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Antisémitisme, Ukraine : Bush a-t-il soutenu des néo-nazis ?

De l’antisémitisme et du révisionnisme en Ukraine et au XXIème siècle

« Révolution orange » et « Peste brune »

lundi 30 janvier 2006, par Claude Rainaudi

Dans certaines régions de l’Ukraine, la montée d’un racisme anti-russe semble, une fois de plus, aller de pair avec la montée d’un racisme anti-juif. Dernière péripétie en date, rapportée par l’Union of Councils for Jews in the Former Soviet Union, un député aurait très sérieusement « expliqué », en public, la différence entre un Juif et un « Youtre » (Kike) ainsi que la différence entre un Russe et un « Russkof » (Moskal). Ce député, Oleg Tyagnybok, s’était déjà illustré, en septembre 2005, par une pétition demandant une enquête sur « la Juiverie organisée » (organized Jewry), pétition également signée par un autre député, Ivan Spodarenko, responsable du journal Silski Visti, dont nous aurons l’occasion de reparler.

Oleg Tyagnybok était l’un des responsables de la « révolution orange », tardivement exclu du parti de Viktor Iouchtchenko (Yushchenko), quand aux Silski Visti, elles ont récemment reçu une médaille de ce même Viktor Iouchtchenko (Yushchenko) pour leur « qualité journalistique ». Plusieurs organisations juives tirent la sonnette d’alarme depuis des mois : l’antisémitisme est de retour en Ukraine, sous sa forme la plus extrème, et aux plus hautes positions du pouvoir politique.


Article repris par http://ukraines.fr.

Rapport d’étonnement

Lors de l’écriture de mon récent commentaire sur la crise du gaz en Ukraine (Prix du gaz russe en Ukraine, causes et conséquences internationales du conflit), j’ai recherché, sur ce sujet, une documentation extensive. Au cours de cette recherche, un élément récurrent a attiré mon attention, l’expression outrancière, dans ce pays, en toute impunité, d’attitudes antisémites et anti-russes, ainsi que le soutien des dirigeants de la « révolution orange » à ceux qui les expriment, dirigeants qui gouvernent actuellement l’Ukraine.

Pour donner une idée de la situation, la plus grande université privée ukrainienne, L’École supérieure d’administration de Kiev, a organisé, en juin dernier, une conférence appelant à l’expulsion des Juifs, conférence à laquelle participaient des représentants du parti « orange » au pouvoir. Le site israelien « antisemitism.org.il » à diffusé cette information : Antisemitic Conference at the College of Administration in Kiyev

Une fois de plus, le sujet semble moins intéresser les médias français que les croisières et les escales de nos futurs éventuels et potentiels candidats à la présidence.

Les propos rapportés ici gagneraient sans doute à être placés dans un contexte d’énonciation précisément décrit, situé dans une perspective historique et commenté, mais un tel travail serait l’objet d’une thèse. Cet article ne se veut qu’un bref rapport d’étonnement.

Il convient, d’ailleurs, d’éviter la caricature et de préciser que la plupart des dirigeants de la « révolution orange » ne se revendiquent pas du néo-nazisme, qu’ils n’ont pas tous — loin de là — signé la pétition contre la « Juiverie », qu’Oleg Tyagnybok a fini par être exclu de son parti et même que Viktor Iouchtchenko a quelques Juifs dans son entourage politique, Juifs qu’Oleg Tyagnybok ne se prive d’ailleurs pas de prendre à parti en tant que tels [1].

« 400000 Juifs ukrainiens ont envahi l’Ukraine au sein des troupes nazies »

Mais je pense qu’il est également important de constater que, dans un passé récent, et alors qu’ils étaient outrageusement soutenus depuis les USA comme « démocrates » ( !), Viktor Iouchtchenko (Yushchenko), Alexandre Moroz et Yulia Timochenka, les principales figures de la « révolution orange » en Ukraine, ont officiellement pris la défense des Silski Visti alors que ce journal venait de publier, après de nombreux articles antisémites, un morceau choisi de propagande révisionniste.

En effet, dans leur édition du 30 septembre 2003, les Silski Visti donnaient à lire un article antisémite au contenu presque surréaliste, intitulé Les Juifs en Ukraine aujourd’hui, la réalité sans le mythe. L’article proclamait, entre autres, que 400000 Juifs ukrainiens (excusez du peu !) avaient rejoint les troupes nazies pour envahir l’Ukraine et... voler l’or des Ukrainiens. Ce numéro arrivait à la suite d’une ennuyeuse litanie de prises de position antisémites, incluant, par exemple, la réhabilitation des « Protocoles des Sages de Sion » le 14 juin 2002 et des paraphrases de Mein Kampf dans plusieurs numéros [2].

Plainte fut déposée par Alexandre Chlayen, responsable du comité antifasciste ukrainien et membre respecté de la communauté juive. Le journal antisémite fut poursuivi pour incitation à la haine raciale, la rareté de cette accusation, en Ukraine, lui donnant une certaine solennité. Bien que cherchant à se dédouaner par le prétexte que l’auteur de l’article, Vassili Iaremenko, avait payé ledit comme une pub, Vassili Grouzine, l’un des responsables des Silski Visti en rajouta une couche. Non seulement le nombre de 400000 Juifs enrolés volontaires dans les hordes nazies (rien qu’en Ukraine...) ne lui paraissait « pas éloigné de la réalité », mais il justifia même cet article — et tous les autres, qui l’avaient précédé et qui l’ont suivi — ainsi : « Je pense que l’intention du sionisme c’est que les Juifs conduisent le monde. »

Lorqu’on demanda à Alexandre Moroz, actuel député ukrainien, et figure marquante de la « révolution orange », pendant une interview de la Jewish Telegraphic Agency, le 31 octobre suivant, ce qu’il pensait de cet article, il répondit qu’il pensait que le nombre de 400000 était « incorrect » mais... qu’il ne pouvait pas tout savoir. Certes.

Le 30 janvier 2004, Viktor Iouchtchenko, Yulia Timochenko et Alexandre Moroz volèrent au secours de la feuille de chou antisémite en publiant une déclaration intitulée « Enlevez vos sales pattes des Silski Visti » et appelèrent leurs troupes à descendre dans la rue pour soutenir ce journal, encadrées à l’occasion par les membres de l’UNA-UNSO [3] de Andrei Chkil (Andry Shkil) [4] dont les médias, ivres de « révolution orange », ont curieusement omis de nous montrer les gracieux minois.

Pour réparer cet oubli, voici quelques unes de leurs photos de famille. Vous pouvez cliquer sur les photos pour les admirer de plus près.

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UNA-UNSO, défilé en uniforme
Les drapeaux vous rappellent peut-être quelque chose ?
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UNA-UNSO
Sont-y pas mimis ?
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Militant de l’UNA-UNSO

Victor Iouchtchenko, d’après un article d’Ana Shinder dans Ukraine Now [5], installa sur son site internet un forum intitulé « Attention aux Juifs » (Beware of the Jews dans la traduction anglaise [6]).

Condamnées en première instance, les Silski Visti furent relaxées en appel, sous la pression de la rue, qui avait été mobilisée. Pour se dédouaner de leur soutien à l’antisémitisme, les figures de proue de la « révolution orange », toujours dans l’opposition, allèrent jusqu’à déclarer que l’article antisémite de Vassili Iaremenko était « une provocation du gouvernement ». Il est tout de même permis de se demander pourquoi, dans ce cas, l’éditeur en défendait le contenu, ainsi que celui de tous ses autres papiers ouvertement antisémites dénoncés depuis belle lurette par plusieurs organisation juives, comme, par exemple, le Coordination forum for countering antisemitism.

Le 17 mars 2005, au grand dam de Yakov Blaih, Grand Rabin de Kiev, Viktor Iouchtchenko décorait l’équipe des Silski Visti pour leur « contribution personnelle au développement du journalisme en Ukraine. »

Cette accumulation de faits montrent des tendances ouvertement nazies, antisémites et anti-russes dont peuvent être suspectées aux personnalités mises en place en Ukraine par la « révolution orange ».

« Révolution orange » ou coup d’état dirigé par George Bush ?

La prise en compte de ces tendances extrèmes m’amène à réexaminer le contexte de la prise du pouvoir par les « Oranges ». Trois points semblent, encore une fois, avoir échappé, en France, aux médias dominants :
- cette opération a été téléguidée depuis les USA ;
- elle a mis au pouvoir une de leurs créatures ;
- elle relevait plus du coup d’état que de la démocratie.

Qui a financé la « Révolution orange » ?

N’étaient-ils pas touchants, tous ces manifestants vêtus d’orange, campant dans des tentes oranges, écoutant du rock diffusé par d’immenses intallations drapées d’orange ? Au fait, d’où venaient donc ces kilomètres de tissus ? La question fut rarement posée.

Qui a payé les publicités, les consultants, les organisateurs, les sonos, les autobus... ? On évita de le demander.

C’est un article du Guardian du 26 novembre 2004 qui leva le lièvre. Avaient été impliqués dans l’opération :
- le National Democratic Institute (dépendant du Parti Démocratique étasunien) ;
- l’International Republican Institute (dépendant, en ce qui le concerne, du Parti Républicain étasunien) ;
- le Ministère des Affaires Étrangères étasunien [7] ;
- l’USAid (agence officiellement chargée d’opérations de guerre psychologique, ainsi que l’indique le Field Manual FM33-1 de l’US Army) ;
- l’organisation Freedom-House ;
- l’Open Society Institute du milliardaire Georges Soros...

Des organisations subversives internationales à la solde des USA avaient aussi mis la main à la pâte. Des millions de dollars avaient été dépensés pour permettre l’élection de Viktor Iouchtchenko, dont on vient de constater les douteuses connivences avec des antisémites. Sachant, par ailleurs, que ce « leader charismatique » était un ancien apparatchik et qu’il avait travaillé pour le précedent gouvernement, qu’est-ce qui pouvait bien justifier pareil investissement ?

Un agent US dans la place ?

Victor Iouchtchenko, par lui-même, n’est pas un personnage bien reluisant. Depuis que les entourloupes étasuniennes l’ont porté au pouvoir, il n’a eu de cesse d’appliquer la formule qui titre son site web : « Mon Ukraine » (Moya Ukraïna). Il considère, en effet, que le pays lui appartient et il le met en coupe réglée [8], pour lui et sa famille. Son fils, Andrei Iouchtchenko, s’étant, entre autres, rendu célèbre en arborant un téléphone portable en platine valant plus de 20000 euros (oui, vingt mille).

Au-delà de Victor Iouchtchenko, il est intéressant de se pencher sur ce que l’on sait de son épouse.

Née à Chicago en 1961, Kateryna Iouchtchenko, de son vrai nom Tchoumatchenko, n’a acquis la nationalité ukrainienne qu’en 2005. Elle fit ses études à l’université Georgetown de Washington. Elle travailla ensuite pour Ronald Reagan, à la Maison blanche et au ministère des Affaires étrangères, puis pour George Bush senior, au ministère des Finances. Lorsqu’elle se rendit en Ukraine, en 1991, ce fut pour une organisation US. Elle eut la... chance d’y rencontrer son futur président de mari. Si l’on ajoute qu’elle effectua un stage dans l’équivalent US de la Police des Frontières et qu’elle participa, à des postes de responsabilité, à de nombreuses organisations étasuniennes à visées internationales, on peut se dire que tout cela est le fruit du hasard. On peut aussi en douter. Kateryna Iouchtchenko a coutume de lâcher ses avocats bien payés sur qui douterait trop fort, le journaliste Mikhail Leontyev l’a appris à ses dépends.

Je vous suggère donc de douter à voix basse.

Du caractère illégal et brutal de la « révolution orange », personne, tout au moins en France, ne semble... se douter.

La « démocratie » made in USA à l’oeuvre

Lorsque Léonide Kutchma, l’ancien président de l’Ukraine, obtint, dans certains secteurs, plus de 90% des voix, on s’en émut, sans doute à juste titre. Lorsque, dans certains autres secteurs, ce fut Viktor Iouchtchenko qui afficha les mêmes scores, cela fut tenu sous silence.

Tenu sous silence, également, le rapport accablant de Rachel Ehrenfeld, observatrice mandatée par un think tank israélien, l’ISCIS. Ce rapport est lisible sur le site frontpagemag.com : rapport de Rachel Ehrenfeld sur les fraudes électorales des partis « oranges ». Rachel Ehrenfeld y déclare : « Toutes les violations majeures [des règles électorales] que nous avons observées étaient organisées par les supporteurs vêtus d’orange de [...] Viktor Iouchtchenko » [9]. Et Rachel Ehrenfeld de donner des détails : électeurs intimidés dans les isoloirs et « escortés » jusqu’aux urnes ; faux sondages à la sortie des urnes [10] ; mise en oeuvre d’une campagne d’intimidation manifestement planifiée ; etc. Elle témoigne également du fait que des « observateurs » « indépendants » de l’OSCE circulaient en voiture en brandissant des drapeaux oranges. Lorsque l’on sait que c’est sur cet organisme que l’on compte pour certifier le caractère démocratique et sans contraintes d’une élection, il y a de quoi rêver. Il est vrai que l’OSCE a certifié démocratiques les élections récemment tenues en IraK...

Ce papier de Rachel Ehrenfeld fut assez politiquement incorrect pour lui valoir les injures de John Radzilowski en personne, dont on peut lire les réactions sur le même site. Alors que, pour Rachel Ehrenfeld, les comportements répréhensibles des deux camps devaient être dénoncés, pour John Radzilowski, il y avait des gentils et des méchants. Quand on sait qui est John Radzilowski, cela ne surprend plus.

Pour faire bref, le docteur John Radzilowski est « senior fellow » de l’Institut « Piast ». Pour rester bref, l’Institut « Piast » a organisé, le 25 septembre 2005, à Detroit, un colloque dont l’invité d’honneur n’était autre que Zbigniew Brzezinski, l’un des apôtres du « choc des civilisations », figure marquante des néo-conservateurs et inspirateur de George Bush. On admirera, ci-dessous, prenant la parole lors de ce colloque, Zbigniew Brzezinski et... le docteur John Radzilowski.

Zbigniew Brzezinski, Institut Piast

le docteur John Radzilowski

Autant pour la crédibilité du bon docteur...

Alors, tous des fascistes, ces Ukrainiens de l’Ouest ? Encore une fois, ne tombons surtout pas dans la caricature.

Ce n’est pas l’Ukraine !

Je tiens à éviter que mon signalement, par ce rapport d’étonnement, de la progression des racismes antisémite et anti-russe chez certains Ukrainiens puissent engendrer un racisme, tout aussi stupide, contre les Ukrainiens, ou même contre les Ukrainiens de l’Ouest.

Il y a, bien entendu, en Ukraine comme en Grande-Bretagne, en Pologne ou même en France, un petit nombre de pauvres types qui — haine d’eux-mêmes ou haine de l’autre ? — se rasent le crâne comme d’aucuns se font pousser la barbe, pour taper sur qui leur déplaît, en bande, comme il se doit. Ils constituent sans doute une nuisance et peuvent occasionnellement blesser ou tuer. Mais ce qui se passe actuellement en Ukraine est bien plus inquiétant que la saturation de rares neurones par un excès de testostérone et de mauvaise bière. Il s’agit de l’expression ouverte d’un racisme radical (anti-juif et anti-russe) par des dirigeants de partis au pouvoir, accompagné d’un discours politique construit sous une apparence de rationalité. En effet, on peut aimer, ou pas, les Juifs, les Tsiganes, les Russes, les coiffeurs ou la police de proximité — que l’avenir nous préserve d’une police des sentiments ! — lorsque cela reste dans la sphère privée. On peut aussi aimer — ou pas — les gens qui expriment de tels sentiments. Lorsque des sentiments de haine sortent de la sphère privée, ils constituent généralement une infraction, sanctionnée par les lois des pays civilisés, qui relève du droit commun. Organiser des conférences « universitaires », faire signer des pétitions, développer une propagande, entraîner des milices et organiser un appareil politique relèvent d’une autre dimension. Il ne s’agit plus de sentiments ni même de leurs débordements, il s’agit d’une volonté politique. Même si la plupart des dirigeants « oranges », et leurs commanditaires étasuniens, ne sont probablement pas nazis eux-mêmes, ils sont prêts à s’acoquiner avec cette engeance lorsque cela les arrange.

Nous constatons par ailleurs que cette expression ouverte de racisme anti-juif et anti-russe s’accompagne d’une impunité totale. Laisser faire sans réagir pourrait rapidement nous mener à des tragédies que nous aurions cru relever d’un passé heureusement révolu. Les prochaines élections ukrainiennes, je le rappelle, ont lieu en mars.

Toutefois, l’Ukraine est un grand pays et un pays aux multiples sensibilités, à l’histoire complexe. La Côte et l’Est du pays forment un bloc qui a résisté à la vague « orange » et qui résiste à la vague « brune ». Cette zone héberge 80% de l’industrie ukrainienne. Dans l’Ouest du pays, même si, pour des raisons historiques, on trouve beaucoup plus de gens sensibles à la propagande raciste, la tradition antinazie reste vivace. N’oublions pas que c’est avec le bombardement de Kiev, la capitale ukrainienne, qu’Hitler commença l’attaque contre l’Union Soviétique, attaque qui entraîna, après une âpre lutte et 20 millions de morts, sa défaite devant Stalingrad. Souvenons-nous que les soldats soviétiques qui libérèrent Auschwitz et Buchenwald comptaient beaucoup d’Ukrainiens dans leurs rangs et que la résistance, sur le territoire de l’Ukraine, fut une plaie ouverte au flanc des armées nazies.

C’est ce message de solidarité et de résistance que nous rappelle une belle chanson russe de 1941 sur laquelle il me plaît de conclure (vous pouvez cliquer sur la vignette si vous voulez l’écouter) :

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Le 22 juin, à quatre heures du matin
Une chanson de combat contre l’invasion nazie. Le bombardement de Kiev mobilisa l’ensemble de l’Union soviétique...

Двадцать второго июня, Ровно в четыре часа Киев бомбили, нам объявили Что началася война... Le 22 juin, à 4 heures du matin, ils ont bombardé Kiev et nous avons su que la guerre avait commencé...

Portfolio

Paradant devant un monument à la "gloire" des SS ukrainiens de la division (...) Adrei Chkil à la tribune, UNA-UNSO Andrei Chkil et Viktor Nazarenko Andrei Chkil Andrei Chkile, tel qu'en lui-même Monsieur le Député Chkile, à la tribune de la Rada

P.-S.

En annexe : Néonazisme, les étranges justifications de Iouchtchenko

Sur son site personnel, Viktor Iouchtchenko a posté cette surprenante déclaration :

« Il a été rapporté que, samedi dernier, à Kiev, il y avait une « parade » du parti « UNA-UNSO » qui n’a rien de commun avec l’organisation conduite par Andrei Chkil, membre du YTB [NdT : un des partis « oranges »]. Pendant la réunion, l’« UNA-UNSO » de Kovalenko a déclaré son soutien à Iouchtchenko avec les signes fascistes, des symboles « SSS » (sic.) et des gestes à la mode Hitlérienne. » [11]

Il n’est pas rare que, dans des groupes de nervis, des chefs à l’ambition bien spéciale tentent de partir avec la meute. Il s’ensuit des frictions et des fractions, chacun revendiquant l’héritage du glorieux passé. Chacun conserve alors le nom et les symboles de l’organisation, ce qui rend l’identification des uns et des autres assez difficile.

Il semble que cela soit aussi arrivé à l’« UNA-UNSO » et qu’il y en ait maintenant au moins deux sur le marché. Dans la mesure où Iouchtchenko revendique ses liens « avec l’UNA-UNSO d’Andrei Chkil », il m’a paru intéressant de me renseigner sur le personnage. Ces quelques photos d’icelui et des activités de son organisation, m’épargneront, je pense, un plus long commentaire.

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Andrei Chkil et Viktor Nazarenko
Surpris à proximité du camp de Touzla.
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Adrei Chkil à la tribune, UNA-UNSO
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Andrei Chkil
On aime les ambiances rétro ?
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Paradant devant un monument à la "gloire" des SS ukrainiens de la division "Galizien" (Galicia)...
Encore Andrei Chkil...
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Andrei Chkile, tel qu’en lui-même
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Monsieur le Député Chkile, à la tribune de la Rada
Viktor Iouchtchenko revendique, sur son site, avoir cet homme dans ses rangs.

Notes

[1] Il va de soi que que fait d’être juif ne met pas à l’abri de la critique, ceux qui défendent cette idée sont tout simplement racistes. Il est toutefois différent de critiquer les actions d’un Juif parce qu’on les désapprouve et de les critiquer parce qu’il est juif

[2] Pour une revue, ceux d’entre nous qui lisent l’anglais pourront prendre connaissance de l’article détaillé et documenté d’Alexandre Naiman dans le Jewish Observer de mars 2004

[3] L’UNSO (Ukrainska natsionalna samooborona) est une milice fasciste qui dépend de l’UNA (Ukrainska natsionalna assembleya ). L’UNA entretient et entraîne des centaines de nervis, entre autres dans un camp proche de Touzla, finance une propagande massive, dispose d’une station de télévision nommée « Pravyi breg » ... sans que l’on sache bien d’où vient l’argent.

On pourra lire avec quelque intérêt cet extrait de leur prose : « Le prochain millénaire verra l’aggravation du combat entre deux mondes qui s’opposent — l’aryen et le sémitique —, entre les forces du Bien et celles du Mal. L’Ukraine, sous la direction de l’UNA-UNSO devra être à l’avant-garde de la civilisation aryenne. Que les Youtres sont les serviteurs du Démon est évident dans la Bible, le Talmud, la Torah, les Protocoles des Sages de Sion et dans l’ensemble de l’histoire du peuple youtre. Qui a créé les enseignements sataniques du Communisme ? Qui a bâti cet Empire du Mal qu’était l’URSS ? Qui étaient les membres de la Tchéka ? Qui a détruit les églises, affamé les masses et détruit l’élite de l’Ukraine ? ... Les Allemands avaient raison quand ils ont organisé leur autodafé (sic.)... ». Etc.

Texte original en anglais sur le site officiel de UNA-UNSO : “We must recognize our messianism, our holy obligation toward Ukraine and all of humanity.... The next millenium will be marked by an aggravation of the struggle between two opposing worlds - the Aryan one and the Semitic one, between the forces of Good and those of Evil. Ukraine, headed by UNA-UNSO should be the vanguard of Aryan civilization. That the kikes are the servants of the Devil is obvious from the Bible, the Talmud, the Torah, the Protocols of the Elders of Zion and from the whole history of the kike people. Who created the satanic teaching of Communism ? Who built the Evil Empire of the USSR ? Who were members of the CheKa ? Who destroyed churches, organized the mass starvation and the destruction of the elite of the Ukraine ?... The Germans were right when they made their autos-da-fe....

[4] Andry Shkil a été élu au parlement ukrainien, sous l’étiquette YTB, avec l’appui de « Notre Ukraine », le parti de Viktor Iouchtchenko, obtenant ainsi l’immunité parlementaire

[5] L’article d’Ana Shinder : Myths and Truths about Ukrainian Anti-Semitism

[6] Beware of the Dog est l’équivalent anglais de « Attention au chien »

[7] d’après un article de Nick Patton Walsh, Inquiry sought into claims of US funding , ce ministère des Affaires étrangères (State department) aurait reconnu avoir, à lui seul, investi 65 millions de dollars en Ukraine, pour soutenir la « démocratie »

[8] On pourra consulter un rapport sur l’augmentation officielle de sa fortune depuis la « révolution orange » en lisant cet article : Yushchenko’s Income and Property Declaration, article d’autant plus crédible qu’il est publié par le NED, une officine de propagande étasunienne.

[9] all of the major violations we witnessed at various polling stations were engineered by the orange-clad supporters of opposition presidential candidate Viktor Yushchenko.

[10] Ces faux sondages ayant servi de prétexte à tout ce foin. Est-il besoin de rappeler que des sondages à la sortie des urnes, bien réels, ceux-là, donnaient Kerry largement vainqueur de Bush lors des dernières élections aux USA ? Si les sondages doivent permettre de contester un scrutin, pourquoi Kerry n’a-t-il pas eu une seconde chance, lui aussi ?

[11] It was reported that last Saturday in Kyiv there was a « parade » of the « UNA-UNSO » party that has nothing in common with the « UNA-UNSO » organization headed by Andriy Shkil, YTB member. During this meeting Kovalenko’s « UNA-UNSO » declared the support of Yushchenko with the fascist signs, « SSS » symbols and gestures in Hitlerite manner.

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