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Psychologie sociale, sciences sociales, propagandes, manipulations, recherche en psychologie

Jean-Léon Beauvois

Une présentation de notre auteur : Jean-Léon Beauvois

mardi 3 mai 2005, par Maniprop.com

Né en 1943 à Aix-en-Provence, universitaire, enseignant-chercheur en psychologie sociale, Jean-Léon Beauvois a conduit durant toute sa carrière une réflexion sans concession et sans démagogie sur le pouvoir social (en tant que trait original et constitutif des sociétés humaines)et ses conséquences sociales et cognitives [1]. Cette réflexion s’est avérée indissociable 1. d’une analyse des pratiques sociales d’évaluation et des idéologies psychologisantes (ou "naturalisantes") qu’elles portent aujourd’hui, et ce jusque dans les théories des sciences humaines et 2. des processus sociocognitifs induits par l’obéissance, notamment dans notre vie sociale sous illusion de liberté (internalisation, rationalisation). Réflexion et analyse incompatibles avec les dogmes libéraux.

Récents articles de Jean-Léon Beauvois sur Maniprop.com

Docteur es Lettres et Sciences Humaines (1976), chercheur en psychologie clinique d’abord (1967-1974 : Paris, Nancy), puis en psychologie sociale expérimentale (depuis le début des années 70 : Nancy, Caen, Grenoble, Nice), Jean-Léon Beauvois à dirigé à plusieurs reprises les organismes universitaires dont il était membre (UER « connaissance de l’Homme » à Nancy, UFR « Sciences de l’Homme et de la Société » à Grenoble, Département de Psychologie à Nice). Il profite actuellement de sa retraite varoise (depuis 2001) pour commenter l’évolution (et l’évaluation) des disciplines psychologiques et pour élargir ses perspectives aux sciences et à l’analyse politiques, à l’Histoire et à la Préhistoire. Ces nouvelles perspectives apparaissent dans son livre (2005) : Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social (10-ci dessous). Ses derniers livres de "psychologue social" sont récents (Les Influences sournoises : précis des manipulations ordinaires. Paris, Bourin, 2011 ; 27 ci-dessous. Deux ou trois choses que je sais de la liberté, Nouvelles Éditions Bourin, 2013 ; 28 ci-dessous).

Il se consacre actuellement à un travail sur le conflit qui opposa, à Jérusalem vers 57-58 , Jacques (le frère de Jésus) et Saint Paul, conflit qui reposa sur l’antagonisme des positions relativiste (Jacques) et universaliste (Paul). Bien qu’il accepte l’antagonisme de ces deux positions, J.-L. Beauvois se refuse à prendre parti. Ce travail paraîtra en 2016 sous le titre ⎨Dernière rencontre à Jérusalem ; Sur la naissance du christianisme⎬chez Lemieux-Editeur.

Jean-Léon Beauvois a été président d’importantes associations professionnelles (ARIP : Association pour la Recherche et l’Intervention Psychosociologique ; ADRIPS : Association pour la Diffusion de la Recherche Internationale en Psychologie Sociale). Il a dirigé plusieurs années la Revue Internationale de Psychologie Sociale et a participé à de nombreux comités éditoriaux de revues et de collections d’ouvrages scientifiques françaises et étrangères. Il a créé et dirigé la collection Vies Sociales aux Presses Universitaires de Grenoble (19 ouvrages parus sous sa responsabilité. Deux ont fait l’objet de révision et réédition : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, paru en 1987, revu en 2002 et en 2014 ; La norme d’internalité et le libéralisme, paru en 1994, revu en 2009). Il s’est, par ailleurs, particulièrement impliqué dans deux séries d’ouvrages collectifs :

La psychologie sociale (Traité de psychologie sociale) 6 volumes parus entre 1995 et 2001 sous sa direction aux Presses Universitaires de Grenoble, avec la coopération de Gabriel Mugny et Dominique Oberlé pour le volume 1, Jean-Claude Deschamps pour le volume 2, Jacques-Philippe Leyens pour le volume 3, Willem Doise et Nicole Dubois pour le volume 4, Jean-Marc Monteil pour le volume 5, Robert-Vincent Joule et Jean-Marc Monteil pour le volume 6 ;

- Perspectives cognitives et conduites sociales (en co-direction avec R.-V. Joule et J.-M. Monteil) ; une série scientifique de psychologie sociale publiant, après expertises, des recherches et des chantiers de recherches d’auteurs français et étrangers ; 9 volumes parus entre 1987 et 2004, aux Editions DelVal, Delachaux et Niestlé, puis aux Presses Universitaires de Rennes.

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Jean-Léon Beauvois
Barjols, 2002 : Jean-Léon Beauvois.

Jean-Léon Beauvois, prenant de la distance avec les méta-théories bien placés et presque unanimement appréciées dans le Zeitgeist scientifique et culturel (interactionnisme, constructionnisme, cognitivisme, neuro-scientisme...) et revendiquant son matérialisme scientifique et son comportementalisme épistémologique, a voulu développer, avec quelques-uns de ses étudiants (une trentaine de ses doctorants sont aujourd’hui en poste dans de nombreuses universités françaises), des axes de recherche non tributaires des dogmes des sociétés individualistes et libérales (dogmes que, dans la psychologie réellement internationale, on appelle une "psychologie indigène"). Ces dogmes sont trop souvent pris, en sciences psychologiques et sociales, non pour des réalités culturelles, mais pour des postulats méta-théoriques premiers et d’évidence pour ces sciences. Les thèmes de recherche sur lesquels il a travaillé ou qu’il a impulsés durant sa carrière relèvent de ce souci tant épistémologique que théorique et expérimental  [2]. Ces "chocs" sont à la source de l’analyse méta-théorique, théorique et expérimentale des processus socio-cognitifs tels que les définit Beauvois. Dans ces processus, les rapports sociaux insérant les sujets et les objets de la connaissance sont au moins autant constitutifs des connaissances générées et/ou utilisées que le sujet psychologique et les objets eux-mêmes (schéma ternaire de la connaissance ; voir 4, 5, 6, 7). De ce point de vue, seul un rapport social aux objets très particulier, nécessairement appris, quelquefois mal-aimé, le rapport d’observation, produit de la connaissance "scientifique" ou "descriptive". Les autres rapports sociaux mobilisent une connaissance non scientifique mais évaluative (voir aussi 29 et 31 ci dessous).

Un dernier ouvrage de Jean-Léon Beauvois, écrit en tant que psychologue avec Nicole Dubois, est sur le point de paraître. Il donnera une synthèse de la "conception évaluative" des auteurs qu’ils opposent à la "conception naturaliste" qui est actuellement dominante en psychologie de l’individualité (Psychologie et valeurs sociales ; 31 ci-dessous).

En juin 2007 le Repaps (Réseau Parisien de Psychologie Sociale) a organisé un colloque d’hommage : Trente ans de psychologie sociale avec Jean-Léon Beauvois.

En 2007 J.-L. Beauvois a accepté la direction scientifique d’undocumentaire de Christophe Nick (production Yami-2) sur le pouvoir de la télévision et les dérives de la télé-réalité. Cette émission, présentée comme un jeu télévisé, a été diffusée sur France 2 en mars 2010.

Thèmes des recherches publiées par Jean-Léon Beauvois :

Conduites sociales d’évaluation et théorie de la valeur sociale des personnes (désirabilité sociale opposée à utilité sociale) (1, 2, 10, 21, 24, 25, 27, 29, 30)

Théorie de la rationalisation : dissonance cognitive et engagement comportemental (11, 15, 16, 17, 19, 20, 27, 28)

Approche normative des jugements sociaux - théorie des normes sociales de jugement et, plus particulièrement, de la norme d’internalité (2, 5, 10, 12, 26)

Théorie de la double connaissance (connaissance descriptive ou scientifique opposée à connaissance évaluative ou idéologique). Objets de connaissance opposés à objets d’évaluation (3, 13, 10, 18, 31)

Une approche évaluative et écologique (gibsonienne) de la connaissance psychologique et, notamment, des traits de personnalité : ces traits comme affordances généralisées (14, 27, 29)

Pouvoir social, liberté et structures organisationnelles ; hiérarchie et autogestion (5, 10, 27, 28, 30)

Les propagandes et les processus d’influence dans les démocraties libérales ; les influences inconscientes (ou sournoises) et la propagande « glauque » (8, 9, 10, 27).

À ce dernier thème, on peut sans doute rattacher les analyses de J.-L. Beauvois sur la gestion de la psychologie et de la recherche en psychologie, ainsi que sur l’évaluation de la recherche par des outils bibliométriques (impact factor, indice h...) qui, sous couvert de (mal) mesurer la productivité des chercheurs, font participer ces derniers à la mondialisation idéologique portée par les États-Unis (21, 22, 23, 30 ci-dessous).

Quelques publications

Jean-Léon Beauvois a fait connaître ses recherches par des ouvrages et des articles, en langues française et étrangères. Il tient plus particulièrement à (en gras, les ouvrages aujourd’hui les plus accessibles sur le marché français) :

1. Jean-Léon Beauvois (1976). Problématique des conduites sociales d’évaluation. Connexions, 19, 7-30

2. Jean-Léon Beauvois (1984). La psychologie quotidienne. Paris, Presses Universitaires de France (épuisé)

3. Jean-Léon Beauvois (1990). L’acceptabilité sociale et la connaissance évaluative. Connexions, 56, 7-16

4. Jean-Léon Beauvois (1991). Processus cognitifs, socio-cognitifs, représentationnels, et idéologie. dans : v. Aebischer, j.p. Deconchy & e.m. Lipianski (eds.), Représentations sociales et idéologies. Cousset (Fribourg), DelVal

5. Jean-Léon Beauvois (1994). Traité de la servitude libérale. une analyse de la soumission. Paris, Dunod (épuisé ; disponible en Slovène et en Espagnol)

6. Jean-Léon Beauvois (1996). Processi socio-cognitivi e conoscenza valutativa. dans c. Regalia & g. Scaratti (eds.), Conoscenza e azione nel lavoro sociale e educativo. Rome, Armando Armando

7. Jean-Léon Beauvois (1999). Détermination et signification des événements psychologiques. dans : Transhumances : construction de savoirs en situations cliniques : dialogues sur le langage en acte. Namur, Presses Universitaires de Namur.

8. Jean-Léon Beauvois (2003). Les démocraties, la télévision et la propagande glauque. dans d. Courbet & m.-p. Fourquet (ed.), La télévision et ses influences. Bruxelles, de Boeck.

9. Jean-Léon Beauvois (2004). Quelques limites psychologiques du libéralisme et des démocraties libérales. dans. a. Dorna & p. Georget (eds.), La démocratie peut-elle survivre au XXIe siècle ? Paris, ed. In Press.

10. Jean-Léon Beauvois (2005). Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social. Petit traité des grandes illusions. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble.

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Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social.
Coupure "France d’en haut", "France d’en bas" : dans ce "Petit traité des grandes illusions", Jean-Léon Beauvois avance une théorie radicale des illusions de liberté, des rationnalisations, des propagandes invisibles, de la soumission au pouvoir social... qui sont le lot de la masse des individus victimes de la "pédagogie" médiatique et BCBG.

11. Jean-Léon Beauvois, Marc Bungert, Pascale Mariette (1995). Forced compliance : commitment to compliance and commitment to activity. European journal of social psychology, 25, 17-26

12. Jean-Léon Beauvois, Nicole Dubois (1987). The norm of internality in the explanation of psychological events. European journal of social psychology, 18, 299-316

13. Jean-Léon Beauvois, Nicole Dubois (1992). Traits as evaluative categories. Cpc- European bulletin of cognitive psychology, 12, 253-270

14. Jean-Léon Beauvois, Nicole Dubois (2000). Affordances in social jugement : experimental proof of why it is a mistake to ignore how others behave towards a target and look solely at how the target behaves. Swiss journal of psychology, 59, 16-33

15. Jean-Léon Beauvois, Robert-Vincent Joule (1981). Soumission et idéologies. Psychosociologie de la rationalisation. . Paris, Presses Universitaires de France (épuisé)

16. Jean-Léon Beauvois, Robert-Vincent Joule (1996). A radical dissonance theory. Londres, Taylor & Francis

17. Jean-Léon Beauvois, Robert Vinvent Joule (1999). A radical point of view on dissonance theory. dans e. Harmon-Jones & j. Mills (eds.), Cognitive dissonance : progress on a pivotal theory in social psychology. Washington DC : A.P.A.

18. Nicole Dubois, Jean-Léon Beauvois (2002). Évaluation et connaissance évaluative. une théorie dualiste de la connaissance. Nouvelle revue de psychologie sociale, 1, 103-111.

19. Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois (2014). Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble (traduit en Allemand, Bulgare, Chinois, Coréen, Espagnol, Italien, Japonais, Polonais). Dans ce « long-seller », les auteurs passent en revue les diverses grandes et petites techniques permettant d’être satisfait lorsqu’on demande quelque chose à autrui. Certaines de ces techniques sont assez conformes au sens commun. D’autres sont carrément surprenantes. Toutes ont fait l’objet d’études scientifiques attestant leur efficacité.

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Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens
Manipulation et contre-manipulation : description des techniques. Le best seller de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois.

20. Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois (1998), La soumission librement consentie. Paris, Presses Universitaires de France. Ici, les auteurs ont pour objectif de faire mieux connaître la "belle" théorie qui sous-tend nombre de techniques de manipulation : la théorie de l’engagement, et de montrer que ces techniques peuvent être utilisées au service de nobles causes, ce qui conduit à une réflexion indispensable sur l’éthique des pratiques d’intervention.

21. Pascal Pansu, Jean-Léon Beauvois (2004). Juger de la valeur sociale des personnes : les pratiques sociales d’évaluation. Dans p. Pansu & c. Louche (Eds.), La psychologie appliquée à l’analyse de problèmes sociaux. Paris, Presses Universitaires de France.

22. Guy Tiberghien, Jean-Léon Beauvois, (2008). Domination et impérialisme en psychologie. Psychologie Française, 53, 135-155.

23. Jean-Léon Beauvois, Pascal Pansu (2008). Facteur d’impact et mondialisation culturelle. Psychologie Française, 53, 211-222

24. Jean-Léon Beauvois, Nicole Dubois (2009). Lay psychology and the social value of persons. Social and Personality Psychology Compass, 6, 1082-1095

25. Jean-Léon Beauvois, Nicole Dubois (2008). Deux dimensions du jugement personnologique : approche évaluative vs approche psychologique ; Psihologia Sociala, 21, 105-119.

26. Jean-Léon Beauvois, Nicole Dubois, (2009). À propos d’une critique critiquable : Quelques précisions sur la théorie de la norme d’internalité. Revue Internationale de Psychologie Sociale, 29, 117-135

27. Jean-Léon Beauvois (septembre 2011). Les influences sournoises. Paris, François Bourin (Une présentation des influences inconscientes donne à l’auteur l’occasion de revenir sur la propagande glauque et sur les processus d’engagement, de rationalisation, d’internalisation et sur les illusions de la connaissance de soi).

28. Jean-Léon Beauvois (Mars, 2013). Deux ou trois choses que je sais de la liberté, Paris, Nouvelles Éditions François Bourin (On connaît assez bien les libertés politiques, avec les droits de l’Homme, et la liberté psychologique, avec le libre arbitre. On s’attache ici sur une liberté négligée, même dans les démocratie, la liberté sociale qui n’est possible que dans un état autogestionnaire).

29. Nicole Dubois, Jean-Léon Beauvois (2011). The social value of persons : Theory and applications. Dans G. Rossi (Ed.), Psychology, selected papers. In-Tech.

30. Pascal Pansu, Nicole Dubois, Jean-Léon Beauvois (2014). Dis moi qui te cite, je te dirai ce que tu vaux. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble. Un essai sur les malversations de la bibliométrie évaluative (impact factor, indice h...)

31. à paraître, avec Nicole Dubois : Psychologie et valeurs sociale

On peut lire aussi quelques livres relevant d’autres préoccupations :

- Prélude, Aria et Final. Avec César Franck, cinquante ans de musique française (1990, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble) (épuisé)

- Mon passé à Istanbul (un polar de jeunesse) ; paru en 2004, Nice, Editions Bénévent.

- Trois "polars provençaux" (sous le pseudonyme Gilb) parus en 2011 et téléchargeables chez Édilivre (edilivre.com) :

- Pataquès dans les calanque

- Notre pauvre Julia

- Le sommeil du Juste

À paraître : Dernière rencontre à Jérusalem, Lemieux-Éditeur. La portée civilisationnelle du conflit entre saint Paul, inventeur du christianisme, et Jacques le juste, frère de Jésus.

Sans oublier quelques textes d’analyse mais aussi d’humeur, dont deux donnés in extenso sur ce site, portant sur la diffusion et l’administration de la psychologie et de la recherche psychologique en France :

Pour l’avenir des disciplines psychologiques (texte paru après diffusion sur internet dans les Cahiers Internationaux de Psychologie Sociale en 2002).

Les dangers d’une culture dominante dans les sciences psychologiques et sociales : la psychologie sociale et l’impact factor (texte paru dans Cliniques Méditerranéennes en 2005).

Portfolio

Un polar de jeunesse de Jean-Léon Beauvois

Notes

[1] Récemment, un excellent scientifique géophysicien auquel on demandait pourquoi l’homme avait si bien réussi dans la nature répondait en évoquant (comme on pouvait s’y attendre) son cerveau, ses outils, sa pensée, son langage... On peut se demander pourquoi il ne lui est pas venu à l’aspect d’évoquer ces artéfacts sociaux que sont les organisations construites sur le fait du pouvoir social qui sont sans aucun doute possible aussi importantes que le cerveau. Sans doute pour que les crédits continuent à être dirigés plus volontiers vers les neuro-sciences que vers la sociologie ou la psychologie sociale !

[2] Trois « chocs » ayant conduit Jean-Léon Beauvois à ses conceptions actuelles : 1. Le constat que deux « belles » et heuristiques théories psychosociales (la théorie de la dissonance cognitive, la théorie de l’engagement) étaient dénaturées, y compris par leurs promoteurs, dès qu’elles en viennent à heurter des postulats fondamentaux de l’idéologie ambiante (par ex. l’idée que les attitudes dirigent les comportements ; l’idée de "cohérence" intellectuelle ; l’idée que le soi est un principe psychologique moteur...). 2. Le constat que tout une famille de théories psychosociales bien en vue dans la littérature dite « internationale » (lire « américaine ») (notamment certaines théories dites « de la formation d’impressions » et certaines théories de la catégorisation sociale) s’appuient comme s’il avait valeur de postulat scientifique sur un dogme culturel libéral et individualiste (ce qui est individuel a plus de valeur que ce qui est collectif) dont certaines implications théoriques ne sont pas expérimentalement avérées et sont peut-être empiriquement fausses. 3. la découverte d’une recherche de Glass (1964) montrant comment des étudiants peuvent accepter des prescriptions qu’on sait heurter leurs valeurs (envoyer des chocs électriques à un pair sympathique), ceci même sous déclaration insistante de liberté, et rationaliser leur obéissance à ces prescriptions en stigmatisant leur victime.


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