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Médias, Service public de l’information, Campagne électorale, Propagande officielle versus Pédagogie.

Médias, propagande : mais qui donc a demandé aux journalistes d’être des « pédagogues » ?

Quelques enseignements de la campagne électorale. relative au référendum sur le projet de constitution européenne

samedi 28 mai 2005, par Jean-Léon Beauvois

la campagne électorale en vue du référendum a une fois de plus montré la coupure entre deux France et le monopole de l’argumentation médiatique détenu par l’une de ces deux Frances, la première s’accommodant quelquefois volontiers de notre destin libéral(on ne dit pas européen), la seconde le refusant carrément sur des bases qui sont apparues comme majoritairement de gauche. On ne peut accepter l’idée avancée pour défendre ce monopole d’une obligation de pédagogie. Mais ne pas accepter cette idée conduit à diagnostiquer une propagande officielle qui se substitue au débat.

La campagne électorale en vue du référendum du 29 mai permet dès aujourd’hui de tirer quelques enseignements qui ne sont pas soumis aux résultats des votes.
- Elle a confirmé, du point de vue de la sociologie électorale, la coupure de la France en deux populations (dites par facilité « France d’en haut » et « France d’en bas »), la première s’accommodant quelquefois volontiers de notre destin libéral(je ne dis pas européen), la seconde le refusant carrément sur des bases qui sont apparues comme toujours majoritairement de gauche [1]. Cette coupure traverse néanmoins la coupure politique traditionnelle entre la droite et la gauche. Elle date du revirement vers la rigueur opéré par François Mitterand et son gouvernement en 1983.
- Elle a montré, ce qui est nouveau depuis cette date, et ce qui a d’ailleurs considérablement surpris les « analystes », que la France d’en bas n’était pas seulement grognon et imbécile, mais qu’elle était parfaitement capable, lorsqu’elle disposait de leaders acceptant l’unité, de débattre avec arguments et efficacité, pouvant prendre l’initiative dans un débat public et relever ainsi le niveau de ce débat. Mais :
- Elle a confirmé que, à ce débat, les principaux médias et commentateurs (y compris du service public) n’étaient pas réellement prêts, crispés qu’ils sont sur la défense des opinions d’en haut. On a pu constater, comme en 1992 [2], le monopole qu’exerce la pensée d’en haut sur l’argumentation médiatique.

J’ai déjà commenté le premier point [3]. Le deuxième, je dois l’avouer, m’a quelque peu surpris. Je m’étais fait à l’idée d’une évolution des déçus vers l’apathie politique ou l’éparpillement. Il demande le temps de la réflexion. Le troisième, pas davantage contestable que les deux autres, pourrait alimenter le débat dans les prochains mois s’il reste, dans notre environnement médiatique, quelques traces d’idéal démocratique. Je m’y arrêterai dans cette note.

L’extravagant monopole dans les médias de l’argumentation pour le OUI, y compris dans le service public, n’a donc échappé à personne. Il a même fait l’objet d’un quasi-consensus des observateurs [4]. Ceux-là même qui s’essayaient à le contester le faisaient sans réelle conviction. Qu’un journal d’opinion ait des opinions et les argumente ne devrait, en soi, choquer. Tout au plus peut-on regretter la disproportion, dans une presse dite libre, entre les journaux défendant le OUI et les journaux défendant le NON. Mais il est par contre tragique du point de vue de la démocratie de voir le service public, ce service public qu’on ne choisit pas comme on choisit un journal au kiosque (France Télévision, Radio France...) s’ériger en défenseur insistant d’une opinion minoritaire, quand bien même serait-elle l’opinion des gens chics. Les observateurs (souvent juristes) qu’on envoie contrôler la rigueur d’élections exotiques (au Tchad, en Palestine, en Ukraine, en Irak...) savent parfaitement que l’accès des options disponibles aux médias durant la campagne est un critère fondamental pour juger de la qualité d’une élection, exactement comme la présence d’urnes et d’isoloirs dans les bureaux de vote. Le NON, même lorsqu’il était en tête dans les sondages, n’a pas eu le même accès aux médias que le OUI. Même le CSA a traité des chiffres attestant le déséquilibre. Peut-être peut-on même penser qu’on doit en partie les envolées du NON à une réaction de défense contre ce qui fut vécu comme une propagande officielle. Véritable réflexe démocratique. Il ne fait en tout cas aucun doute que nos élections ne sont plus, au moins depuis 1992, sur ce critère de l’accès aux médias, de qualité et que notre démocratie s’en trouve entachée d’une suspicion de propagande officielle au profit d’un parti informel unique : le parti du libéralisme européen. La réalité de cette suspicion, récurrente depuis une quinzaine d’années, conduit à se demander quel peut-être le rôle d’un service public de l’information dans une démocratie et quel critère on peut se donner pour juger de la façon dont un service public joue ce rôle.

Pris à partie, journalistes et chroniqueurs se sont défendus comme ils pouvaient, ce qui n’était pas facile et ne pouvait susciter que des attitudes de prestance, pour ne pas dire de mauvaise foi. Une formule qui a alors fait flores est que le service public a et doit avoir une fonction pédagogique d’explication. La défense forcenée du OUI aurait donc été une oeuvre salutaire de pédagogie faite par des experts se posant comme « spécialistes de l’Europe » .

Un bon pédagogue est celui qui a l’art et/ou la science permettant d’amener des enfants (mais aussi des adultes) aux savoirs et savoir-faire indispensables ou utiles. Lorsque que France Inter, France 2 ou France 3 prétendent faire de la pédagogie, on doit donc accepter l’idée que les Le Marc, les Ghetta, les Chabot, les Ockrent... sont dotés d’un savoir que n’ont pas ceux auxquels ils s’adressent et qu’il leur appartient de le transmettre avec art et science. Cette prétendue fonction pédagogique, seul rempart protégeant nos journalistes contre l’accusation de propagande officielle, pose au moins trois problèmes, d’ailleurs reliés.

- Quel savoir ? Les journalistes tenants du OUI disposaient donc d’un prétendu savoir sur l’Europe à transmettre, savoir qu’il fallait répandre dans la France d’en bas pour qu’elle ne fasse pas de graves bêtises ! Sans doute est-ce la raison pour laquelle, si l’on en croit le directeur de France Inter, Gilles Scheider, Radio France avait recruté, « il y a des années », bien avant donc qu’on ne parle du référendum, des « experts » en matière d’Europe [5]. Quel est donc ce savoir qu’ont prétendu transmettre les médias et que partageaient France Inter (avec l’ensemble du service public) et Libération, Le Nouvel Observateur, Marianne, Le Monde (pas diplomatique !), La croix, Sud-Ouest, Le Dauphiné Libéré, TF1, LCI, I télévision, Europe 1... et dont étaient privés ces nigauds de tenants du NON ? Quelle est donc cette « expertise » à laquelle peut être si facilement opposée celle d’autres experts qui ont défendu le NON avec autant d’art et de science, pour ne pas dire de « pédagogie » ? Y aurait-il des experts plus experts que d’autres ? Peut-on avancer que ceux qui annonçaient un blocage de l’Europe dans l’occurrence du NON avaient des savoirs plus fondés et plus informés que ceux qui avançaient la possibilité d’une renégociation ? Peut-on affirmer que les commentateurs qui stigmatisaient la France du NON avaient un savoir de sociologie électorale plus affûté que ceux qui s’étonnaient de la qualité des arguments et de l’ancrage dans le texte des opposants au projet de constitution ? Soyons sérieux : les médias en « tenue de campagne » [6] n’ont pas disposé d’un savoir à transmettre, à moins qu’il s’agisse d’un savoir polémique, un savoir surtout fondé sur une option politique et sur des attitudes politiques qu’il convenait de faire passer. Évidemment l’option et les attitudes de la population à laquelle ils appartiennent, la population d’en haut, cette population qui accepte notre destin libéral et s’enchante du Monopoli géopolitique de la mondialisation et des jouissances intellectuelles que ce Monopoli promet même lorsqu’on prétend en corriger les dangers [7]. Vous pouvez, comme on vous y invite, rencontrer Alain Minc pour anticiper ces jouissances futiles, mais vous n’acquerrez par pour autant un savoir. Éventuellement des attitudes. Vous n’aurez guère auprès de ce réputé pédagogue que le sentiment ébouriffant de partager les idées des gens chics. Beaucoup ont voté OUI pour se vautrer dans ce sentiment, ce qui n’est pas, du point de vue politique, plus positif que de voter NON pour exprimer sa grogne à l’égard d’un gouverrnement.

- Quel commanditaire ? Quand un enseignant pratique la pédagogie pour transmettre un savoir, on sait généralement quel sera ce savoir, quels sont ses fondements, et de qui l’enseignant a reçu la noble mission d’enseigner. Non seulement le savoir des journalistes est polémique, mais encore personne ne sait trop bien qui leur a confié la mission de le transmettre avec pédagogie, on ignore qui est leur commanditaire. Même s’ils se prétendent libres, véritables pédagogues auto-proclamés, particules inspirées dans une atmosphère de libéralité enserrant un monde glauque, on se doute évidemment qu’ils en ont un, ne serait-ce que leur recruteur. Dans la presse dite libre, il peut s’agir in fine de Messieurs Dassault ou Lagardère lesquels, comme chacun sait, n’ont aucune option politique à défendre puisqu’ils ne veulent faire que du fric. Dans le service public, il s’agit des directeurs de groupes, chaînes ou radio, nommés par les nommés du CSA [8]. Ce monde n’est pas celui des Français. Ces derniers n’ont jamais eu à s’exprimer sur la politique du service public de l’information [9]. C’est celui d’une élite financière et/ou politique parfaitement insérée dans la France d’en haut et qui ne peut viser qu’à sa reproduction. La fonction du CSA est pourtant de veiller au respect du pluralisme politique. On a vu ce que cela donnait.

- Le statut de l’opinion publique. Il est clair que les problèmes qui ont été soulevés par le monopole de l’argumentation pour le OUI dans le service public de l’information, dès lors qu’on se refuse à y voir de la « pédagogie », pose le problème plus général du rapport que doit avoir ce service public à l’opinion publique. Ou on admet que celle-ci, décrétée immature ou ignare, doit être modelée par les médias (et à fortiori par le service public de l’information) au profit d’une petite France, ce qui revient à accepter l’idée de propagande officielle si caractéristique des états totalitaires [10], et on devrait en virer quelques-uns pour avoir si piteusement échoué dans leur mission ; ou nous admettons que le service public (au moins lui) doit s’ajuster à l’opinion [11], ce qui revient à accepter l’idée que la non représentation parmi les journalistes et chroniqueurs de cette immense partie de l’opinion qui, aujourd’hui, se pose contre l’Europe libérale, est une atteinte grave à la démocratie. Peut-être alors devrait-on former les journalistes, le plus pédagogiquement possible, au respect du pluralisme et, au besoin, recruter quelques nouveaux venus pour mieux représenter désormais le spectre des opinions comme c’est le devoir d’un service public démocratique [12].

Il ne suffit pas de constater, ce que font de nombreux analystes, que notre époque est marquée par une « crise de la représentation » ou par une « grave disjonction entre le peuple et les (autoproclamées) élites ». Il faut encore envisager des mesures. Le pire serait de penser que ceux qui réclament ces mesures ne sont que des populistes. Une injure, même si elle soulage et si elle aide à surmonter un spleen, n’a jamais été un mode efficace de résolution de problème.

Notes

[1] Évidemment, je n’assimile pas gauche et « gauche de gouvernement.

[2] À en croire Henri Maler, qui dispose de données qualitatives et quantitatives Henri Maler à l’Huma, ce fut pire qu’en 1992

[3] voir mon livre Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social ; voir aussi ma précédente note sur le NON de gauche dans cette rubrique de maniprop.com

[4] dès le 16 avril, le syndicat national des journalistes, majoritaire dans la profession, déplorait « l’inégalité de traitement observée entre les partisans du OUI et ceux du NON » résolution du syndicat national des journalistes sans que cela au demeurant affecte les grandes gueules de l’audio-visuel et des principaux journaux.

[5] propos lus dans Le Monde-Radio Télévision, semaine du 23 au 29 mai

[6] une image de Serge Halimi, Le Monde Diplomatique de mai

[7] j’aime bien ce jugement de Bossuet rappelé par Bellon (dans Pourquoi je ne suis pas altermondialiste, ed. Mille et une nuits) : « Ils feignent de s’affliger des conséquences tout en s’accommodant des causes ».

[8] Nos journalistes pédagogues passent d’ailleurs facilement du public au privé et inversement. Les grandes gueules peuvent même être simultanément chroniqueur sur France Inter et à L’Express, pour ne prendre qu’un exemple, preuve d’osmose entre le public et le privé

[9] sauf à l’occasion d’enquêtes les mettant en position, non d’électeurs, mais de consommateurs et dans lesquelles ils expriment assez souvent des jugements négatifs

[10] Plusieurs auteurs ont avancé l’idée que nous nous étions engagés doucement dans la voie d’un totalitarisme tranquille ; voir par exemple André Bellon et Anne-Cécile Robert, éditions Syllepse, 2001

[11] personne n’a jamais tempêté contre les journalistes lorsqu’ils défendaient une opinion très majoritaire en France, par exemple le refus d’une intervention en Irak.

[12] à un chroniqueur qui chronique sur France Inter et dans l’Express pourrait ainsi être associé un chroniqueur chroniquant sur France Inter et à l’Huma. Mais cela doit paraître insensé à un représentant de la France d’en haut !

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26 Messages de forum

  • Alors que le résultat des élections venait de tomber dimanche soir, marquant le désaveu populaire d’un traité jugé trop libéral pour les uns, identitairement menaçant pour les autres, les tenants du oui n’entendaient pas laisser le peuple décider de la portée de cette réponse au référendum. Ils vont très certainement expliquer à Bruxelles, devant leurs partenaires, que le peuple de France n’a pas voulu dire "non" en votant "non". Et nos journalistes continuent leur "pédagogie" douteuse, tout en adressant à ces français désobéissants, un blâme disciplinaire.

    Ils l’ont espéré mais cela ne s’est pas produit ; les Français n’ont pas eu ce sursaut de dernière minute. Faire appel au peuple pour prendre une décision importante était, comme ils l’ont toujours pensé, une très mauvaise idée. C’était d’ailleurs moins dans un souci démocratique que dans une logique de lutte partisane que cette idée de référendum s’était imposée. Mais cette campagne pour un référendum gagné d’avance a pris la tournure d’un scénario qu’ils n’avaient pas sérieusement envisagé dans un premier temps : c’est un "non" franc et massif qui est sorti des urnes dimanche soir.

    Cependant, les représentants politiques au pouvoir, mais aussi ceux de l’opposition parlementaire, ont eu une façon bien à eux d’entendre le message que la France d’en bas a fait connaître par les urnes, sur une question pourtant claire et précise. Ils ont purement et simplement nié la possibilité que ce soit un "non" à ce modèle européen proposé ; et une arrogance sans limite les conduit à relativiser auprès de nos partenaires européens le message des français. Quelles que soient nos convictions sur la question qui nous a été posée, nous ne pouvons accepter cette tentative de hold-up électoral par nos dirigeants qui rêvent peut-être d’une démocratie à l’américaine (en novembre 2000, Al Gore gagne, mais c’est G.W. Bush qui devient Président). En effet, pour la classe politique libérale, les électeurs n’ont pas répondu à la bonne question ; ils ont tout simplement voulu sanctionner un gouvernement devenu particulièrement impopulaire. Et c’est tout logiquement que François Hollande ne veut pas "faire payer à l’Europe le prix de ce qui s’est passé" dimanche en France. Il faut donc expliquer, comme l’a suggéré Jacques Chirac, à nos partenaires qu’il ne s’agissait que d’un vote sanction pour notre gouvernement. Il a "pris acte" en ce sens seulement ; et c’est bien dans ce sens que les différents dirigeants européens comprennent notre résultat "catastrophique" ou "dramatique". Le Président Polonais avait, de ses aveux lundi matin, déjà fait part depuis longtemps à Jacques Chirac du danger que représentait un tel processus démocratique. En effet, toute tentative de politique un peu plus participative n’est pas vraiment compatible avec le système oligarchique que souhaitent voir se mettre en place de tels dirigeants.

    Cela fait pourtant un bon nombre de semaines que nos journalistes et éditorialistes, nos "pédagogues" (cf. J-L Beauvois dans son analyse du 28 mai), ont bien expliqué à ces grognards de français que l’enjeu d’un tel scrutin ne pouvait se confondre avec ceux de nos politiques nationales, que le débat était à considérer, soit disant, indépendamment de ce qui se passe, en ce moment, en France. Je ne crois pas, qu’il y ait eu un seul électeur qui n’ait pas entendu cela. Je crois aussi que le taux de participation élevé est significatif de l’importance que revêt cette question de société : les occasions de grogner (et elles ont été saisies) par les urnes ont été fréquentes depuis mai 2002, sans pour autant susciter un tel retour vers l’isoloir.

    Ainsi, pour le Président de la République, il s’agissait d’une question européenne, mais les conclusions à en tirer ne relèvent que de la politique intérieure de la France. Cette manière dont Jacques Chirac prend acte pour sauver la position idéologique de la France aux yeux de l’Europe n’est cependant pas très habile. Veut-il nous faire croire qu’il découvre depuis quelques semaines l’impopularité extraordinaire de son gouvernement ? Ne saurait-il pas que son Premier Ministre a commencé sa chute dans les sondages déjà en printemps 2003 (réforme des retraites) ? C’est bien évidement impossible, or il savait aussi le risque de contagion possible à la question du référendum. Quelle qu’ait été la manière de voter des français, qu’ils aient été grognards ou simplement "immatures politiquement" (comme aiment à le dire certains chroniqueurs), il n’y a, selon moi, que deux et seulement deux manières d’interpréter la parole de notre Président de la République lors de son allocution télévisée :

    1. S’il juge que les français ont effectivement répondu à la question posée, Jacques Chirac n’accepte pas la réponse donnée par la France d’en bas (80% des ouvriers ont voté "non"), mauvais joueur qu’il est, et il est actuellement en train de travestir cette réponse donnée.

    2. S’il a été vraiment sincère, son intervention est tout aussi inacceptable. Un tel enjeu pour son pays (un grand destin pour la France semblait n’être compatible qu’avec un "oui"), aurait dû le contraindre à changer de gouvernement (voire à dissoudre l’assemblée) bien avant le scrutin. Comment a-t-il osé laisser un gouvernement aussi impopulaire mener cette campagne si décisive pour notre avenir sachant les risques que cela représentait ! Si son intervention a été honnête, il est aussi irresponsable que ces français qui ont dit "non", mélangeant politique nationale et européenne.

    Les éditorialistes, au lendemain de ce référendum, entendent bien défendre notre classe politique libérale, ainsi que leur propre position qu’ils ont tant défendu. Ils nous transmettent les résultats avec une tonalité dramatique et passionnée et nous préparent à devoir accepter une Europe encore plus libérale. Alain Duhamel, lundi 30 mai, dans sa chronique sur RTL, nous annonçait une nouvelle ère pour l’Europe, avec la naissance de "l’Europe anglaise". La Grande Bretagne qui a, depuis son adhésion à la communauté européenne, toujours fait figure de mauvaise élève, deviendrait en un soir, le nouveau leader idéologique de l’Union ! Si c’est vrai, c’est que les autres dirigeants le veulent bien.

    Le peuple de France, d’une voix forte, a demandé une Europe plus sociale ; il sera puni par là où il a pêché, et devra se résigner à accepter un libéralisme encore plus radical. Et à part ça, Jacques Chirac nous dit avoir entendu les électeurs...

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