être l’existence sociale des agents sociaux. On peut par exemple penser que ces agents sociaux ont un lieu privilégié de réalisation : la famille, les relations interpersonnelles, là où ils sont pleinement ce qu’on appelle chez nous des « individus ». Ce n’est pas ce que je pense : je suis convaincu que les agents sociaux devront tôt ou tard se réaliser, en tant précisément qu’agents sociaux, dans l’autogestion et l’exercice du pouvoir social.

Et bien, je crois que la religion n’est pas affaire de débat public. Elle doit rester, dans une république laïque, je dis bien dans une république laïque, du registre de l’intimité, des « vérités » intimes [6]. Je n’ai rien à faire de savoir que Gilbert croit en l’incarnation du Christ, en sa résurrection, en son retour avant le jugement. Je pourrai en discuter éventuellement avec lui, mais dans l’opacité de notre relation. Les idéologies, par contre, sont (ou plutôt devraient être et rester) l’objet même des débats publics. Elles ne portent pas des dogmes [7], mais des croyances que chacun sait (ou devraient savoir) par définition problématiques ou polémiques, puisqu’elles sont l’expression d’une réalité sociale souvent contradictoire et de fait changeante. Je ne me sentirais pas blessé, ni même agressé, si vous me souteniez que l’Homme doit se réaliser, comme individu, dans la famille, les relations interpersonnelles et la consommation, ce que je contesterais vivement aussi sec et avec plaisir puisque, en ayant une autre, je ne partage pas cette croyance idéologique. Pourquoi ne serai-je pas nécessairement blessé ? Tout simplement parce que je sais que c’est-là une affaire d’idéologie, donc une matière à débat, et que le débat est ce que la République nous a apporté de meilleur et que l’évolution de notre démocratie est en train de frelater.

G.L. : Vous savez comme moi que les religions ne se privent pas d’édicter des règles de vie sociale, ce qui serait pour vous du registre des idéologies...

J.-L. B. : Certes.

G.L. : Et que ce sont précisément ces prescriptions sociales des religions qui peuvent faire craindre les communautarismes religieux, les Prêtres, les Imams, les Rabbins... tenant autant à leurs principes de vie sociale et à leur fixité, comme, par exemple, pour certains, la polygamie, qu’à leurs dogmes sur le sens que le sacré confère à la vie et à la mort...

J.-L. B. : Vous avez encore raison. Mais ne croyez surtout pas qu’on puisse avoir sur ce point des réponses toutes prêtes et qui vous garantissent certitude et bonne conscience. Je ne vous apporterai donc que des éléments de réflexion ne constituant pas nécessairement une doctrine cohérente. Je vous dirai d’abord que, lorsqu’ils interviennent dans le politique, l’économique ou le social, ces religieux s’exposent au débat public et qu’ils doivent accepter ce débat comme tel. Ils doivent aussi en accepter les règles. Sauf à tout mélanger, les rapports hommes/femmes ne sont pas, je prends le risque théorique de l’affirmer, pure affaire de religion mais aussi et surtout affaire d’organisation sociale. Comme les rapports parents/enfants ou employeurs/salariés. Ils peuvent donc faire, dans notre République Française, l’objet de débats et, en tout état de cause, être soumis à la morale et aux valeurs républicaines que s’est données le peuple français (notamment aux valeurs d’égalité, d’éducation...), au moins jusqu’à débat plus approfondi, y compris, éventuellement, cela ne me gêne pas, au sein d’une communauté religieuse. Mais on ne peut avoir la même attitude à l’égard d’une croyance religieuse et à l’égard d’une croyance idéologique. Les secondes touchent à l’organisation sociale et économique et doivent rester l’objet de débats. J’ajouterai que c’est dans la mesure où l’on respecte ce qu’il y a de religieux dans une religion qu’on peut débattre avec les règles usuelles du débat de ce que cette religion se permet d’impliquer dans l’ordre idéologique.

G.L. : Vous n‘acceptez donc pas le principe d’un état religieux.

J.-L. B. : Cela va de soi. Je vous dirai en troisième lieu que je n’ai rien contre l’idée de communautarisme, dès lors que sont acceptées comme limites les valeurs fondatrices de la République : libertés, égalité, fraternité, laïcité, éducation, nationalité... (pour ne citer que les principales) et leur gestion qu’on souhaiterait réellement démocratique. Les personnes tirent de leur communauté, notamment mais pas seulement religieuse une part essentielle de leur substance concrète. Cela doit être accepté. À ne pas l’accepter, on est conduit à vendre à tous les Français un « individu » abstrait, une forme vide, à ce point abstrait qu’il manque de résistance aux dominations et aux pouvoirs, même lorsqu’il roule des mécaniques, et à ce point vide qu’il peut être façonné et gavé au profit de ces dominations et pouvoirs par les pubs, les jeux (notamment électroniques), les médias non pluralistes... Ce qui m’inquiète donc plus que les liens communautaires (fondateurs d’identités que la République se doit d’intégrer), ce sont les communautarismes totalitaires, ceux qui sortent du débat public et prétendent régir jusqu’à la vie intime et sociale de leurs ressortissants. Ces communautarismes, on ne les stigmatise d’ailleurs chez nous, notez-le, que lorsqu’ils sont le fait de pauvres ou de dominés et qu’ils deviennent pour cette raison-là politiquement dangereux (évidemment, ils fournissent des possibilités de résistance à la domination idéologique que nous subissons nous-même peut-être plus volontiers). Notez qu’on s’offusque beaucoup moins des communautarismes Juif et Chinois. Mais je crois que les valeurs de la République peuvent constituer un rempart, non contre le lien communautaire qui doit rester essentiel, mais contre les communautarismes totalitaires.

Mais, et c’est le quatrième point que je voulais soulever, à condition que ces totalitarismes soient bien perçus comme tel et ne soient pas tenus pour des modèles à prétention universelle, ce qu’on reproche précisément à ceux qu’on stigmatise. Dans un état comme la France, qui implique, je dirai : heureusement, des Catholiques, des Musulmans, des Chinois, des Juifs, mais aussi encore quelques paysans, des ouvriers, des maçons, des Provençaux, des Lorrains... donc qui implique des identités différentes et des personnes a priori différentes, les Français chics et de souche, comme on dit, sont convoqués par ce que Chomsky appelle notre prêtrise séculière, pour former une véritable communauté régie par cette religion laïque, l’individualisme libéral, pour ne pas dire le soiïsme. Je ne suis pas le premier à craindre les potentialités totalitaires de cette idéologie qui se présente comme un ensemble de vérités humaines dogmatiques (ce qui la rapproche effectivement d’une religion) dont les tenants disent (et peut-être croient) qu’elles sont « universelles » et qu’elles pourraient donc servir de modèles « universel » à tous ceux qui veulent « intégrer » notre république, ce qui est là plus qu’un germe de totalitarisme. Combien de fois avez-vous entendu dire que la démocratie n‘est pas faite pour intégrer les communautés, mais les « individus ». Nous y voilà. Quel « individu » voulez-vous imposer ? Quels en sont les modèles disponibles ? Vous voulez peut-être que les femmes arabes, juives, chinoises, paysannes, ouvrières, provençales... se posent comme « individus » et en viennent à ne s’identifier qu’à ces êtres inconsistants, vrais individus préfabriqués, dont les pubs et les séries déclinent les modèles acceptables et qui reflètent parfaitement le statut que nous attribuons, par exemple, à la femme-individu ? L’amazone un brin panthère avant qu’elle ne se précipite dans son 4x4 ? La jolie maman comme par hasard disponible à 16 heures pour gaver les têtes blondes de sucreries grasses ? L’objet sexuel dont le café noir excite le sens des postures amoureuses ? La décontractée nue s’occupant de ses rides avant d’être embrassée sous les aisselles ? La bimbo réjouie d’entendre sonner son portable dans des conditions extrêmes ? Ce serait à mes yeux une France à gerber ! Que les femmes asservies se libèrent est une chose souhaitable, éminemment souhaitable, dans notre république que le peuple a voulu et qui doit rester égalitaire. Peut-être même ailleurs où elles sont asservies. Mais de grâce : qu’on ne leur impose point de « devenir elles-mêmes », ou de « s’assumer », ou encore de « s’éclater » en gobant nos sottises et nos aliénations (et surtout en consommant nos produits), ce qui me semble un totalitarisme absolu. On ne peut se poser en modèle quand une femme sur dix est battue (même en mini-jupe et talons expansés) et quand on connait le nombre d’enfants tués et cabossés dans leur famille. Et une société qui crée de la pauvreté ne peut s’ériger en donneuse de leçons.

G. L. : Vous ne croyez pas en cet « individu » universel que promeut la modernité ?

J.-L. B. : Non, mais alors pas du tout. L’individu est devenu un concept marchand et propice aux aliénations. L’individu mondialisé ne peut être qu’un produit façonné, sous couvert de modernité, par la mondialisation libérale dont les agents causaux sont d’abord et de façon presque exclusive les multinationales (leurs budgets publicitaires sont probablement supérieurs à ceux de l’éducation dans le monde). Sans doute fascine-t-il les classes moyennes générées par la mondialisation. Vous voudriez peut-être, pour qu’ils s’intègrent à la République, que les femmes et les hommes de religion musulmane de Clichy sous Bois avalent ce fantasme ? Laissons-les, je vous en prie, et, si possible, aidons les à construire, sur la base de leurs racines, leur mode de libération et de désaliénation. Je ne suis pas sûr que nous puissions sur ce point être des modèles [8].

G. L. : J’aimerais bien, pour conclure, revenir aux « dessins sataniques » d’où nous étions partis... En somme, vous condamnez ces caricatures ?

J.-L. B. : Je ne sais pas si « condamner » est le mot juste. Disons que je ne vois pas le principe moral qui permet à la liberté d’expression de sauter par-dessus le risque de blesser la personne de nombreux fidèles innocents, y compris de fidèles qui croient en notre république et même en ses valeurs. C’est donc une condamnation au moins morale. Mais ce saut ne doit en aucun cas conduire à injures et menaces de mort. C’était l’objet de la brève.

G. L. : Finalement, votre position est celle des religieux...

J.-L. B. : Oui... Encore que je doute que ces religieux me suivraient sur ce que j’ai avancé sur les implications idéologiques de leur religion... Mais ma position est même, ce qui m’inquiète un peu, celle des officiels anglais et de l’entourage de G.W. Bush [9] ! C’est peut-être la première fois que cela m’arrive, tant je raisonne peu en anglosaxon ! Mais c’est aussi, et fort heureusement, la position de beaucoup d’autres, qui vont du MRG au MRAP...

G.L. Vous comprenez donc les incendies d’ambassades...

J.-L. B. : Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas ! D’un côté, nous n’avons plus le vécu collectif permettant de comprendre et d’anticiper les réactions populaires et l’émergence de foules en colère et de meneurs spontanés. C’est une compétence que nous avons dramatiquement perdu au XX° siècle. Mais d’un autre côté, il n’est pas exclu qu’on démontre un jour que l’offense faite aux fidèles musulmans a été instrumentalisée et a donné le prétexte à des manipulations de masse. Je ne suis pas suffisamment informé pour m’exprimer sur ce point.

G.L. : Qui l’est ? Une dernière question. Si j’ai bien compris, vous dites que la liberté d’expression ne peut conduire à enfreindre une règle morale qui vous semble d’ordre supérieur. La justice n’est-elle pas le recours, dans un état de droit, pour sanctionner ceux qui pourraient manquer au respect de cette règle ?

J.-L. B. : Ce serait chouette, hein ? C’est, comme nous pouvions le prévoir, ce que prétendent ceux qui plaident de fait pour le primat de la liberté d’expression dans le cas qui nous occupe. Ils sont si confiants dans leurs principes, dans leur justice... Ils sont comme le ravi de la crèche provençale ! Mais hélas, si j’en rêve, j’en doute aussi. Pourquoi ? Parce que l’idée même de « respect de la personne humaine », pour ne prendre que cet exemple, est difficilement objectivable. Il n’y a pas de mesure universelle de l’irrespect ou du respect. Et là encore, les critères occidentaux ne sont pas toujours pertinents. Je vais prendre un exemple, je le reconnais, quelque peu caricatural (c’est le mot qui convient, non ?). Vous dites à X : « tu es un mec bien, vraiment bien, mais tu as tort de croire à toutes ces conneries que tes parents t’ont mises dans la tête ». Si X s’appelle John et vit à Dallas, vous n’avez pas manqué de respect à sa personne. Vous êtes couvert. Vous avez dit l’essentiel qu’il doit retenir en affirmant qu’il est un mec bien. Son soi, sa valeur suprême, est préservé quant à sa brillance. Quant aux « conneries » qu’on a mises dans sa tête, John vous les passera facilement car il est convaincu qu’elles ne sont pas vraiment « lui-même » et qu’il saura se « gérer » et s’en départir au moment opportun. Si X s’appelle Mohamed et vit à Naplouse, c’est l’idée même que ses parents ont mis des conneries dans sa tête qui sera offensante et saillante puisque ces conneries sont « lui-même ». Et il comprendra mal comment vous pouvez affirmer qu’il est un mec bien, sauf évidemment à vous moquer encore davantage de lui. Les juges ne doivent-ils vous condamner que si X est Mohamed ? Il faudrait déjà qu’ils oublient leur conception de la personne et acceptent la vérité de Mohamed. Et ce serait contraire à cette valeur juridique qu’est l’objectivité (juridique). Voilà pourquoi je doute que la judiciarisation puisse régler tout conflit entre valeurs, dès lors qu’on admet que ces valeurs ne sont pas universelles, en soi ou au moins dans leur concrétude, et que leur relativité ne peut souvent que nous échapper.

G.L. : Vous ne rendez pas les choses simples, avec ce qui me semble-là être votre psychologie sociale...

J.-L. B. : Non, j’en conviens. Mais on déclame si souvent avec componction, en fait pour pouvoir dire n’importe quoi, que les choses sont devenues très complexes, pour se réjouir dans un cas où elles le sont vraiment ! Je ne voulais pas dans cette affaire vous bombarder de certitudes, puisque j’en manque cruellement.

Notes

[1] Quelquefois tout en reconnaissant que les caricatures de Mahomet sont « stupides et imbéciles » et même « choquantes ». Même attitude de la part de nombreux de « politiques » français, dont l’ancienne Ministre de la Justice Elizabeth Guigou : d’un côté : « La liberté de la presse est un principe absolu avec lequel on ne peut pas transiger » et d’un autre : « je comprends que (l’un de ces dessins) choque et blesse les musulmans ». Notons l’erreur qui consiste à assimiler la liberté de la presse et liberté d’expression. La liberté d’expression est la liberté de dire, et de dire comme on veut le dire ce que l’on veut dire et faire savoir. La liberté de la presse est la liberté d’expression du pluralisme des opinions non juridiquement condamnables dans le système médiatique ; on peut se demander si une presse soumise aux concentrations capitalistiques et financée par la publicité est réellement libre, même si les journalistes revendiquent leur liberté d’expression.

[2] Je comprends donc parfaitement cette réaction de Mohamed Bechari : « Nous sommes très attachés à la liberté de la presse, mais ne pouvons admettre qu’au nom de cette liberté 1,5 milliard de musulmans soient insultés ».

[3] Il fallait les voir, à « mots-croisés », ces messieurs quelque peu à droite s’offusquer du fait qu’une musulmane puisse contester l’universalité de leurs principes et valeurs. Incontestablement, elle leur manquait de respect au point de faire perdre à Philippe Tesson le sens même de l’intelligence rhétorique !

[4] Lorsque j’étais jeune enseignant, il m’est arrivé de demander à des étudiants africains s’ils respectaient l’intégrité physique de leur fille. J’ajoutais que c’était là un point clé des relations qu’on pouvait avoir, eux et moi. Je me suis mis à douter de cette pratique lorsque je la vis stigmatisée par de bien honnêtes et même illustres collègues auprès desquels je m’en étais ouvert (dont certains membres importants de la ligue des droits de l’Homme). Respect des cultures, disaient-ils. Tu n’as pas le droit ! Je serais moins déstabilisé aujourd’hui que je l’aie été alors. Je suis incontestablement en faveur du respect des cultures. Je l’ai affirmé dans mes livres. Mais ce respect ne passe pas avant celui de l’intégrité, notamment physique, de la personne humaine.

[5] Elles sont d’ailleurs probablement nées avant que ne se posent les problèmes d’organisation sociale, probablement chez l’Homme de Neandertal

[6] Ce ne serait évidemment pas le cas si elle était imposée par le pouvoir ou par des pouvoirs.

[7] Seuls le prétendent ceux qui croient en la fin des idéologies et en une réalité sociale et économique intransgressible, une destinée objective qu’ils connaissent mieux que les autres ; je crois que ce sont de fait les plus dogmatiques.

[8] En disant cela, je ne peux que penser à l’outrecuidance de cette journaliste qui jugeait de la libération des femmes afghanes au fait qu’elles portaient des jupes très minis et s’échinaient à marcher sur des talons expansés, "comme les jeunes filles de chez nous".

[9] Voir Le Monde du dimanche 5 février.

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11 Messages de forum

  • Bonjour monsieur beauvois ou plutot bonsoir,(je lis en ce moment "les illusions libérales individualisme et pouvoir social" que je trouve tout simplement pardonner moi l’expression terrible ! mais j’en suis qu’au tiers (je me rend compte qu’il y à peut de chance que la suite me déçoive) Mais j’ai du mal a vous suivre sur la diffférence entre croyance idéologique et croyance religieuse puisque les deux refuses les principes meme de la sciences (septicisme et remise en question) principes vous le conviendrer nececaire à toute évolution des sociétés ou si vous préférez de l’hummanitée ! la premiére ce sert de l’autre pour consolider son pouvoir basée sur des principes tout aussi irrationel ,je fais referance au libéralisme doctrine qui à réussi le tour de force de faire renaitre les croyances religieuses de leur cendres en l’occurence l’islam mais aussi tant d’autres. les évolutions ce sont faites malheureusement par le conflit la plus part du temps dans un bain de sang (la naissance de la laicité en france n’a pas était de tout repos et ne c’est pas faite avec l’accord raisonné de l’eglise catholique ), nous avons encore la chance et la possibilité dans notre pays d’imposer un conflit pacifique et nécécaire aux croyants religieux et ideologique , pour le maintient de la laicité ou plutot pour son rétablissement (et oui la laicité d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier ) doctrine nécéssaire à l’établissement d’un vértable hummanisme (pas un hummanisme accecible aux seuls populations bénificiant de cette sainte alliance des croyances) . pour conclure (j’espére ne pas avoir était trop vague ) un mensonge est un mensonge et c’est deux croyances qui propages ces mesonges n’ont qu’un seul but !!maintenir l’ordre social établie ! je me sent offencé a chaque lecture de leurs écrits qui ne sont que des appels a la haines"deguisé" mais je suis tolérant envers les croyants ( pardonnons leurs ils ne savent pas ce qu’il font) (une personne qui ne c’est pas ou qi est conditionné à cette effet n’est pas résponsable ! mais je ne suis pas naif croire que l’evolution ce fera sans combattre les anti évolutionistes ( si possible pacifiquement "je suis peut etre naif enfin de compte") est une grave erreure et un oublie de notre sanglant passé historique ! ce qui est offenssant ce sont les appels a la mort !et quant à ces carricatures ’( d’une pauvre éfficacité j’en convient elles aux moin une certaine réalité historique n ’en déplaise à certaint l’islam comme le christianisme et le judaisme etc ne prone certainement pas la paix, l’amour,et la raison) encore pardon pour les nombreuses fautes d’orthographes.

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    • n’attendez pas trop de la science 23 septembre 2006 09:03, par Jean-Léon Beauvois

      Cher Monsieur. Merci pour votre si aimable évaluation de mes « illusions libérales ». J’espère que vous êtes resté sur vos sentiments à la fin de votre lecture. J’organiserai ma réponse à votre commentaire en deux grands points.

      N’attendez pas trop de la science !

      Ô, que je suis loin de partager votre foi en la science ! Je suis un scientifique des sciences sociales et humaines, et je le revendique, mais je ne crois pas pour autant qu’il faille attendre grand chose de la science dès lors que l’organisation des sociétés humaines et le bonheur des agents sociaux sont concernés. Et ceci pour de nombreuses raisons dont celles-ci :

      - Les questionnements et l’évolution thématique d’une science ont leur propre rationalité qui n’est pas celle des questionnements et des problématiques que peuvent exprimer les agents sociaux dans leurs revendications, leurs projets, leur attentes... L’utilité d’une science ne vient qu’après coup, lorsque cette science déjà a fait un bout de chemin seule. Croyez-vous que si on avait demandé aux Européens de l’époque à quoi les scientifiques doivent réfléchir pour résoudre leurs problèmes, Copernic et Galilée auraient fait les recherches qu’ils ont faites ? Heureusement que les scientifiques n’étaient pas alors des agents sociaux rémunérés pour chercher (comme aujourd’hui), car alors le pouvoir politique leur aurait donné des buts probablement intéressés, mais de riches dilettantes ou courtisans.

      - Certes, il vient un moment où les sciences peuvent créer des technologies. Celles-ci sont d’abord utiles, puis elles deviennent envahissantes et inutiles et quelquefois même meurtrières et/ou contraire aux droits de l’homme. Mais sachez-le, les sciences sociales et humaines n’en sont pas là. Le souhaite-t-on ? Je n’ai pas l’impression que l’idée de technologies sociales (pensez à ce pauvre Skinner !) ait le vent en poupe.

      - D’ailleurs, il existe une réalité sociale qui permet de réaliser des transformations sociales et de fixer des objectifs aux agents sociaux sans que la science ait à s’en mêler : c’est le pouvoir social (et les luttes pour le pouvoir social). Il y en eut, en quelque 4000 ans qui sont pourtant peu de chose au regard de l’Histoire Humaine, des transformations, des évolutions et des révolutions. Fondamentalement, je ne suis pas sûr que nous ayons gagné en bonheur, mais nous vivons peut-être un peu mieux (pourvu que ça dure !) et peut-être avec la possibilité d’un peu plus de dignité (idem). Croyez-vous que la science s’en soit mêlée ? Les scientifiques du social et de l’humain n’étaient que virtuels et c’est peut-être tant mieux. Sincèrement, je fais davantage confiance au pouvoir social qu’en la science pour procéder à des changements. C’est la raison pour laquelle, je pense qu’il faut absolument le revendiquer dans toutes les bases sociales, à l’école, à l’université, dans les entreprises, les hôpitaux... et pas se satisfaire d’un pouvoir politique limité et aujourd’hui frelaté comme nous y invite la pensée libérale. C’est d’ailleurs le pouvoir social qui fixe les usages qu’on peut faire de la science.

      Remarque : Évidemment, vous aurez compris que je n’appelle pas « science » tout discours un peu structuré avancé par des « experts » et qui donne à croire en des vérités, y compris sur nos profondeurs et notre avenir. Évidemment, si vous croyez que Messieurs Crozier, Minc ou Lacan sont « scientifiques », ce que je dis doit être de l’hébreu pour vous. Je reste pour ma part sur une idée de la science qui est celle des sciences descriptives traditionnelles, idée qui peut fonder des sciences sociales et humaines (elle l’a fait) si on y tient vraiment. Y tient-on ?

      Les sociétés ont besoin d’idéologies

      Ensuite, je me refuse à assimiler idéologie et religion. Je vais essayer de vous dire pourquoi.

      Vous avez compris que je ne suis pas convaincu par l’idée que les sociétés « modernes » fonctionnent (ou même pourraient fonctionner) sur une base rationnelle et toute scientifique. Or, elles fonctionnent et se développent, le pouvoir social fonctionne et les agents sociaux s’y soumettent. Qu’est-ce qui permet à la société de tourner et qu’est-ce qui fait que les gens, même lorsqu’ils sont écrasés et doivent ramper acceptent qu’elle fonctionne comme elle fonctionne, ou alors se battent pour qu’elle fonctionne autrement (à moins qu’ils ne se retirent dans une secte ou dans la drogue) ? Ce sont les idéologies. Une idéologie est un discours (mots, représentations...) sur la façon dont doit tourner la société ou sur la façon de réformer la société. Et devant le vide de la science en la matière, on ne peut se passer d’idéologie, même si les idéologies peuvent conduire à des agitations, des mouvements révolutionnaires ou à des massacres dans les stades. Je comprends que des dominants qui profitent de la façon dont tourne une société aient envie de présenter l’idéologie qui justifie ce fonctionnement comme « rationnelle », « moderne » voire « scientifique ». C’est tout simplement prendre les gens pour des cons, et s’ils ne sont pas cons, c’est précisément parce qu’ils ont une ou des idéologie(s) alternative(s). Bref, les idéologies portent sur le sens de la vie sociale et des conduites sociales dans leur rapport à cette réalité qu’est une société ou une formation sociale (Est-il juste que certains meurent de froid dans une société de consommation ? Est-il juste que certains donnent des ordres à d’autres qui doivent obéir ? La consommation peut-elle être une valeur de vie ?...). Vous ne pouvez vous en passer que dans l’illusion d’une gestion scientifique de l’humain (mais où est la science ?) ou dans le retrait de la vie sociale. Les idéologies sollicitent le débat public. Je n’accepte donc pas qu’on crache sur les idéologies, ce ne peut être qu’au profit d’une idéologie dominante qui se fait passer pour autre chose que ce qu’elle est.

      Je ne veux pas utiliser des mots très compliqués pour me faire comprendre, mais il doit être clair qu’une religion porte sur tout autre chose. Les religions sont d’ailleurs probablement nées durant la préhistoire (sans doute chez l’homme de Néandertal) avant que n’apparaisse le fait du pouvoir social et donc la forme historique des sociétés humaines. Avec la religion, l’homme ne s’interroge pas sur le social. Il s’interroge sur le sens de la vie et de la mort (pourquoi sommes-nous sur la Terre ? Quel est le sens de notre passage sur la Terre ? Que serons nous après ce passage ?...) . Il n’y a pas de religion sans une base de transcendance. Il n’est pas question là de débat public, mais de persuasion, de conversion et de foi. Voilà exactement le registre qui est celui d’une religion. Et j’accepte parfaitement l’idée que ce registre relève pour une personne de son intimité personnelle, et que cette partie d’elle-même doit être respecté, notamment dans une République laïque.

      Maintenant, je ne suis pas naïf. Je sais parfaitement que les deux registres de questions peuvent s’interconnecter, et qu’ils le font généralement par le fait des religions qui, en quelque sorte, débordent de leur registre prescriptif propre et fixent aux fidèles des consignes de vie sociale. La religion entre alors dans le débat public sur les valeurs sociales. On l’a vu à propos des débats sur les signes religieux et notamment le voile auquel on reprochait non de servir d’enseigne religieuse, mais de signifier l’acceptation publique d’un fait social inacceptable : la condition de la femme musulmane. Je ne vais pas ici reprendre les développements de mon article : je rappellerai simplement que je prétends que c’est dans la mesure où les diverses croyances religieuses concernant le sens de la vie et de la mort sont respectées par la République laïque, qu’on peut aussi demander aux religions de participer à la vie démocratique de la République en acceptant le débat public sur les questions concernant la vie sociale dans notre république, y compris les questions concernant la liberté d’expression. Le soi-disant débat sur les caricatures, à n’avoir pas respecté cette règle, s’est avéré n’être qu’une prise de bec entre deux variétés d’ayatollahs.

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      • > n’attendez pas trop de la science 29 septembre 2006 04:36

        Tout d’abord je vous remercie de m’avoir répondu et je tiens à m’excuser du peu de clarté dont j’ai fait preuve (en lisant votre réponse je me suis rendu compte a quel point j’ai d eu vous parraitre hors sujet et meme trés evasif )et vous remercie d’avoir prit de votre temps, pour cette mise au point, qui aura était trés instructif sur mon incapacité à maitrisé cette méthode de discussions pour me faire comprendre.(en gros l’expression ecrite et moi c’est pas la fete).

        Je suis à peu prés d’accord sur la majeur partie de votre discours mais n’ayant pas votre aisance pour écrire je m’ excuse par avance s’il m’arrivé de pas étre trés clair.

        vous avez raison une religion n’est pas une ideologie( meme si c’est le libéralisme) .Je me suis mal exprimé quand je parle de la science, je la voudrait justement comme juge de paix,le but étant de rationnalisé les ideologies et les religions pour éviter la propagation de mensonges et de désinformations, fort utile au maintien de l’ordre social voulu par leurs mals dominant respectif et qui malheuresement nous plonge dans une regression sans precédant (un peuple qui sais est un peuple ingouvernable "adolf thiers" homme tristement celebre dans le massacre de la commune de paris ).

        Biensur nous avons besoin d’ideologie ! d’ideologie hummaniste et raisonable si possible pronant la verité et l’objectivité capable d’émanciper les hommes et les femmes de cette planéte.Pourquoi l’hummanisme parceque nous naissont ni bon, ni mauvais, mais somme vouer à etre bon si nous voulons préserver notre planéte de la destruction, que la méconnaissance de notre environement produit.(j’aurais aimer étre plus explicite, mais pour faire simple je suis pour une vrai répuplique laique et pas cette parodie qui se joue a l’heure actuelle sous nos yeux )

        "avec la religion l’homme ne s’interroge pas sur le social" c’est oublier que certaine religion le font "l’islam sunnite" ainsi que les "évangéliste chrétiens"entre autre et que ces religions n’accepterons jamais l’idée de séparée le privé du publique.

        La science est un outil indispensable à la demistifications des idées rétrograde et aliénante que les religions propages (la terre à 6000 ans ,les dinausores n’ont jamais existé etc.) alors d’accord la science ca repond pas à tout, mais dans ces cas la ca peut aider (surtout que certain ne ce gene pas pour utiliser la science dans un but de prouver l’existance de leur dieu et il est facile de propager de tel idéé dans un cerveau ne sachant pas ce qu’est la science( et la on est d’accord la psychanalyse c’est pas une science) . nous assitons à la mise à mort de la laicité et de la république avec la complicité de l’ideologie libéral entre autre ,et pour revenir au débat,meme si ces carricatures n’était pas trés éfficace, elle auront montrer au moin que nous étions plus proche du retour au délit de blasphéme qu’un débat démocratique sur le sujet !pour finir je combat les religions pas l’hypothese d’un dieu positif mais je fais une enorme différence entre dieu et les religions ,dieu on ne peut prouver sont existance ou sont inexistance ce n’est pas le cas des religions dont les textes ne sont que mensonges !

        Je ne vais pas pas vous embéter plus longtemps et je vous remercie encore car c ’est avec fierté que je vais pouvoir dire à mes amis que j’ai était remis en place et a juste titre par jean-leon beauvois.(j’éspere un jour vous rencontrer dans un autre contexte plus simple pour moi une discussion par voix oral par exemple).

        (J’ai oublié de vous dire que j’avais lu petit traité de manipulation à l’usage des honnete gens "une tuerie") pardon pour les nombreuses fautes d’orthographe.

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        • > n’attendez pas trop de la science 29 septembre 2006 18:24

          Bonjour monsieur beauvois ! C’est encore moi j’aimerais savoir s’il était possible , d’avoir votre avis sur certains sujets qui m’aiderait énormement dans ma tache de militant syndicaliste que je suis ! je vous laisse mon adresse en éspérant ne pas abuser de votre sympathie.je vous remercie. comprenant que vous n’aurait pas forcément le temps,j’éspere que ma démarche ne vous aura pas embété .

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