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discrimination, droits de l’Homme, évaluation sociale

Droits de l’Homme : une forme de discrimination illégale dans l’évaluation sociale

Le favoritisme pour les personnes internes est une discrimination illégale

samedi 21 mai 2005, par Nicole Dubois

Si, dans notre démocratie, les citoyens ne sont pas évalués, les personnes le sont. Or, les évaluateurs sociaux, c’est ce que montrent de nombreuses recherches, préfèrent les personnes qui disent être causale dans ce qui leur arrive (les personnes internes) aux personnes qui disent n’être pas ou peu causale dans ce qui leur arrive (les personnes externes). Il s’agit là d’une forme de discrimination contraire aux Droits de l’Homme et, notamment, aux attendus de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.-

De nombreuses recherches ont montré que dans les situations de recrutement, d’entretien d’appréciation, d’évaluation scolaire... en fait dans toutes les situations d’évaluation sociale des personnes (si le citoyen n’est pas formellement évalué dans une démocratie, les personnes le sont, en tout cas dans la nôtre), l’évalué a intérêt à se montrer interne. Etre interne, cela veut dire insister sur le rôle important, causal, que joue notre personnalité, nos intentions, les buts que nous nous donnons, nos agissements... sur ce qui nous arrive aussi bien de positif (obtenir un emploi, réussir un examen, avoir une rencontre galante réussie...) que de négatif (être licencié, échouer à un examen, se faire larguer par un flirt...).

Ainsi, un postulant a un emploi a plus de chances d’obtenir cet emploi s’il déclare au recruteur qu’il est au chômage parce qu’il n’a pas su prévoir les difficultés que son entreprise allait rencontrer que s’il déclare qu’il est au chômage parce l’entreprise a eu des difficultés et qu’elle a dû licencier (cette dernière conviction étant une conviction externe : elle attribue ce qui nous arrive aux situations, à l’environnement, au pouvoir, à la chance...).

Ce favoritisme des évaluateurs sociaux pour les personnes affirmant des opinions internes, et que mettent en œuvre aussi bien des évaluateurs ayant des croyances internes que des évaluateurs ayant des croyances externes (comme le favoritisme pour les hommes dans la discrimination à l’égard des femmes) pose un problème de droits de l’Homme qui a été semble-t-il sous-estimé, voire complètement ignoré.

En effet, 1. l’internalité, comme l’externalité sont des systèmes de croyances qui, mis en mots adaptés, peuvent relever de doctrines culturelles, philosophiques, voire religieuses. Elle est notamment un élément de l’individualisme actuel, fortement imprégné de libéralisme (voir mon livre : la norme d’internalité et le libéralisme, aux Presses Universitaires de Grenoble. 2. il est rigoureusement impossible de montrer que les uns ont objectivement tort et les autres objectivement raison, sauf sur le critère de savoir se faire apprécier par un évaluateur (un enseignant, un psychologue, un supérieur hiérarchique, un travailleur social...) Sur ce critère-là, incontestablement, les internes ont raison et les externes ont tort. C’est apparemment le seul critère qu’on puisse invoquer. 3. on est donc confronté à un authentique cas de discrimination sociale fondée sur des croyances ou opinions, une discrimination que rien ne justifie.

Que dit, par exemple, la Convention Européenne des Droits de l’Homme ? Article 9.1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique (...) la liberté de manifester (...) sa conviction individuellement ou collectivement... La convention reconnaît donc le droit d’avoir des croyances externes et de les exprimer. Article 9 2. La liberté de manifester (...) ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires (...) à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, où à la protection des droits et libertés d’autrui. Il ne semble pas que l’expression de croyances externes porte atteinte à la sécurité publique, à l’ordre, à la morale publique, aux droits et libertés d’autrui. Article 14 (interdiction de discrimination). La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente convention doit être assurée, sans distinction aucune fondée notamment sur (...) les opinions politiques ou toutes autres opinions. Les personnes exprimant des croyances externes devraient donc jouir, exactement comme celles exprimant des croyances internes, des libertés et droits fondamentaux (droit de travailler, droit à l’éducation, droit à l’aide publique etc.)

Il s’agit donc bien d’une discrimination illégale. À moins que le législateur s’ajuste, ce qui ne serait qu’honnêteté, en posant dans les déclarations et conventions, que la liberté de pensée des évaluateurs peut conduire à limiter la liberté de pensée des évalués et, pour ces évalués, les libertés et droits qu’assurent les déclarations et conventions en matière de Droits de l’Homme.

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